Jeudi dernier, à Aspen, au Colorado, à sa toute première épreuve aux X Games en carrière, Laurie Blouin a triomphé au big air (grand saut). Puis samedi, en slopestyle, elle a pris le septième rang.

Les X Games mieux que les Jeux pour Laurie Blouin [VIDÉO]

Plus qu’une médaille d’or, c’est le respect de tout le milieu du snowboard que Laurie Blouin vient de gagner aux X Games. Davantage qu’avec sa médaille d’argent olympique de l’an dernier.

«Les Jeux olympiques, ça touche monsieur et madame Tout-le-Monde et ç’a fait connaître notre sport. Mais je peux dire que je suis plus fière de cette médaille-ci», a affirmé la sympathique planchiste de 22 ans, mercredi, lors d’une rencontre avec les médias pendant une courte escale à son domicile de Stoneham.

Jeudi dernier, à Aspen, au Colorado, à sa toute première épreuve aux X Games en carrière, Blouin a triomphé au big air (grand saut). Puis samedi, en slopestyle, la Québécoise a pris le septième rang. C’est pourtant en slopestyle qu’elle avait surtout fait sa marque jusque-là, finissant deuxième aux JO de 2018 et première aux Championnats du monde de 2017.

«Les X Games, j’y rêve depuis mon tout jeune âge! Les Jeux olympiques, c’est nouveau pour nous et c’est bon pour notre sport. Mais une médaille aux X Games, en or en plus... c’est hot!» a-t-elle expliqué, avec son franc-parler, montrant la plaquette dorée en forme de hibou. «On était juste huit filles invitées et c’est moi qui ai gagné!»

Il y a 11 mois, Blouin avait bravé les forts vents pour rafler l’argent à PyeongChang. La tenue même de la compétition ce jour-là avait été contestée pour des questions de sécurité.

«J’ai gagné une médaille olympique, mais ce n’était pas complètement légitime, à cause des conditions météo difficiles», dit-elle, heureuse d’avoir enfin acquis respect et légitimité aux yeux de tout le milieu de la planche à neige.

Plus question non plus d’y voir un feu de paille ou un simple coup de chance.

«Aux X Games, c’est les gros commanditaires de notre milieu : les boissons énergisantes, les compagnies de planches et de vêtements. Ça va avoir un gros impact dans ma carrière. Ma mère en ce moment est en discussion avec des commanditaires et on a aussi une agence qui travaille là-dessus», révèle Blouin.

Immensité du saut

Si une dose d’audace lui avait été essentielle pour braver les éléments coréens, l’an passé, c’est cette fois l’immensité même du saut qu’elle affrontait qui lui a demandé de réunir tout son courage.

«Au sommet, les autres filles étaient anxieuses, mais moi, j’étais dans ma bulle et ç’a fait la différence. C’était quand même la compétition pour laquelle j’ai été la plus nerveuse dans ma vie et le plus gros saut que je n’ai jamais sauté! Quand j’ai fait ma descente de mon côté faible (switch), j’étais sur le bord de verser une larme», s’esclaffe-t-elle.

Elle est maintenant plus riche de 25 000 $US (33 000 $CAN), qui accompagnaient la médaille. «Ils en prennent 31 %» en impôts, précise-t-elle, «et ça va surtout payer mes dépenses de voyage».

Quand même du double de ce qui se donnera aux gagnants de la Coupe du monde de big air de Québec, en mars, où elle avait fini deuxième l’an passé. Elle sera de retour cette année devant les siens, mais pas avant de tenter une défense de son titre de championne du monde de slopestyle acquis en 2017, en Espagne. Ça se passe la semaine prochaine, en Utah.

Soulignons que le skieur de Saint-Augustin Alex Beaulieu-Marchand a pour sa part rapporté deux médailles d’argent de ces mêmes X Games, aussi en big air et en slopestyle. ABM pourrait en récolter une troisième dans la compétition vidéo, dont les résultats seront dévoilés à la télé d’ABC le 2 mars.

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AVEC UNE VICTOIRE AUX X GAMES: «TU GAGNES UN RESPECT INCROYABLE»

Le skieur Jean-François Houle a fait sa renommée entre autres avec une victoire aux X Games d’Europe en 2011, à Tignes, en France. Au fil de sa carrière, il a été invité à sept reprises aux X Games, dont la première fois en 2004. Quinze ans plus tard, sa blonde, la planchiste Laurie Blouin, vient à son tour de gagner l’or en X. Mais elle, aux «vrais» X Games. 

«Les X Games d’Aspen, c’est encore plus prestigieux, plus gros. C’est cool de revivre ça avec elle. L’or aux X Games, ça te met une icône au-dessus de ta tête, tu gagnes un respect incroyable dans l’industrie, les commanditaires viennent après», explique celui qui était aussi à Aspen pour mener un projet vidéo qu’il réalise sur les athlètes québécois. 

«Les invitations aux X Games ou au Dew Tour [qui l’avait boudée en décembre], c’est une petite mafia, un petit cercle d’amis fermé où ils invitent leurs préférés, qui marchent souvent avec les commanditaires de l’événement. Laurie vient d’entrer dans ce cercle et elle va y rester», assure celui qui s’occupe des programmes ski freestyle-études aux écoles secondaires Cardinal-Roy et La Seigneurie. 

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LES PROCHAINES ESCALES

  • Championnats du monde, Utah (Park City) 5 au 10 février
  • US Open, Colorado (Vail) 27 février au 1er mars
  • Coupe du monde, Québec (Îlot Fleurie) 15 et 16 mars
  • Total Fight, Andorre (Grandvalira) 28 au 30 mars
  • Audi Nines, Autriche (Solden) 22 au 27 avril