Aujourd’hui âgé de 22 ans, Sagaba Konate, une recrue qui tente de se tailler un poste avec les Raptors de Toronto, ne s’est mis au basketball qu’à l’âge de 16 ans.

La vocation tardive de Sagaba Konate

Beaucoup de joueurs de la NBA sont pratiquement nés avec un ballon dans les mains tellement ils pratiquent leur sport depuis la plus tendre enfance. Ce n’est pas le cas de Sagaba Konate, la recrue qui tente de se tailler un poste avec les Raptors de Toronto après avoir battu le record de l’Université de Virginie occidentale pour le nombre de tirs bloqués. Le joueur de 22 ans originaire du Mali ne s’est en effet mis au basketball qu’à l’âge de 16 ans!

«Tous les membres de ma famille jouaient au basket, mais moi, je rêvais plutôt de devenir un joueur de soccer comme Ronaldinho!» racontait Konate mardi après l’entraînement des Raptors au PEPS de l’Université Laval. Comme il n’a commencé à jouer au basketball qu’à 16 ans dans son pays natal, on peut donc dire que le Malien de 6 pieds 8 pouces s’est mis à ce sport «sur le tard». Imaginez un joueur au camp des Canadiens de Montréal qui aurait commencé à jouer au hockey à 16 ans...

«Quand j’ai commencé, je faisais les deux sports, car je n’ai pas arrêté le soccer immédiatement. C’est seulement à 17 ans que j’ai décidé de me concentrer plus sérieusement sur le basket», avoue-t-il ensuite. Après avoir décidé que sa vocation se passerait sur un court plutôt que sur un terrain gazonné, Konate a très rapidement quitté son pays pour s’installer à Hermitage, en Pennsylvanie, où il s’est enrôlé dans le programme de basketball de l’école secondaire Kennedy Catholic.

«Partir du Mali, ça n’a pas été facile pour moi ni pour ma famille. C’est très dur de quitter ceux que tu aimes», explique celui qui a 13 frères et sœurs, dont son frère aîné, Bakary, un ancien pivot des Golden Gophers de l’Université du Minnesota qui évolue présentement dans la ligue de basketball d’Espagne.

Adaptation difficile

Konate avoue également que son adaptation n’a pas été facile aux États-Unis. «La langue était un vrai défi», avoue celui qui ne parlait pas du tout anglais avant de déménager de l’autre côté de l’Atlantique. Maintenant, le numéro 50 alterne entre l’anglais et le français durant ses entrevues avec les médias francophones et est devenu plutôt à l’aise dans la langue de Shakespeare. «En fait, ma langue première est le Bambara [une langue parlée par 80 % des habitants du Mali] et ma langue seconde est le français. Je devais donc travailler deux fois plus fort pour apprendre l’anglais et comprendre ce que les gens me disent.

«Je n’étais pas vraiment habitué au climat non plus», laisse-t-il tomber. Pas surprenant pour un gars qui arrive de Bamako, où la température varie entre 20 et 35 degrés Celcius tout au long de l’année, et qui se retrouve du jour au lendemain dans une partie du monde où le mercure descend régulièrement au-dessous de zéro durant la saison hivernale. 

Le tout pour le tout

Après deux saisons universitaires, une blessure au genou l’a limité à huit parties la saison dernière avec les Mountaineers de l’Université de Virginie occidentale. Au lieu de revenir pour une quatrième année, il a décidé de jouer le tout pour le tout et de se rendre admissible au repêchage de la NBA où aucune équipe ne l’a sélectionné. Il s’est finalement entendu avec les Raptors trois jours après le repêchage et tente maintenant de se tailler un poste avec les champions du trophée Larry O’Brien.

Konate a l’habitude de bloquer à deux mains les tentatives de dunks de ses adversaires, une manœuvre qui ne manque jamais d’épater la galerie. Lui, cependant, est loin d’en faire tout un plat. «Ah, mais c’est juste jouer au basketball, vous savez! Je suis content d’être à un camp de la NBA, j’espère obtenir un contrat», a-t-il commenté. Avec un entraîneur, Nick Nurse, qui n’a pas caché qu’il avait un faible pour les joueurs capables de tirer leur épingle du jeu défensivement, Konate part avec une bonne note. «J’ai toujours été fier de bien jouer en défensive. Même si je ne suis pas le plus grand des ailiers intérieurs, je compense avec ma confiance en moi», conclut-il. 

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NORMAN POWELL: DEVENIR UN PARTANT ET UN LEADER

Pour l’arrière Norman Powell, qui débute sa cinquième saison avec les Raptors après avoir été leur choix de deuxième ronde au repêchage de 2015, l’année qui s’amorce est remplie d’opportunités. Avec le départ de Danny Green vers les Lakers de Los Angeles, le natif de San Diego pourrait enfin devenir un membre de l’alignement partant de son équipe tout en jouant davantage un rôle de leader avec les champions de la NBA. 

«Je suis venu ici pour compétitionner et il y a plusieurs jeunes joueurs qui souhaitent avoir un poste de partant, mais moi, après cinq ans, je sais ce que ça prend pour revenir où ou était l’an dernier. Je suis dans un état d’esprit pour être plus agressif à l’attaque. J’ai parlé à l’équipe d’entraîneurs et on m’a dit ce qu’on attendait pour l’équipe, mais on ne m’a pas fait de promesse», indique-t-il à propos de sa lutte pour se greffer au quintette partant des Raptors.

Quant au leadership que Powell assumait déjà par l’exemple, il continue de l’assumer en faisant davantage entendre sa voix auprès de ses coéquipiers. «Assurément que je prends davantage un rôle de leader dans l’équipe, je m’exprime de plus en plus à chaque entraînement. Avant, je donnais surtout l’exemple par mon éthique de travail, mais maintenant, je parle davantage pour ramener l’équipe ensemble. Je crois que ça me vient naturellement et ça ne me dérange pas d’aller parler à un gars même si ça peut être inconfortable, car j’ai joué ce rôle durant une bonne partie de ma carrière», racontait-il mardi en point de presse au PEPS de l’Université Laval.

«J’ai commencé très tôt au secondaire et à l’université, alors j’ai assurément l’expérience pour le faire, de sorte que ça ne me dérange pas du tout d’être cette personne. J’ai bâti ma force mentale pour continuer à avancer, peu importe la situation et j’ai vraiment inclus tout ça dans mon jeu», enchaîne-t-il.

Finalement, l’exemple des autres vétérans est également une source d’inspiration pour Powell dans sa quête pour avoir un rôle accru dans l’équipe cette année. «C’est sûr que je prends exemple sur Kyle [Lowry], Pascal [Siakam] et Marc [Gasol], je regarde comment ils jouent, comment ils attaquent.»

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VISITE AU CENTRE MÈRE-ENFANT

Les joueurs des Raptors visiteront le Centre mère-enfant du CHUL à 15h mercredi après-midi, tout juste après leur entraînement quotidien. 

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OFFRE COMMERCIALE

L’entraîneur des Raptors, Nick Nurse, apprécie l’offre commerciale de la ville de Québec, particulièrement en ce qui a trait à la musique. «Je me suis promené en ville et j’ai vu des magasins, des bars, des restaurants à perte de vue. J’ai trouvé un marchand de disques vinyle, l’un des meilleurs et des mieux organisés que j’aie jamais vus avec des disques vraiment cool, c’est ça l’important, non? Je n’en ai pas acheté, mais j’ai l’œil sur quelques disques. J’étais dans l’esprit de regarder, pas encore prêt à ouvrir mon portefeuille, mais demain peut-être. Il y en a un en particulier que j’ai en tête...», a-t-il avoué sans donner le titre ni l’artiste.  

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SÉJOUR EN ESPAGNE

L’un des joueurs qui tentent de se tailler un poste avec les Raptors, le garde Matt Thomas, évoluait en Espagne au cours des dernières saisons, une expérience qui pourrait lui rapporter dans le système de jeu torontois. «En Europe, c’est très tactique, il y a beaucoup de mouvement tant du côté des joueurs que du ballon. J’ai eu du succès dans ces systèmes de jeu. Je crois qu’on tente d’amener quelque chose de semblable ici en raison de la façon dont nous jouons et l’entraîneur qui ne veut pas voir le ballon s’arrêter».  

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LE MÊME NOM

L’assistant-entraîneur des Raptors, Patrick Mutombo, partage le patronyme de l’ancienne vedette de la NBA Dikembe Mutombo, mais n’a cependant aucun lien de parenté avec lui... 

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JUSTE TROIS JOUEURS REPÊCHÉS

Seulement trois des joueurs présents au camp des Raptors ont été repêchés par ceux-ci, à savoir Pascal Siakam (2016), OG Anunoby (2017) et Dewan Hernandez (2019). Cinq ont été acquis par voie de transaction, à savoir Marc Gasol, Serge Ibaka, Norman Powell et Kyle Lowry, et les 13 autres ont été embauchés en tant que joueurs autonomes.