Un tournoi - probablement à huis clos - sera présenté à l'ESPN Wide World of Sports d'Orlando, en Floride.
Un tournoi - probablement à huis clos - sera présenté à l'ESPN Wide World of Sports d'Orlando, en Floride.

La MLS conclut une entente de principe avec l'Association des joueurs

Après des discussions «assez difficiles» de l’avis même du commissaire Don Garber, la Major League Soccer a annoncé avoir conclu une entente de principe avec l’Association des joueurs concernant la ratification d’une nouvelle convention collective qui arrivera à échéance après la saison 2025.

L’Association des joueurs (AJMLS) a confirmé l’information sur son compte Twitter officiel, mercredi matin. Garber a ensuite offert quelques détails de la nouvelle convention collective, lors d’une conférence sur la plateforme virtuelle ‘Zoom’.

«Les derniers mois ont été difficiles, de toute évidence, et les négociations l’ont été également. Et cette fois-ci n’a pas été différente. En fait, ç’a été encore plus difficile, mais heureusement nous sommes parvenus à nous entendre. Nous pourrons donc retourner au travail et offrir notre produit aux amateurs de soccer», a déclaré Garber, en rappelant que la MLS prévoit des pertes de 1 milliard $US en raison de la pandémie cette saison.

Cette annonce a ainsi mis un terme à la menace de lock-out brandie par Garber la semaine dernière si jamais les joueurs refusaient d’en arriver à une entente.

Mardi, pour une deuxième journée de suite, les joueurs de l’Impact de Montréal, du Toronto FC et des Whitecaps de Vancouver n’ont pas participé aux entraînements, alors que la MLS et l’AJMLS étaient dans une impasse.

Les joueurs de «nombreux marchés» ne se sont pas rendus à leur centre d’entraînement lundi. Le scénario semble s’être répété mardi, incluant dans les trois marchés canadiens. Bien que les entraînements soient optionnels, les joueurs y avaient participé de manière régulière avant lundi.

Le commissaire Garber a indiqué que la ligue avait notamment obtenu une rationalisation du salaire des joueurs de l’ordre de 5 % pour 2020 - «une baisse bien inférieure à celle que nous recherchions», a-t-il admis -, ainsi qu’un partage des revenus des droits de télédiffusion entre la ligue et l’AJMLS qui sera de 25 % jusqu’en 2022, avant de chuter à 12,5 % en 2023, et de retourner à 25 % pour 2024 et 2025.

«Nous n’avons disputé que deux matchs jusqu’ici cette saison, et le mot-clé, ici, est ‘incertitude’, a-t-il confié. Car nous ignorons toujours à quel moment nous retournerons au jeu, combien de matchs nous présenterons, et que pourrons-nous offrir à nos partenaires commerciaux? Il fallait donc pouvoir offrir un nombre minimum de matchs, un cadre certain pour nos partenaires et nos partisans.»

Tournoi à Orlando

C’est dans ce contexte que Garber a annoncé qu’un tournoi - probablement à huis clos - sera présenté à l’ESPN Wide World of Sports d’Orlando, en Floride. Le principal intéressé a cependant refusé d’entrer dans les détails, pour l’instant. Des rumeurs selon lesquelles les joueurs se rapporteraient à Orlando le 24 juin et le tournoi se mettrait en branle le 1er juillet ont toutefois circulé ces derniers jours.

«Il faut que vous sachiez que notre plan est deux fois plus modeste que celui que nous avions bâti initialement - et par le fait même les revenus que nous pourrons en tirer seront moindres. Il est cependant satisfaisant pour la ligue et l’AJMLS», a-t-il dit, avant de préciser que la ligue avait mis cinq à six semaines à le développer.

«Les gens risquent d’être impressionnés par la qualité du produit que nous offrirons (à Orlando). Il y aura plus de caméras que lors des matchs traditionnels diffusés sur les chaînes ESPN et Fox, et la technologie sera mise à l’avant-scène. Ça demandera des investissements énormes, et des concessions énormes des joueurs, puisqu’ils seront confinés loin de leur résidence pour un maximum de 35 jours, le temps du tournoi.

«Ce n’est pas une tâche facile. Mais elle ne le sera pas non plus pour la LNH ou la NBA, qui songent aussi à ce type de format de compétition. Mais c’était devenu une nécessité (pour la MLS)», a-t-il conclu.

Quant à savoir si les joueurs seront tous tenus d’y participer, Garber n’a pas voulu mettre trop d’huile sur le feu.

«Nous discuterons avec les joueurs qui ont des obligations spéciales - comme la garderie ou l’école pour leurs enfants - ou encore des motifs médicaux particuliers, en lien avec leur présence à Orlando, mais sinon, comme nous l’avons convenu avec l’AJMLS, les joueurs devront tous se rendre à Orlando», a-t-il martelé.

Le commissaire n’a toutefois pu préciser ce qui se produira après le tournoi, à savoir à quel moment les équipes pourront retrouver leur domicile respectif. Tout dépendra de la vitesse du déconfinement de chacun des marchés de la MLS.

La saison est suspendue depuis le 12 mars en raison de la pandémie de la COVID-19.

En février, la ligue et l’AJMLS avaient convenu d’une entente de principe sur une nouvelle convention collective de cinq saisons à partir de 2020. Mais, en raison de la pandémie mondiale, l’entente n’a jamais obtenu l’approbation officielle du conseil d’administration de la MLS et des membres de l’AJMLS. C’est maintenant chose faite.

+

POUR EVAN BUSH, LES DERNIÈRES NÉGOS LAISSERONT DES TRACES

Le gardien de l’Impact de Montréal est le représentant syndical de son équipe.

Selon Evan Bush, si les joueurs sont heureux de reprendre le chemin des terrains, les dernières négociations avec la Major League Soccer laisseront des traces.

Le gardien de l’Impact de Montréal - et son représentant syndical - a commenté la relance des activités de la MLS par vidéoconférence, mardi. Le circuit du commissaire Don Garber a annoncé plus tôt en journée le retour au jeu par un tournoi de type Coupe du monde, à Orlando, suivi d’une possible saison écourtée.

Le tout assorti à la signature d’une nouvelle convention collective valide jusqu’à la fin du calendrier 2025.

«Le tournoi d’Orlando était un point important, a noté Bush. Les joueurs étaient excités de revenir au jeu, mais aussi nerveux de se rendre en Floride, pour plusieurs raisons. Ça a animé plusieurs de nos discussions des six à huit dernières semaines. Nous aurions aimé reprendre les matchs dans nos marchés, mais ça n’était pas possible présentement. Nous avons accepté le tournoi d’Orlando.»

Ce n’est pas ce tournoi qui chatouille les joueurs, mais plutôt la réponse de Garber à la proposition faite par les joueurs, dimanche.

«Dimanche, quand nous avons envoyé notre proposition à la ligue, nous croyions qu’en moins de 24 heures, ce serait réglé, a expliqué Bush. Malheureusement, le commissaire, agissant selon son propre jugement, a cru bon envoyer une autre proposition, qui contenait un langage différent, notamment sur les cas de force majeure. Ça aurait été impossible pour les joueurs d’accepter cela.

«De menacer ensuite les joueurs de lock-out, c’était du jamais vu pour notre syndicat. Ça a mené à du ressentiment chez certains joueurs. Nous avons reçu cette proposition à 22h dimanche. Des joueurs devaient se rendre à des séances d’entraînement à 8h le lundi. À travers la ligue, tous les joueurs ont décidé de ne pas se présenter. C’est montrer à quel point les joueurs ont été choqués par cette proposition.

«C’est devenu très émotif. J’en ai eu du mal à dormir, puisque j’étais directement impliqué dans toutes les discussions, a poursuivi Bush. Mais le message envoyé lundi a été bien compris aux bureaux de la ligue et sa réponse a été en conséquence. Nous ne claironnons pas aujourd’hui, car ce n’est pas une victoire. C’est une situation finalement résolue qui permet aux deux parties de s’en sortir avec des pertes minimales. Ni les joueurs ni la ligue ne sont heureux de la façon dont les choses se sont passées.»

Travailler de concert

De ce qu’on comprend, c’est que la déception a été d’autant plus vive que les joueurs savaient qu’ils allaient devoir travailler de concert avec la MLS pour passer au travers cette situation à la fois difficile, mais imprévisible.

«Je crois que de la façon dont les choses se sont passées, de ne pas avoir signé la convention collective avant le confinement, nous a mis dans une position précaire, nous obligeant à retourner à la table de négociations.

«Cela étant dit, dans une période comme celle-là, il était évident que nous allions devoir aider la ligue d’une certaine façon, convention signée ou non. La ligue perd beaucoup d’argent, comme plusieurs clubs. Nous en étions conscients.

«Je crois que les joueurs sont aussi satisfaits qu’ils le peuvent (de cette entente) en vertu des circonstances actuelles. La réaction du commissaire Garber a par contre laissé un goût amer au groupe. (...) Au final, nous avons convenu d’une entente qui protège les deux côtés. Les joueurs jusqu’à la fin de la saison et la ligue en limitant les pertes de revenus.»