L’ancien quart-arrière étoile Chris Flynn pouvait autant lancer que courir avec le ballon.

Le numéro 1 de Chris Flynn sera retiré

Son téléphone ne cesse de sonner et vibrer depuis que les Huskies de Saint-Mary’s ont annoncé qu’ils allaient retirer son numéro, presque trois décennies après son dernier match de football universitaire.

« C’est pas mal fou. Plusieurs amis et anciens coéquipiers me contactent», confie Chris Flynn. L’ancien quart-arrière étoile originaire de Buckingham a passé une trentaine de minutes, mardi matin, à parler de l’honneur qui l’attend en septembre à Halifax.

« Ce n’est pas comme dans les rangs pros. Retirer un numéro dans le sport universitaire, tu ne vois pas ça habituellement. C’est ce qui rend ça si spécial. »

À Saint-Mary’s, ce sera la première fois dans l’histoire de l’école qu’un chandail d’une équipe sportive sera retiré. Ses dirigeants ont martelé ce point en annonçant la nouvelle jeudi dernier.

Un quart créatif qui pouvait autant lancer que courir avec le ballon, Flynn a porté le numéro 1 pendant quatre saisons chez les Huskies, aidant à relancer un programme de football qui avait conservé une fiche perdante pendant 13 ans avant son arrivée en 1987. Il a mené l’équipe à quatre titres de conférences en plus de deux participations au match de la coupe Vanier.

Le quinquagénaire est le seul triple récipiendaire du trophée Hec Crighton décerné au joueur par excellence du football universitaire canadien. Il s’avère aussi le premier joueur ayant été intronisé au Temple de la renommée du football canadien pour ses exploits dans les rangs universitaires.

La Machine et les Riders

Sa carrière professionnelle a compris un séjour en France de même que quelques parties dans la LCF chez les défunts Rough Riders d’Ottawa de même que dans la défunte Ligue mondiale chez la Machine de Montréal. Il a accroché ses épaulettes en 1996.

« J’ai hâte de remettre les pieds à Halifax. Ça doit faire quatre ou cinq ans que je n’ai pas été là-bas. Ça sera surtout plaisant de revoir mes anciens coéquipiers. »

Flynn a brillé à l’école secondaire Philemon-Wright et au collège Champlain, à Lennoxville, avant de passer dans les rangs universitaires. Des formations américaines lui faisaient de l’œil. Carleton et Bishop’s aussi.

« Au début, je ne devais pas aller à Saint-Mary’s. L’équipe avait été qualifiée de la pire au pays à l’époque », rappelle-t-il.

Ces jours-ci, le père de famille demeure impliqué dans le football local. Il épaule les quarts de deux écoles secondaires en Outaouais.

Ses collègues de travail et lui chez Axon Sport sont les distributeurs au Canada d’un appareil permettant de mieux évaluer sur les lignes de côté des athlètes ayant subi une commotion cérébrale. Une blessure que connaît bien Chris Flynn.

« Je n’ai raté qu’une partie en carrière à l’école secondaire, au collège et dans les rangs universitaires. C’était lors du match de la coupe Vanier en 1988. J’avais encaissé un dur coup la semaine précédente contre Bishop’s. Mon œil était rempli de sang. J’avais eu une fracture de stress sur le dessus du crâne. »

Maintenant âgé de 52 ans, Flynn demeure en grande forme. Il prépare un retour au jeu... dans la Ligue de touch football de Buckingham après une pause d’une saison. Le même circuit dans lequel il a commencé à 14 ans. « Je ne suis plus aussi mobile ! La plupart des joueurs sont des jeunes de 18 à 35 ans. Certains n’avaient jamais entendu parler de moi auparavant. »