Les joueurs de basket des Gee Gees de l’Université d’Ottawa Guillaume Pépin et Brigitte Lefebvre-Okankwu s’exécuteront devant près de 10000 spectateurs vendredi au Centre Canadian Tire lors de leurs affrontements face aux Ravens de l’université Carleton.

Les Gee Gees Prêts pour la 13e Classique de la capitale

Guillaume Pépin s’attend à être un brin nerveux, vendredi soir, en mettant les pieds sur le plancher de bois franc qui sera aménagé au Centre Canadian Tire (CCT).

La recrue montréalaise participera à la Classique de la capitale pour la première fois de sa carrière. Il s’agira de la 13e édition de ce rendez-vous annuel entre les équipes de basket-ball de l’Université d’Ottawa et l’université Carleton au domicile des Sénateurs.

Les formations féminines s’affronteront sur le coup de 18 h. Ensuite, ce sera place au choc entre les deux clubs masculins.

« J’ai vu des vidéos des années précédentes quand il y avait 10 000 spectateurs. Ça doit être impressionnant », lance Pépin, un attaquant de 6’6’’ et 200 livres qui s’impose déjà en tant que partant à sa première saison chez les Gee Gees d’Ottawa. Il a inscrit 13 points en plus de récupérer six rebonds dans la dernière partie des siens.

« Probablement que je vais être stressé au début en voyant la foule. Mais ensuite, ça va devenir un match comme un autre pour moi. »

On verra bien.

Brigitte Lefebvre-Okankwu, elle, sait comment Pépin se sentira. Elle se trouvait un peu dans ses souliers à pareille date l’an dernier à son premier hiver avec l’équipe féminine des Gee Gees.

Une partie que l’attaquante gatinoise se rappelle encore très bien. Surtout qu’elle avait l’habitude d’assister à la Classique durant son adolescence. Elle rêvait alors de jouer à son tour dans les rangs universitaires. « J’aimais l’ambiance. J’aimais quand on se passait le gros drapeau du Canada dans les estrades », relate Lefebvre-Okankwu.

La spectatrice est devenue enfin une des joueuses en vedette de la Classique en 2018.

« C’était différent ! J’étais submergée par les émotions. J’étais impressionnée par le côté grandiose de l’événement. »

Ça risque de s’avérer encore bruyant dans l’aréna. Les organisateurs s’attendent à attirer de 8000 à 10 000 amateurs au CCT.

Il y aura toutefois une saveur différente à cette 13e édition.

Par le passé, l’attention était surtout dirigée vers la confrontation masculine. Une des deux équipes semblait alors invincible.

Ce n’est pas le cas cette fois-ci. Les Ravens de Carleton ont perdu un premier match le week-end dernier et ne sont plus classés numéro un au pays pour la première fois depuis... février 2016 ! Un titre qui revient aux Rams de Ryerson.

Les Gee Gees, eux, montrent une fiche de 13-5.

La partie qui aura un plus gros impact au classement ?

Celle entre les équipes féminines des Gee Gees et des Ravens.

Victorieuse à ses six dernières sorties, l’Université d’Ottawa occupe le premier rang de la conférence ontarienne avec un dossier de 16-2. Ce sont deux maigres points devant l’université Carleton, championne nationale en titre.

« Ça sera un match intense, prédit Lefebvre-Okankwu, qui mène son équipe avec une moyenne de 14,2 points par partie.

«Il n’y aura peut-être pas de dunk comme chez les gars, mais nous offrons un beau style de jeu. Il y a des filles très athlétiques.»

Les Gee Gees s’avèrent une équipe à découvrir. Quatre des joueuses sont francophones. Cinq de ses membres étudient en sciences biomédicales dont Lefebvre-Okankwu.

«C’est drôle à dire, mais la médecine s’avère ma deuxième option comme carrière. J’espère avant tout jouer chez les pros», précise ce produit de l’Outaouais.

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Un voyage au Togo a uni les Gee Gees

Neuf mois plus tard, Brigitte Lefebvre-Okankwu et ses coéquipières des Gee Gees ont encore frais en mémoire leur séjour en Afrique de l’Ouest.

« C’était wow... Un voyage qui a changé ma vie », lance la joueuse québécoise.

Là-bas, l’équipe féminine de basket a participé à la construction d’un terrain de basket-ball à Vogan, un village défavorisé au Togo. C’était en avril 2018.

Un projet de l’organisme à but non lucratif Basket Plus fondé par l’entraîneuse adjointe des Gee Gees, Rose-Anne Joly. Il a été mené en partenariat avec un groupe local, Leading, Youth, Sport and Development. 

Les joueuses ont offert aussi des cliniques aux ados sur place.
« Nous avons aussi beaucoup dansé avec eux, mangé en plus de rire. J’ai le goût de te dire que nous avons eu un impact sur eux avec ce terrain de basket, mais ce sont eux qui ont eu un plus gros impact sur nous. Je continue de communiquer avec certaines personnes là-bas. »

Lefebvre-Okankwu et ses amies s’amusent aussi à reproduire parfois dans le vestiaire certaines danses apprises au Togo. « Deux ou trois mouvements, précise l’étudiante-athlète âgée de 21 ans.
«Quand nous sommes parties là-bas, tout le monde pleurait, ajoute-t-elle.

«Les joueuses au sein de notre équipe n’ont jamais été aussi proches grâce à ce voyage. Nous avons tous habité dans la même maison.»

À quel point les joueuses des Gee Gees ont-elles adoré cette expérience humanitaire ? Elles vont répéter l’aventure en mai prochain.

«Nous allons aller à Haïti», indique Lefebvre-Okankwu.

Plus précisément à Anse-A-Veau.

L’équipe féminine sera accompagnée de 10 étudiants en sciences sociales de l’Université d’Ottawa.

Tout ce monde participera notamment à la construction d’un complexe sportif.

Basket Plus espère amasser 15 000 $ afin de financer cette construction.