Un membre de l'équipe de ravitaillement de Williams regarde un écran de télévision après que le conducteur Lance Stroll du Canada s'est écrasé dimanche au Grand Prix du Canada.

Lance Stroll forcé à l'abandon après un tour à Montréal

MONTRÉAL - Le Québécois Lance Stroll avait vécu un scénario rêvé au Grand Prix de Formule 1 du Canada, l’an dernier. Sa deuxième visite sur le circuit Gilles-Villeneuve s’est toutefois rapidement transformée en cauchemar.

Favori de la foule et voulant répéter ses exploits de 2017, Stroll n’a pas été en mesure de compléter un seul tour, réduisant au silence les nombreux spectateurs massés aux abords de la piste.

Il n’aura fallu que 30 secondes pour que le pilote originaire de Mont-Tremblant rentre aux puits les mains vides. Stroll a été victime d’un accident avec Brendon Hartley à la sortie du virage 5, faisant glisser la voiture de l’écurie Toro Rosso dans le mur. Le contact a gravement endommagé les deux monoplaces, forçant les deux pilotes à l’abandon et, du même coup, la sortie de la voiture de sécurité.

«C’est dommage, j’avais connu un bon départ, a laissé tomber Stroll, âgé de seulement 19 ans. J’étais côte à côte avec Brendon et il m’a poussé un peu à l’intérieur. J’ai eu un moment de survirage et malheureusement, quand j’ai voulu corriger la voiture, ça nous a menés dans le mur.»

Et pour connaître un bon départ, Stroll l’avait fait. Comme ce fut d’ailleurs le cas à plusieurs reprises cette saison.

Le jeune pilote de l’écurie Williams s’élançait de la 16e place, mais il a rapidement gagné trois rangs à la suite des «S de Senna». Lorsqu’il est sorti des virages 3 et 4, sa voiture a légèrement été déportée pour finalement bloquer le passage à Hartley. L’accident était inévitable.

«Nous étions si près l’un de l’autre. Il n’y avait aucun chemin possible pour moi où corriger la voiture et continuer ma route, a expliqué Stroll. Ça fait partie de la course. Nous sommes tous très près au premier tour et nous voulons tous aller en avant. Des choses de la sorte vont se produire.»

Les deux pilotes s’en sont sortis sans blessures graves, mais Hartley a été transporté à l’hôpital par mesures préventives. Il n’a pas voulu commenter l’incident.

Résultat différent

Le résultat est d’autant plus décevant pour Stroll, qui avait amassé ses premiers points en carrière en F1 en terminant neuvième devant ses partisans, l’an dernier.

«J’aurais voulu donner un bon spectacle aux partisans, a-t-il insisté. J’espère qu’ils ont pu au moins apprécier mon bon départ. C’est frustrant, mais ça fait partie du sport. Tu ne peux pas choisir quand les bons résultats vont arriver.»

Le Québécois a néanmoins été touché par l’appui inconditionnel de la foule, qui lui a réservé une belle ovation pendant la présentation des pilotes, quelques minutes avant qu’il prenne le départ.

«Je suis très reconnaissant du soutien que les partisans m’ont donné avant la course, a-t-il souligné. Ça m’a donné des frissons de voir tous les gens debout, tenant le drapeau canadien. Il y aura toujours l’année prochaine pour se reprendre.»

En 2017, le Grand Prix du Canada avait été le point tournant de la saison de Stroll, qui avait signé un podium en Azerbaïdjan dès la course suivante. Il avait ensuite obtenu des points dans cinq autres épreuves pour conclure l’année au 12e échelon au championnat des pilotes.

Même s’il n’a pas rallié le fil d’arrivée pour une première fois cette saison et qu’il doive composer avec une voiture qui ne semble pas du tout s’être améliorée pendant l’entre-saison, Stroll ne baisse pas les bras. Il aborde d’ailleurs les prochaines courses avec une philosophie qui l’honore pour un jeune homme encore en apprentissage.

«Je ne voulais pas nécessairement que Montréal soit mon point tournant cette année. Chaque course, je veux faire du mieux que je peux. J’ai inscrit des points cette saison à Bakou, alors ça peut arriver dans les autres courses. Je dois rester motivé et concentré», a-t-il affirmé.

Stroll occupe présentement le 16e rang au championnat des pilotes avec quatre points.