Charles Leclerc et Max Verstappen échangent lors d'un point de presse, à Monaco.

Le temps commence à manquer pour Ferrari et ses pilotes

MONACO — Pour l’écurie Ferrari, le Grand Prix de Monaco pourrait être sa dernière opportunité de revenir dans la course pour le championnat de la Formule 1 en 2019.

Après cinq étapes complétées dans le calendrier et aucune victoire de Sebastian Vettel et de Charles Leclerc, les espoirs de Ferrari de mettre fin à la suprématie des Mercedes ne tiennent déjà plus qu’à un fil.

Vettel, quadruple champion du monde de Formule 1, était au plus fort de la lutte lors de chacune des deux dernières saisons avant de glisser, chaque fois, en deuxième moitié du calendrier et d’être devancé à chaque occasion par le Britannique Lewis Hamilton.

Cette année, son retard est de presque 50 points sur Hamilton, qui est à la recherche d’un sixième titre en carrière et qui fait face à une opposition beaucoup plus féroce de la part de son coéquipier Valtteri Bottas que de Ferrari.

Mercedes a balayé les championnats des pilotes et des constructeurs lors de chacune des cinq dernières années. L’écurie semble destinée à répéter l’exploit en 2019 après que ses deux pilotes eurent terminé premier et deuxième lors des cinq premières courses au calendrier.

Pendant ce temps, les pilotes Ferrari s’éloignent dangereusement du sommet du classement.

Vettel vient en quatrième place au classement général, derrière Max Verstappen (Red Bull), tandis que Leclerc occupe le cinquième échelon. Peu d’observateurs auraient prédit un départ si difficile, surtout après d’encourageantes performances lors des essais tenus avant le début de la saison.

«D’autres ont fait un meilleur travail que nous, a déclaré Vettel mercredi, alors qu’il se trouvait dans les quartiers généraux de Ferrari. C’est certain qu’il y a eu des signes négatifs pour nous.»

Néanmoins, le pilote allemand affirme que Ferrari peut mettre un terme à cette période creuse avec une victoire à Monaco qui aurait pour effet de remonter le moral.

«Pour le bien de tout le monde, nous méritons un bon résultat, a affirmé Vettel. Nous travaillons fort. Ce n’est pas comme si nous nous étions prélassés au soleil pendant les deux dernières semaines.»

Sebastian Vettel

Bien que les pilotes Mercedes soient libres de lutter l’un contre l’autre, sans les parfois irritantes consignes d’équipe, il ne semble y avoir aucune animosité comme celle qui a fini par se développer en conflit en bonne et due forme lorsque Hamilton et Nico Rosberg étaient coéquipiers avec Mercedes entre 2014 et 2016.

La situation est beaucoup plus sereine chez Mercedes, alors que Hamilton et Bottas parlent fréquemment - et affichent - de respect mutuel.

Lewis Hamilton

Pendant ce temps, dans les garages de Ferrari, les tensions ont déjà commencé à monter entre les deux pilotes, alors que Leclerc, en deux occasions déjà, a reçu des instructions d’équipe qui favorisaient Vettel même si le Monégasque de 21 ans était le plus rapide du tandem le jour de la course.

Avec 52 victoires en carrière, Vettel, de dix ans l’aîné de Leclerc, demeure le pilote numéro un. Mais c’est davantage une question d’ancienneté que de plus grande vitesse.

La seule fois où Ferrari a eu le dessus remonte à la deuxième course de la saison, à Bahreïn, où Leclerc a décoché une étonnante pole position et semblait assuré de la victoire jusqu’à ce que son moteur le trahisse et perde de sa puissance, de façon inexplicable, vers la fin de l’épreuve.

Ainsi, Ferrari a offert la victoire en cadeau à Hamilton parce que Vettel a perdu contrôle de sa voiture face à la pression que lui avait imposée par le Britannique un peu plus tôt.

Les malheurs et défaillances à Bahreïn ont mené à des comparaisons inquiétantes avec les deux dernières années, et donné le ton à la saison 2019, jusqu’à maintenant.

Au lieu d’envoyer une image de force, Ferrari s’est aussitôt retrouvé en position désavantageuse. La pression repose sur le patron Mattia Binotto afin de faire tourner le vent, au moment où Ferrari accuse presque 100 points de recul sur Mercedes dans le championnat des constructeurs.

Le dernier titre des constructeurs de Ferrari remonte à 2008, une éternité pour ses dévoués fans.

Parce que le sinueux tracé urbain de 3,3 km dans les rues de Monaco est l’un où il est le plus difficile de réaliser des dépassements, gagner la pole position, samedi, sera cruciale pour stopper Mercedes. Sinon, l’épreuve de 78 tours prendra des allures de défilé pour le meneur de la course.

Comme il est monégasque, Leclerc a une motivation additionnelle pour mériter une deuxième pole position cette saison. Jeune garçon, il a vu sa première course de Formule 1 d’un appartement qui surplombait la piste.

«J’étais dans l’appartement d’un ami, à la sortie du virage numéro 1, et je jouais avec des voitures miniatures tout en regardant le Grand Prix en même temps», s’est affectueusement rappelé Leclerc.

«Je pense que Michael (Schumacher) était avec Ferrari. C’est certain que je regardais les voitures rouges plus que les autres.»