Justin Ndjock-Tadjoré souhaite jouer en première division aux États-Unis et ensuite chez les pros.
Justin Ndjock-Tadjoré souhaite jouer en première division aux États-Unis et ensuite chez les pros.

Le petit-fils de Max Gros-Louis s’illustre au basket

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Joie et excitation puis tristesse et deuil. Un des plus beaux espoirs de l’Outaouais en basket-ball masculin a vécu toute la gamme des émotions ces dernières semaines.

Une trentaine d’universités américaines et canadiennes sollicitent Justin Ndjock-Tadjoré en vue de la rentrée 2021. «Non seulement des programmes en première division dans la NCAA, mais des équipes fortes», précise son entraîneur chez les Griffons du Cégep de l’Outaouais, Johathan Jean-Pierre.

En même temps, le garde de six pieds sept pouces et 185 livres doit composer avec un deuil dans la famille.

Son grand-père est décédé à la mi-novembre. Il était bien connu au Canada, surtout au Québec.

Justin Ndjock-Tadjoré était le petit-fils de l’ancien grand chef de la nation huronne-wendat, Max Gros-Louis. «Un grand homme», précise-t-il.

Le grand-père de Justin Ndjock-Tadjoré, Max Gros-Louis

«C’est un honneur d’être un de ses descendants», ajoute le jeune homme âgé de 19 ans qui a grandi à Aylmer.

L’étudiant-athlète a joué un rôle dans les célébrations de vie de son grand-père maternel, il y a une quinzaine de jours. Il a porté le cercueil en plus de participer à la veillée du corps. C’était lui le géant sur les photos de presse qui ont circulé.

«C’est un rituel qui dure trois jours consécutifs. Tous les petits-fils veillent à leur tour sur le grand-père pour éloigner les mauvais esprits. C’était très important pour moi de respecter les traditions huronnes-wendat», explique Ndjock-Tadjoré.

Sa mère Isa Gros-Louis lui a inculqué les valeurs ancestrales ici et là à la maison. «Et quand je visitais mon grand-père, j’en apprenais toujours beaucoup. C’était le fun», enchaîne-t-il.

Ces prochaines années, Justin Ndjock-Tadjoré aimerait faire un nom pour lui-même dans le basket. Un sport qu’il a commencé à pratiquer sur le tard.

«À l’âge de 14-15 ans», précise-t-il, lui qui était auparavant un mordu de soccer.

Justin Ndjock-Tadjoré

On l’a vu dans l’uniforme des équipes civiles des Dragons de Gatineau puis de l’école secondaire de l’Île.

«Je me souviens quand nous l’avions recruté pour venir au Cégep de l’Outaouais. Personne ne l’avait approché, sauf nous. Il avait déjà un certain gabarit, mais ça démontre à quel point Justin s’est développé depuis trois ans», raconte Johathan Jean-Pierre.

«C’est une personne un peu timide, mais c’est tout un travaillant. Il était toujours dans le gymnase chaque jour pour devenir plus fort et plus solide, à améliorer son lancer et son maniement de ballon.»

À sa deuxième saison chez les Griffons l’hiver dernier, Ndjock-Tadjoré a terminé au 11e rang des meilleurs pointeurs au Québec avec une moyenne de 15,2 points par partie. BioSteel l’a nommé parmi les plus beaux espoirs au pays.

«Il a grandi d’un bon deux pouces dans la dernière année. Il a un gabarit de joueur américain. Puis tu ajoutes son côté athlétique et son potentiel... Le téléphone sonne chaque jour. On veut me parler de Justin.»

La NCAA s’intéresse beaucoup plus au Québec depuis quelques années. Puis le saut direct des rangs collégiaux à la NBA que s’apprête à faire le Montréalais Karim Mané a retenu l’attention.

«Ça donne plus de visibilité aux joueurs au Québec. Ça ne peut que nous aider», reconnaît Ndjock-Tadjoré, qui ne cache pas son désir de jouer en première division aux États-Unis et ensuite chez les pros.

Un peu comme deux autres Gatinois avant lui dans la dernière décennie, Olivier Hanlan et Kevin Zabo.

La différence, c’est que les embûches sont un peu plus nombreuses sur son chemin en raison de la pandémie.

La saison de basket collégial a pris le bord au Québec cet automne. Les équipes tiennent des entraînements virtuels.

«On ne peut pas pratiquer comme nous aimerions. Nous n’avons pas accès au gym. Je m’entraîne chez moi. J’ai un panier. Je me suis aussi rendu à Toronto pour pratiquer avec un programme et jouer un peu», relate Justin Ndjock-Tadjoré.

«Ça permet de faire un montage de mes meilleurs faits saillants pour les universités. En ne jouant pas ici, nous perdons un peu de visibilité. Nous ne pouvons pas démontrer nos talents comme nous le voulons. C’est dur sur les finissants.»

Car le numéro 15 n’est pas le seul joueur des Griffons qui se voit privé d’une dernière saison collégiale. Cinq autres des 14 membres de l’équipe de première division cherchent à faire le saut dans les rangs universitaires l’an prochain.