Éric Kibi
Éric Kibi

Les BlackJacks pourront enfin sauter sur le terrain

Fini l’attente pour Éric Kibi et ses coéquipiers. Ils pourront fouler le plancher de bois franc de l’aréna de la Place TD dans quelques jours.

L’attaquant franco-ontarien fait partie des 14 joueurs qui participeront au premier camp d’entraînement des BlackJacks qui commencera vendredi. La nouvelle équipe de basketball professionnel d’Ottawa aura six jours chez elle pour se préparer en vue du tournoi Summer Series, qui remplace la saison régulière de la Ligue canadienne élite (CEBL) qui devait initialement prendre son envol en mai.

On connaît la suite. La COVID-19 a tout bouleversé, y compris les activités des divers circuits sportifs.

«J’ai toujours eu confiance que nous aurions l’occasion de jouer cet été, affirme Kibi, qui a grandi à Orléans avant de passer dans la NCAA puis dans les rangs pros en Europe et Amérique du Sud.

«J’ai gardé le contact avec notre entraîneur Osvaldo Jeanty. Je savais que le personnel de l’équipe de même que le commissaire de la ligue travaillaient fort pour qu’on puise disputer des parties. Ils étaient très motivés. Ils allaient trouver une solution.»

La CEBL deviendra la première ligue professionnelle au Canada à revenir au jeu après l’éclosion de la COVID-19 en mars. Ses sept franchises participeront à un tournoi à la ronde dès le 25 juillet à Saint-Catherines, dans le sud de l’Ontario. Elles disputeront chacune un minimum de six parties.

La finale est prévue le 9 août.

Ces équipes seront toutes logées dans cette ville. Les joutes auront lieu à huis clos au centre Meridian tandis que les entraînements se tiendront dans un édifice voisin.

Les joueurs ne pourront côtoyer le grand public et devront suivre des protocoles stricts de dépistages à la COVID-19. Les interactions entre les participants seront limitées.

«Moi, je n’ai pas peur, affirme Kibi. Je dirais que ce sont plutôt mes parents et les autres membres de ma famille qui sont un peu craintifs. En tant que joueur, je vais faire attention. Mais je sais que l’équipe et la ligue prendront toutes les précautions pour assurer notre santé.»

Kibi a été un des premiers joueurs mis sous contrat par les BlackJacks à la fin mars. Une embauche survenue quelques jours avant son départ de l’Argentine où il a évolué l’hiver dernier.

Son retour au Canada avait été parsemé d’embûches, étant coincé en Amérique du Sud lors de la fermeture des frontières. Le joueur de basket de six pieds six pouces avait fait les manchettes.

«J’étais vraiment content d’être de retour! J’ai fait 21 jours de quarantaine au lieu de 14 juste pour m’assurer d’être vraiment correct. Ça n’a pas été facile.»

Ce fut difficile aussi de ne pas être en mesure de pratiquer son sport favori avec des coéquipiers pendant plusieurs mois. Il y a eu des entraînements individuels sur des terrains extérieurs pendant une bonne partie du confinement.

Les deux dernières semaines, Éric Kibi les a passées à Québec. Plus précisément au Séminaire Saint-François à s’entraîner sous la férule de son cousin Alex Katawa.


« Que plusieurs des joueurs se connaissent nous donne un petit avantage. Surtout quand tu sais que le camp d’entraînement ne va durer que cinq ou six jours pour tous les clubs. »
Éric Kibi

Ce dernier était jadis instructeur adjoint chez le Rouge et Or de l’université Laval avant de se joindre au puissant programme de basket à Thetford Mines.

«Je me suis entraîné deux fois par jour là-bas pour me préparer en vue du camp d’entraînement», explique Kibi.

Le diplômé en journalisme a une autre raison d’avoir hâte à vendredi. Une réunion de famille l’attend chez les BlackJacks, dont la majorité de l’alignement est composé de joueurs locaux.

«J’ai grandi avec neuf ou 10 de ces gars-là. Nous avons joué un contre l’autre à un certain moment. Je connais un peu moins les plus jeunes par contre, avoue Kibi, qui fêtera ses 30 ans le 4 août.

«Une journée durant laquelle nous aurons un match», ajoute-t-il.

Les BlackJacks ont beau former une équipe d’expansion, ils croient être en mesure de surprendre et même remporter ce tournoi.

«Que plusieurs des joueurs se connaissent nous donne un petit avantage. Surtout quand tu sais que le camp d’entraînement ne va durer que cinq ou six jours pour tous les clubs», souligne Kibi.

Les BlackJacks s’avèrent le seul des sept clubs de la CEBL qui tiendront un camp dans leur ville d’attache. Les six autres formations ont décidé de se pointer immédiatement à Saint-Catherines.

«Tous les gars ont hâte de jouer. C’est long quatre à cinq mois sans disputer un match», note Éric Kibi.

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Éric Kibi

Des portes se ferment en Europe

Pas facile de trouver un contrat en vue de la prochaine saison de basket-ball professionnel en Europe.

Parlez-en à Éric Kibi, qui a évolué en Argentine chez le Tiros Federal l’hiver dernier après des séjours en Allemagne, Danemark, Espagne, France et Luxembourg lors des années précédentes. On l’a aussi vu en Irak en plus de jouer en Afrique.

«Plusieurs équipes ont perdu de l’argent avec la pandémie. Puis plusieurs pays ne savent pas s’ils permettront aux clubs de jouer devant des partisans ou non», souligne Kibi.

Plusieurs des joueurs des BlackJacks tenteront de se dénicher du travail après la courte saison de la CEBL. Thomas Scrubb a passé la saison dernière à Strasbourg. Son frère Philip se trouvait en Espagne tandis que Johnny Berhanemeskel et Jean Emmanuel Pierre-Charles ont joué respectivement en Grèce et au Mexique.

«Ce n’est pas facile d’obtenir un contrat. J’ai obtenu une entente verbale avec une équipe en Europe, mais c’était compliqué, affirme Kibi. Je connais beaucoup de gars dans pareille situation.»

Ce qui pourrait aider par contre les joueurs canadiens dans les prochaines semaines? De nombreux pays sur le Vieux-Continent ne veulent rien savoir d’accueillir des visiteurs et travailleurs des États-Unis, une des nations les plus ravagées par la COVID-19.

«Les joueurs américains pourraient être bloqués aux frontières européennes», fait valoir Éric Kibi.

En attendant d’avoir un contrat en poche, ses coéquipiers et lui se concentreront sur la préparation en vue de leur premier match le 25 juillet contre les Nighthawks de Guelph. Tous les matches des BlackJacks seront diffusés sur les diverses plateformes numériques de CBC.