Les consignes de distanciation physique doivent être suivies dans les différents clubs de la région d’Ottawa-Gatineau, qui ne peuvent ouvrir les portes de leurs chalets et doivent se limiter à faire l’essentiel sur les parcours pour éviter des problèmes à plus long terme.
Les consignes de distanciation physique doivent être suivies dans les différents clubs de la région d’Ottawa-Gatineau, qui ne peuvent ouvrir les portes de leurs chalets et doivent se limiter à faire l’essentiel sur les parcours pour éviter des problèmes à plus long terme.

Le gazon pousse, mais le golf devra attendre aussi

Marc Brassard
Marc Brassard
Le Droit
Le monde du golf est chamboulé au niveau mondial avec l’annonce lundi que l’Omnium britannique ne sera pas présenté cet été et que le tournoi des Maîtres qui devait avoir lieu cette semaine sera repoussé au mois de novembre, si la pandémie du COVID-19 le permet, évidemment.

À l’échelle locale, c’est évidemment l’incertitude également, alors que les consignes de distanciation physique doivent être suivies dans les différents clubs de la région d’Ottawa-Gatineau, qui ne peuvent ouvrir les portes de leurs chalets et doivent se limiter à faire l’essentiel sur les parcours pour éviter des problèmes à plus long terme.

Jugés comme non-essentiels, ceux de la rive québécoise de l’Outaouais n’avaient à l’origine pas le droit de faire des travaux de début de saison, mais les responsables de l’industrie ont réussi à obtenir les permissions nécessaires pour éviter des amendes.

«On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. Heureusement, le gouvernement (du Québec) a changé son fusil d’épaule pour nous permettre de faire l’essentiel, qui est d’enlever les toiles sur les verts à ce temps-ci de l’année. On a fait ça à trois : mon surintendant, une autre personne et moi, en restant à bonne distance l’un de l’autre, confiait lundi le professionnel du club Le Sorcier de Gatineau, Guy Beaulieu. Il fallait le faire sinon on aurait eu des problèmes. Avec le beau printemps que nous avons, ça pousse, le gazon (des verts). Il faut déjà les couper, d’ailleurs.»

L’annonce du Premier ministre François Legault en fin de semaine à l’effet que les entreprises et commerces non-essentiels devront demeurer fermées jusqu’au 4 mai signifie que les amateurs devront attendre au moins jusque là avant de pouvoir s’oxygéner l’esprit en frappant une petite balle blanche. En attendant, Beaulieu pense à différentes stratégies «outside the box», dit-il, pour le lancement éventuel d’une saison qui ne sera certes pas comme les autres, avec de nombreuses mesures sanitaires à prendre.

«Chez nous, il faut absolument jouer en voiturette, donc si deux personnes veulent en partager une, ils devront se connaître. À l’arrivée, il va falloir qu’il y ait une seule personne à la fois au comptoir pour payer. Je pense même installer des ‘Q-tips’ pour que les gens ‘pitonnent’ leur NIP... Ce n’est pas évident et quand on va avoir le ‘OK’, il va falloir se revirer de bord rapidement parce que le monde va avoir hâte d’aller dehors», laisse-t-il tomber, déçu d’avoir dû mettre à pied temporairement quelques employés à temps plein.

Du côté ontarien, les clubs attendent de voir si le gouvernement Ford repoussera lui aussi le décret de situation d’urgence dans la province, qui est en vigueur jusqu’au 13 avril, donc lundi prochain.

«Pour l’instant, on ne fait que l’essentiel, a indiqué Dany Lacombe, le directeur régional pour l’Est de l’Ontario et le Québec de ClubLink, propriétaire des clubs Greyhawk, Hautes-Plaines, Kanata et Eagle Creek dans la région. Nous avons un plan d’attaque pour protéger tout le monde, nos membres et visiteurs tout comme nos employés, lorsque nous aurons le feu vert pour ouvrir. Les temps de départ vont être aux 12 minutes plutôt qu’aux 8 minutes. Les joueurs devront attendre l’heure de leur temps de départ dans leurs autos. Le champ de pratique ne sera pas ouvert, le vert de pratique le sera, mais les gens devront utiliser leurs propres balles. Il n’y aura pas de râteaux dans les trappes, de lave-balles ou d’eau sur les parcours. Les drapeaux vont être collés au fond d’une coupe qui sera surélevée d’un pouce.»

Les chalets demeureront également fermés, sauf pour ce qui est des toilettes. Les événements de membres et les tournois sont annulés jusqu’à la fin mai, au moins.

Lacombe, comme Beaulieu d’ailleurs, s’inquiète pour une industrie déjà fragile, dans une région qui avait vu deux de ses trois précédents printemps être affectés par la crue des eaux et les inondations. «Il n’y a pas un club dans le coin qui a embauché ses employés saisonniers et à l’heure, ce qui va faire mal aux étudiants, c’est certain, dit-il. Et c’est sans parler du manque à gagner pour les organismes de charité qui bénéficiaient des différents tournois.»

La grande région de la capitale compte environ 80 clubs de golf et il faudra voir à la reprise des activités s’ils passeront tous à travers cette crise.