Après des mois de spéculations, Lance Stroll (droite) a confirmé à la fin novembre qu’il quittait l’équipe britannique pour se joindre à Racing Point - jadis connue sous le nom de Force India.

Lance Stroll a gagné en maturité en 2018, jure son préparateur physique

Le préparateur physique du pilote québécois Lance Stroll estime qu’il a beaucoup gagné en maturité pendant sa dernière saison cauchemardesque chez Williams.

Après avoir connu une saison recrue prometteuse chez Williams en 2017, le pilote de Mont-Tremblant n’a pu faire mieux que le 18e rang au classement des pilotes la saison dernière, avec une maigre récolte de six points.

Après des mois de spéculations, Stroll a confirmé à la fin novembre qu’il quittait l’équipe britannique pour se joindre à Racing Point - jadis connue sous le nom de Force India.

«C’est super, j’ai rechargé mes batteries, et je suis heureux chez Racing Point, car c’est un nouveau défi que j’ai à relever», a déclaré Stroll, mercredi, lors du dévoilement de sa nouvelle voiture.

Le Montréalais David Whiteman, qui est responsable du conditionnement physique de Stroll depuis plusieurs années et qui est l’un de ses plus proches confidents, a admis que la dernière saison n’avait pas été de tout repos pour son protégé.

«Le plus gros défi de Lance la saison dernière, ç’a été sa voiture, d’un point de vue mécanique, a convenu Whiteman. Contrairement à 2017, sa voiture n’était pas compétitive. Je ne peux répondre à sa place, mais il faut admettre que ç’a été très difficile pour l’équipe et lui, surtout au niveau de la motivation. Même lorsqu’il pilotait à la perfection, les résultats n’étaient pas au rendez-vous. Et évidemment, à la longue, ça finit par peser.»

En plus du mauvais rendement de sa voiture, le fils du milliardaire Lawrence Stroll - maintenant propriétaire de l’équipe Racing Point - a dû composer avec une nouvelle réalité très exigeante.

«Les programmes triples - trois courses en trois semaines - ont constitué tout un défi, a reconnu le principal intéressé. C’était très intense, et honnêtement nous ne savons toujours pas si ç’a été une expérience positive ou négative. Je crois que les programmes triples ont été difficiles à cause du temps de repos limité. Mais je crois qu’ils l’ont été davantage pour les équipes, surtout d’un point de vue logistique.»

En 2019, Stroll et les autres pilotes du plateau devront également composer avec un autre genre de défi. Pour la première fois de l’histoire de la F1, la saison se concluera en décembre, à Abou Dhabi. Et la saison suivante, le calendrier intégrera pour la première fois le Grand Prix du Vietnam, à Hanoï, et possiblement celui de Miami, en Floride. Ces nouveaux défis ne semblent toutefois pas préoccuper Whiteman outre mesure.

«Le fait qu’il y ait une course en décembre, ça ne change pas beaucoup de choses pour nous. Après tout, ce n’est qu’une semaine de plus au calendrier (par rapport à 2018). De plus, si ça peut éliminer les programmes triples, alors ce sera bénéfique pour les pilotes», a-t-il expliqué.

«Ceci dit, les épreuves au Vietnam et à Miami, c’est encore loin, a-t-il poursuivi. Nous nous préparons une saison à la fois, sans penser à 2020. Si ces épreuves sont ajoutées au calendrier, alors nous nous préparerons en conséquence - soit en allégeant son cahier de charges ou en lui accordant davantage de journées de repos.»

Whiteman ne semble toutefois pas inquiet pour la suite des choses. Selon lui, Stroll est maintenant un pilote aguerri - malgré son jeune âge.

«Il a développé sa masse musculaire; il est beaucoup plus fort qu’à 18 ans, a-t-il noté. De plus, ça fait déjà deux ans que Lance pilote en F1, donc il a acquis beaucoup d’expérience. Il a négocié 21 courses à chacune des deux dernières saisons, ce qui signifie qu’il a eu le temps de développer sa routine et d’acquérir de la maturité. Nous sommes maintenant plus à l’aise, surtout dans la gestion de son temps et dans sa manière de se préparer aux courses.»

Un point de vue partagé par Stroll.

«C’est certain qu’à ma troisième saison en F1, je sais maintenant davantage ce que je dois faire afin d’être au sommet de ma forme en prévision de la prochaine saison, a-t-il dit. J’ai fait beaucoup de ski alpin et de ski de fond, afin d’améliorer mon endurance.»

«Lance n’est pas un robot»

D’ailleurs, Stroll est très actif sur Instagram, où il a publié de nombreuses photos et vidéos pendant l’hiver le montrant en train de faire du vélo de montagne en Europe, du wakeboard dans les Caraïbes ou encore du ski alpin en Colombie-Britannique. Interrogé à savoir s’il était préoccupé de le voir pratiquer des sports aussi périlleux, Whiteman s’en est - encore - remis à sa maturité.

«Vous savez, Lance est maintenant un adulte, a-t-il d’abord dit. Nous pouvons lui suggérer de faire ou de ne pas faire certaines choses, mais au bout du compte, c’est lui qui prend la décision. Il connaît les conséquences. Et de toute façon, vous savez, Lance n’est pas un robot. C’est encore un jeune homme, et il doit s’amuser.»

Après le lancement de la voiture mercredi, Stroll et sa nouvelle équipe, Racing Point, participeront aux essais hivernaux à Barcelone, en Espagne, du 18 au 21 février; puis du 26 février au 1er mars.

La saison se mettra ensuite en branle le 17 mars au Grand Prix d’Australie, à Melbourne.