Le spécialiste des arts martiaux mixtes originaire de Gatineau, Marc-André Barriault, disputera un premier combat UFC dans une semaine, le 4 mai, au centre Canadian Tire.

Le coup qui a lancé la carrière de Barriault

Il y a 10 ans, Marc-André Barriault disputait un premier combat dans un aréna communautaire devant une poignée de spectateurs à Casselman. Dans une semaine, ce sera place à ses débuts dans un octogone de l’UFC aménagé dans un amphithéâtre nettement plus gros.

Faites la découverte d’un athlète né à Gatineau qui espère devenir la prochaine vedette francophone de la puissante organisation d’arts martiaux mixtes. Un ancien joueur de football à l’école secondaire Hormisdas-Gamelin devenu cuisinier pour des hôpitaux à Québec, sa ville d’adoption des huit dernières années.

Barriault participera au gala UFC du 4 mai au Centre Canadian Tire, domicile des Sénateurs d’Ottawa. « Il devrait y avoir 10 000 à 12 000 spectateurs », lance-t-il.

« J’ai hâte de vivre ce moment-là. J’y pense tout le temps. Mais le travail restera le même... même si l’audience va changer, que la plateforme est plus grosse. Je sais que son instinct va parler d’elle même. »

Ce qui nous ramène en 2009. À ce premier combat amateur dans l’Est ontarien qui a lancé sa carrière.

L’homme âgé de 29 ans s’en souvient encore très bien. Son premier entraîneur chez Arts martiaux Patenaude aussi.

« Ça ne faisait pas longtemps que Marc-André s’entraînait. Peut-être six ou sept mois. Dès le début du combat, il a mangé un méchant coup de poing », relate Patrick Marcil.

C’est la réaction de son élève qui l’avait toutefois impressionné.

« Il s’est relevé tout de suite, comme une balle qui rebondit au sol. Il était revenu plus intense que jamais et avait bien fini ça. J’ai vu tout de suite que Marc-André avait ce qu’il faut... cette combativité, l’instinct du prédateur. Il te faut ça en arts martiaux mixtes. »

Barriault, lui, n’a pas oublié le résultat. « J’avais gagné le trophée du combat de la soirée », note-t-il.

« Oui, c’est 10 ans de belle progression », ajoute-t-il.

Une décennie qui aura commencé par une visite dans un club de Patenaude sur l’avenue Buckingham afin de perdre du poids. Puis il y a eu les entraînements au club à Gatineau, suivi d’un déménagement à Québec.

Dans la Vieille-Capitale, Barriault s’est fait un nom... même un surnom. « PowerBar » est devenu la tête d’affiche de TKO, cette organisation québécoise d’arts martiaux mixtes qui présente des galas au centre Bell et au centre Vidéotron.

Le combattant francophone en est devenu un double champion. Ce qui lui a valu l’appel tant attendu de l’UFC et un contrat pour quatre combats. « Même si j’arrive en tant que double champion de TKO, je dois recommencer au bas de l’échelle. J’aime ce défi », dit-il

Barriault (11-1) ne recommence pas vraiment à zéro. Ses nouveaux patrons lui réservent une place de choix en vue de sa première sortie.

D’abord, on lui oppose un nom connu chez les 185 livres en Andrew Sanchez (11-4), ancien gagnant de la série télé Ultimate Fighter. Puis les deux hommes disputeront le premier des combats de la carte principale à être diffusés à la télé.

« L’UFC cherche des gagnants et des gars au Québec et au Canada avec les départs de Georges St-Pierre et Patrick Côté », souligne Patrick Marcil.

Ce dernier croit que Marc-André Barriault peut prendre la relève et combler ce vide.

« C’est un gars honnête, gentil, sympathique. Les gens veulent s’associer à lui en dehors de la cage. Il a une image que les gens aiment. »

Il y a un truc sur lequel Barriault insistera.

« Je ne vais jamais dire que je serai le prochain Georges. Ce sont de gros souliers à remplir... Il a fait des choses qui ne seront pas répétées. Mais je pense que le timing est bon pour moi. »

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Marc-André Barriault

DES RACINES GATINOISES ENCORE BIEN PRISES CHEZ «POWERBAR»

Son patelin demeure encore bien présent dans son cœur.

Même si Marc-André Barriault habite, travaille et s’entraîne maintenant à Québec où il a aussi rencontré l’amour de sa vie. « Je n’ai jamais craché sur mes racines », souligne-t-il.

À preuve, on le voit de temps en temps en Outaouais. Il se fait un devoir de se pointer quelques fois par années à son ancien terrain de jeu à Gatineau.

« Je suis descendu il y a un mois pour quatre jours. J’ai fait de très bons entraînements avec des anciens partenaires. C’est moins fréquent que je voudrais. Je suis quand même à cinq heures de route. Mais je conserve des liens. »

D’autres exemples ?

Son premier entraîneur, Patrick Marcil, prendra place dans son coin en vue de ses débuts dans l’UFC. « C’était déjà prévu. C’est mon mentor », précise Barriault.

On retrouvera aussi deux autres hommes qui l’ont pris sous leur aile à Québec, Dany Laflamme et François Duguay.

Une partie de la semaine qui va précéder le gala sera passée chez Arts martiaux Patenaude. « Je vais faire pas mal toute mon activation et mes entraînements là-bas », précise Barriault, qui se pointera à Ottawa dès mardi. 

Son premier bain de foule en tant que combattant UFC aura lieu jeudi. Ce sera place à la journée des médias aux côtés des vedettes du gala, dont Al Iaquinta et « Cowboy » Donald Cerrone. Le lendemain, il y aura la pesée officielle.

« Ça va être le fun la “Fight Week”, surtout que je risque d’avoir encore plus d’attention médiatique puisque je suis de Gatineau et que je me bats à Ottawa. Puis il n’y a pas beaucoup de Canadiens sur la carte. Je vais arriver bien préparé. »

L’entretien se déroulait plus tôt dans la semaine.

Barriault mettait la touche finale à sa préparation. L’accent était « plus sur la qualité que la quantité ». Ça, et perdre une quinzaine de livres afin de respecter la limite de 185 livres.

« Je ne suis pas inquiet. Je suis habitué à ça », affirme-t-il.