Michael Woods a remporté mardi la 7e étape du Tour d'Espagne.
Michael Woods a remporté mardi la 7e étape du Tour d'Espagne.

La victoire d’un gentilhomme

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Trois individus dont le parcours a croisé celui de Michael Woods au fil des ans. Un l’a dirigé en athlétisme. L’autre décrit ses courses en cyclisme et le dernier a été son voisin à Hull.

Martin Goulet, Randy Ferguson et Louis Landry se réjouissaient tous pour l’athlète et père de famille qui a gagné une autre étape dans les dernières heures à la Vuelta.

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«Je n’ai pas l’habitude de me mordre les ongles, mais quand il restait 12 à 15 kilomètres à la course..., laisse tomber M. Landry au bout du fil. Il (Woods) a joué ça à la perfection!»

Le sexagénaire est un mordu de cyclisme. On peut le croiser dans le parc de la Gatineau.

Puis depuis quelques années, il suit les performances de Woods en Europe. Depuis qu’il a fait sa connaissance par accident.

Woods avait acheté à l’époque une maison dans le quartier Val-Tétreau où habite déjà sa belle-mère.

«Il était un de mes voisins. Je n’étais pas au courant de sa carrière athlétique. J’ai appris à le connaître. Je me suis rendu compte qu’on a affaire à quelqu’un de spécial, relate M. Landry.

«Au-delà de faire partie de l’élite du cyclisme international, c’est une personne d’une grande gentillesse. Il est toujours disponible et c’est facile d’échanger avec lui. Ce que j’admire aussi chez lui, c’est sa grande force de caractère, cette capacité de rebondir. Quand il a eu son accident en mars, beaucoup de gens auraient décidé de décrocher et arrêter.»

Un «gentleman»

Louis Landry déplore que Michael Woods demeure encore méconnu dans son patelin. «C’est un modèle pour notre jeunesse», lance-t-il.

«Une personne fidèle à sa région. Quand il aura fini sa carrière, il va revenir dans le coin.»

Woods s’est porté acquéreur d’une nouvelle maison à Chelsea l’an dernier, préparant le nouveau chapitre de sa vie qui l’attend après la fin de son prochain contrat chez Israel Start-Up Nation.

Une entente qui assure trois autres saisons au cycliste qui a fait ses débuts chez les pros sur le tard à l’âge de 26 ans chez Garneau-Quebecor

«Quand on évoque son nom, le mot gentleman me vient toujours en tête. C’est une personne qui faisait déjà preuve de courtoisie à la fin de l’adolescence», lance Martin Goulet, qui a côtoyé Woods lorsque les deux hommes faisaient partie de la grande famille d’Athlétisme Canada, de la fin des années 1990 jusqu’au milieu des années 2000.

Un était entraîneur puis directeur de la haute performance, l’autre coureur de demi-fond.

«Il était bon en athlétisme, il est encore meilleur en cyclisme (...) C’était quelqu’un d’agréable à avoir dans un programme. C’était un très bon leader.»

Woods se trouvait parmi les meilleurs juniors au monde à l’époque en athlétisme. Mais une série de blessures l’ont forcé à délaisser ce sport.

«La réalité dans son cas, c’est qu’il était fragile. Ça brisait le coeur parce qu’il avait un grand talent», se rappelle Goulet, maintenant directeur général de Water-Polo Canada.

«Je suis tellement content qu’il a pu trouver sa voie en cyclisme, qu’il puisse exprimer son talent et sa passion pour le sport. Même si je n’ai pas eu la chance de le voir récemment, je continue à le suivre.»

Sa place dans l’histoire

Randy Ferguson, lui, a été un témoin privilégié de la récente victoire de Woods. Le Montréalais assure la description en ligne de la Vuelta sur le site FloBikes.

«C’était passé si proche pour Mike dimanche», souligne-t-il.

Michael Woods avait terminé au deuxième rang, dimanche

À ses yeux, Woods doit être déjà considéré parmi les meilleurs de l’histoire du cyclisme canadien. «C’était sa deuxième victoire dans un grand Tour. Il a déjà une médaille de bronze aux championnats du monde. S’il n’avait pas eu de crampes, il aurait pu battre Valverde et Bardet à ces championnats», note Ferguson.

«Il a fait un Top-3 à la Flèche wallonne. Il s’est manifesté sur de grandes classiques. Il fait partie de la brochette des grands en ce moment.»

Le descripteur, qui était aussi l’annonceur maison au Grand Prix cycliste de Gatineau, a vanté les capacités physiques du cycliste de l’Outaouais. «Mais il est aussi devenu un grand tacticien. Une facette qu’il a acquise au fil des ans, note Randy Ferguson.

«Quand Mike a commencé, il se retrouvait dans des situations de course où il avait le potentiel de gagner. Mais malheureusement, il faisait un move d’amateur et tombait. On en rigolait avec lui. Mais ce n’est plus le cas maintenant.»

Woods l’a démontré mardi en attaquant aux moments opportuns. «Comme un fin stratège», précise Ferguson.