Martin St-Pierre représentera le Kazakhstan au Championnat mondial de hockey de la division 1 qui débutera le 29 avril.

Les aventures chinoises et kazakhes de Martin St-Pierre

La feuille de route de Martin St-Pierre ne cesse de s’allonger.

À 35 ans, le petit centre originaire d’Embrun, dans l’est ontarien, a récemment complété une 15e saison chez les professionnels, endossant cette fois les couleurs du Kunlun Red Star, formation chinoise de la KHL.

L’ancien des organisations des Blackhawks, des Sénateurs, du Canadien et des Bruins va maintenant la prolonger en participant au Championnat mondial de hockey de la division 1 qui débutera le 29 avril en portant les couleurs... du Kazakhstan !

C’est la deuxième fois qu’il endossera les couleurs de cette ancienne république russe, ayant pris part à ce même tournoi – dont les deux finalistes accèdent l’année suivante au groupe élite avec le Canada et les autres puissances mondiales – il y a deux ans en Ukraine.

« J’ai pu obtenir mon passeport du Kazakhstan après avoir joué deux saisons avec le Barys Astana, l’équipe du pays dans la KHL où on retrouve la majorité des joueurs de l’équipe nationale. C’est ni plus ni moins l’entente avec ce club : tu peux obtenir la nationalité si tu joues deux ans avec lui », a raconté St-Pierre lorsque joint par Le Droit mercredi.

Celui-ci était rentré à sa résidence estivale de Phoenix, en Arizona, à la fin de sa saison en Chine et il ne pensait pas répondre à l’appel de son « pays d’adoption ».

« Mais je m’en vais sur mes 36 ans et il devient de plus en plus difficile de trouver du travail à mon âge. En jouant pour le pays, c’est en même temps une audition auprès des entraîneurs et des dirigeants du Barys Astana en vue de la saison prochaine. Ça va être de la pression parce que le tournoi est au Kazakhstan en plus et il va y avoir beaucoup de dirigeants politiques aux matches », relate-t-il.

St-Pierre est donc allé rejoindre l’équipe nationale afin de reprendre la forme après un mois de congé, participant à un camp d’entraînement qui n’est pas de tout repos. « C’est la méthode russe, avec beaucoup de course à pied, le matin ainsi qu’après les entraînements. C’est dur en ta... », dit-il.

Son expérience en Chine cette saison n’a pas été évidente non plus. À l’essai en octobre, il a été remercié de ses services, avant d’être rapatrié en décembre « parce que les vétérans de l’équipe voulaient me ravoir ». Il a terminé la saison avec une récolte de 4 buts et 12 points en 27 parties.

« C’est assez différent de jouer là-bas. L’équipe est basée à Shanghai et pour aller jouer à Moscou, c’est 12 heures de vol avec 6 heures de décalage. Tu arrives et tu vas jouer deux matches en quatre jours, puis tu retournes en Chine et après une journée de congé, tu peux être appelé à jouer trois parties en quatre jours. Puis tu repars. Mentalement et physiquement, c’est dur pour le corps », souligne le centre de 5’ 9’’ et 185 livres.

Ce qu’il a le plus apprécié de son séjour avec le Red Star, c’était l’occasion d’être dirigé par l’ancienne vedette de la LNH, Alex Kovalev, qui était entraîneur-adjoint responsable du jeu de puissance. « J’ai appris beaucoup de choses au fil de mes 15 ans chez les pros, mais je pense que j’en ai plus appris sur l’attaque à cinq en deux-trois mois avec Kovy que pendant toutes ces années-là. Il est un bon gars en plus, et il parle encore souvent de Montréal », raconte celui qui a endossé les couleurs de 21 équipes différentes au fil de sa carrière professionnelle, sans compter celles du Kazakhstan.