Avec le temps chaud qui effectue un retour inattendu en Outaouais, le tapis blanc fera place à de nombreux golfeurs sur les verts et allées lors des prochains jours.
Avec le temps chaud qui effectue un retour inattendu en Outaouais, le tapis blanc fera place à de nombreux golfeurs sur les verts et allées lors des prochains jours.

La chaleur revient en force, les golfeurs aussi

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Bâtons et balles avaient été remisés à l’arrivée du froid et de la neige dans la dernière semaine. Des clubs avaient même fermé leurs verts et allées pour le reste de l’année.

Tous ces gens croyaient la saison de golf terminée en Outaouais. Ils se sont trompés.

Un retour inattendu de chaudes températures au cours des sept prochains jours change la donne. Le mercure devrait même atteindre le cap des 18°C dimanche, lundi et mardi prochains.

Résultat, de nombreux clubs des deux côtés de la rivière se préparent à être assaillis de golfeurs affamés pour une dernière ronde avant la fin de 2020.

«Oh mon doux! Quand nous avons pris les réservations pour les temps de départ en vue des prochains jours, cela a pris une heure ou deux pour tout remplir. Même avoir eu 36 trous, j’aurais quand même manqué de place», affirme Luc De Celles, qui est directeur général et propriétaire du Kingsway, dans le secteur Aylmer.

«Nous sommes aussi pas mal remplis jusqu’à mardi, lance pour sa part Pierre-Hugues Fortin, dont le groupe possède trois terrains dans la région, dont le Tecumseh à Gatineau.

Pierre-Hugues Fortin

«Habituellement à ce temps-ci de l’année, si tu es encore ouvert, tu as juste quelques golfeurs sur le terrain. Ce n’est rien de spectaculaire.»

Mais vendredi et samedi, Fortin attend 350 joueurs sur le parcours du club Manderley d’Ottawa, qui compte 27 trous. «Malgré le fait que le soleil se couche maintenant plus tôt», précise l’ancien golfeur devenu homme d’affaires.

Plus loin aux limites de Gatineau, on s’activait mercredi à préparer le terrain du Sorcier.

Guy Beaulieu et son équipe croyaient avoir accueilli ses derniers joueurs de la saison, le 25 octobre dernier. Ils avaient même pris la décision de fermer l’endroit afin d’effectuer quelques travaux avant l’arrivée de l’hiver.

«En 30 ans de carrière, je n’ai pas vu ça souvent des températures de la sorte en novembre. Nous avons finalement choisi de rouvrir», raconte Beaulieu.

«Il n’y a déjà plus de temps de départ disponible. Les gens sont un peu frustrés quand ils appellent, mais nous ne pouvons pas les laisser partir après une certaine heure. Je n’ai jamais vu un tel engouement.»

Pas que ces opérateurs vont se plaindre de recevoir un tel cadeau à quelques semaines de Noël. La saison avait commencé sur le tard, à la fin mai, en raison des mesures sanitaires en place au début de la pandémie.

«Chaque belle journée en ce moment représente beaucoup de sous, note Pierre-Hugues Fortin.

«Ça va nous permettre de récupérer un peu ce que nous n’avons pas eu en début de saison», ajoute pour sa part Luc De Celles.

Tout le monde s’entend que l’année 2020 aura quand même été «très bonne» au chapitre du nombre de rondes disputées. Des records ont été battus à plusieurs endroits.

«Je n’ai jamais vu autant de nouveaux joueurs. Ce que j’ai surtout trouvé extraordinaire, c’est le nombre de conjoints et conjointes qui ont décidé de jouer ensemble. Il y avait beaucoup plus de couples qu’auparavant», souligne le grand patron du club Kingsway.

Au Sorcier, on a noté une plus grande participation féminine. La clientèle s’est aussi rajeunie.

«Beaucoup plus de gens dans la vingtaine et trentaine», fait remarquer Guy Beaulieu.

Une fois l’hiver installé, les clubs à travers le pays se retrouveront avec un autre défi important. Comment retenir cette clientèle en 2021?

«Les gens de tous les âges ont pris goût au golf cette année. Ils n’avaient pas de voyage ou de séjours en chalet. Ils avaient un peu plus d’argent à consacrer pour leurs loisirs et les choix étaient limités, rappelle Fortin. C’est sûr qu’il faut garder ces gens et avoir des programmes pour eux.»

Le mot de la fin revient à Guy Beaulieu, qui a déjà un oeil bien rivé sur la saison prochaine.

«Nous nous préparons déjà avec l’idée que nous serons encore en temps de pandémie et qu’il faudra continuer les pratiques exemplaires de santé publique. Tout s’est bien passé cette année. Tout le monde était bien discipliné.»