Le centre de curling de Chelsea a été construit au coût de 3,65 millions $. Son avenir est menacé.
Le centre de curling de Chelsea a été construit au coût de 3,65 millions $. Son avenir est menacé.

La COVID-19 fait souffrir un club de curling de l’Outaouais

L’avenir du nouveau centre de curling de Chelsea inquiète, moins de deux ans après son ouverture.

Tout ça en raison de la pandémie de la COVID-19, qui a forcé la fermeture des glaces.

«Nous sommes dans une situation très précaire financièrement.... Nous sommes sur la corde raide, confirme le président du club de curling des Collines, Richard Gervais, au Droit.

«Nous sommes fermés depuis le 14 mars. Il y a un grand manque à gagner. Nous avons zéro revenu, mais un paquet de factures continue de rentrer. Nous n’avons pas beaucoup de sous en banque puisque nous sommes un nouveau centre. Nous avons une hypothèque que nous devons continuer à rembourser, contrairement aux autres centres de curling qui sont plus vieux et déjà payés. Et nous n’avons pas accès aux différents programmes d’aide du gouvernement à titre d’organisation à but non lucratif. Nous tombons dans les craques.»

Le club des Collines devait accueillir à la mi-avril le championnat provincial Colts. Un tournoi destiné aux joueurs possédant cinq ans d’expérience ou moins en curling.

«C’est une trentaine d’équipe de tous les coins du Québec qui devait venir chez nous. Ça représentait des revenus importants, surtout au bar. Les profits devaient servir pour payer nos dépenses.»

Puis le club n’a pas encore procédé au renouvellement de ses abonnements saisonniers en vue de la saison 2020-2021. Un processus qui sera finalement enclenché au début du mois de juin.

«On ne sait pas où on s’en va. On n’osait pas demander jusqu’ici des sous à nos membres tant que nous n’aurions pas de directives de la santé publique, explique M. Gervais.

«On ne sait pas à quoi va ressembler la prochaine saison, si nous pouvons ouvrir et faire assez de sous. Sans avoir une boule de cristal, on peut s’attendre à des changements, surtout quand on sait que le curling est le seul sport au monde que tu t’assis après une partie pour prendre un verre avec l’équipe adverse. Ça sera impossible maintenant d’avoir huit personnes autour d’une même table et respecter une distance de deux mètres.»

Les dirigeants du club ont déjà pu s’entendre avec Hydro Québec afin d’obtenir un allégement pendant deux mois cet été. Ils pourraient devoir s’asseoir bientôt avec leurs prêteurs pour renégocier, si possible, leur entente actuelle.

«Nous sommes absolument inquiets», répète Richard Gervais.

Le centre de curling de Chelsea a été construit au coût de 3,65 millions $. Le projet mijotait depuis 2011.

L’endroit comprend quatre surfaces glacées. Il s’agit du cinquième club en Outaouais après ceux de Buckingham, Thurso, Shawville et Maniwaki.

Le club de curling de Hull a fermé ses portes en 1972 tandis que le centre Tecumseh de Gatineau a été rasé par les flammes en 1987.

«Nous étions excités avant que tout s’arrête. Tout allait bien pour nous, rappelle M. Gervais.

«Nous en étions à notre deuxième saison. Le nombre de membres réguliers avait augmenté à 515. Nous avions 825 joueurs qui venaient chez nous par semaine.»