Depuis deux ans, Gatineau a vu disparaître des compétitions comme le Grand Prix de plongeon de la FINA, le Challenge de curling et le Challenger de tennis. Maintenant le Grand Prix cycliste est menacé.

Le Grand Prix de Gatineau menacé

Le Grand Prix cycliste de Gatineau se retrouve à l’horaire de l’Union cycliste internationale (UCI) en vue de la saison 2020, mais la présentation de sa 11e édition s’avère tout de même incertaine.

Ses dirigeants se donnent d’ici la fin de la présente année avant de confirmer le retour ou non de l’événement présenté sur le boulevard des Allumettières et dans le parc de Gatineau. La raison ? L’argent. Plus précisément un vide à combler de 50 000 $.

« On cherche un ou des commanditaires majeurs », confirme la présidente du GP cycliste, Frédérique Moulin, durant une entrevue au Droit.

Un des principaux partenaires, Hydro-Québec, a annoncé que sa contribution serait coupée de moitié en 2020. « Ce sera sa dernière année. Il se retire par la suite, non seulement du cyclisme, mais de tous les événements sportifs », explique Mme Moulin, qui s’avère de l’aventure depuis les débuts en 2010.

Le GP de Gatineau ne constitue pas l’unique rendez-vous de cyclisme qui éprouve de la difficulté à rallier le fil d’arrivée. Certaines courses ailleurs ont déjà été annulées en vue de la prochaine saison.

« Le problème c’est toujours l’argent. Le cyclisme sur route en Amérique du Nord, ce n’est pas facile. Le Grand Prix de Saguenay n’aura pas lieu l’an prochain. C’est la même chose pour le Grand Prix de Californie », souligne Mme Moulin, rappelant que l’Outaouais présente le seul événement UCI Élite femme sur le continent.

« Mettre fin au Grand Prix de Gatineau, ce serait triste après toutes ces années. Ce qui est plus frustrant, nous avons de bons cyclistes. »

Grand Prix Cycliste 
 Gatineau 
  
 Parc de la Gatineau 
  
 Etienne Ranger LeDroit

Karol-Ann Canuel, qui possède son lot de médailles aux championnats du monde, est montée sur le podium du GP au fil des ans. Même chose pour Ariane Bonhomme, qui a terminé quatrième à l’épreuve sur route en juin dernier.

Ajoutez à cela que la relève semble prometteuse avec la percée de Laury Millette, devenue vice-championne canadienne junior en 2019. L’ado de 16 ans a roulé aux Mondiaux juniors plus tôt cet automne au Royaume-Uni.

« C’est un événement important le Grand Prix. Ça serait dommage que les jeunes filles qui s’en viennent ne puissent pas participer à cette course », affirme Bonhomme, un espoir olympique en vue des épreuves sur piste en 2020 aux Jeux, à Tokyo.

« Je me souviens quand j’étais plus jeune. J’allais voir le Grand Prix. Je regardais Karol-Ann. C’était impressionnant de la voir bien faire (...) C’est devenu une de mes courses préférées, c’est sûr. »

Ce sont 70 cyclistes féminines élites qui ont pris le départ de la course sur route de 104,4 km du GP de Gatineau cet été. Une trentaine a aussi roulé à la Chrono Gatineau, un contre-la-montre de 17,3 km.

Présenté sur quatre jours, l’événement de cyclisme comprend aussi des courses juniors de même que des cyclosportives, dont le Gran Fondo.

Plusieurs gros noms sur la scène internationale ont débarqué en Outaouais dans la dernière décennie. Des championnes du monde telles que Giorgia Bronzini et Jeannie Longo ont participé aux premières éditions qui avaient attiré des foules intéressantes près des ronds-points du boulevard des Allumettières.

Pour l’instant, l’épreuve sur route du GP cycliste de Gatineau est prévue le jeudi 4 juin 2020. Le lendemain, ce serait place à la Chrono Gatineau.

Depuis deux ans, la ville de Gatineau a vu disparaître plusieurs événements sportifs internationaux. D’abord le Grand Prix de plongeon de la FINA, puis dans les derniers mois le Challenge de curling de Gatineau et le Challenger de tennis de Gatineau.

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TROIS MOIS EN NOUVELLE-ZÉLANDE ATTENDENT ARIANE BONHOMME

Se préparer en vue des Jeux olympiques aura un prix pour Ariane Bonhomme. La cycliste de Gatineau devra passer le temps des Fêtes loin de chez elle et du père Noël.

«Pour la première fois de ma vie», précise la jeune femme âgée de 24 ans au bout du fil. Ses coéquipières de l’équipe canadienne sur piste et elle passeront presque trois mois en Nouvelle-Zélande.

«On part à la fin du mois et nous allons revenir en mars après les championnats du monde qui auront lieu à Berlin», relate-t-elle.

La cycliste gatinoise, Ariane Bonhomme

Bonhomme se trouve en ce moment à Milton, domicile du centre national d’entraînement. Elle peaufine sa technique en vue des deux premières étapes de la Coupe du monde qui auront lieu en décembre. D’abord en Nouvelle-Zélande, puis en Australie.

«On reste ensuite en Nouvelle-Zélande pour un très long camp d’entraînement», a-t-elle souligné.

Pourquoi là-bas et non à la maison ? Parce que la formation canadienne a dû se dénicher un nouvel entraîneur après les derniers championnats du monde. Son choix s’est arrêté sur Matt Shallcrass.

«Il travaillait avec les cyclistes de la Nouvelle-Zélande. On est chanceuse d’avoir pu obtenir ce gars-là à un an des Jeux. Il habite encore là-bas. C’est plus facile de s’entraîner là-bas, surtout que ce sera l’été quand nous y serons. Ça rendra notre entraînement optimal.»

Le Canada espère gagner une médaille à la poursuite par équipe chez les femmes aux Jeux olympiques en août 2020, à Tokyo. Reste à voir qui seront les cinq cyclistes sélectionnées.

Bonhomme aime ses chances. Elle a participé aux deux dernières éditions des Mondiaux. Chaque fois l’équipe canadienne a terminé quatrième.

«On peut atteindre la première marche du podium aux Jeux», a-t-elle assuré.

Dans son cas, tout se jouera aux championnats du monde à Berlin.

«Les filles qui iront là-bas devraient être celles qui iront aux Jeux», a-t-elle expliqué.