Mikaël Kingsbury a terminé cinquième à la Coupe du monde de ski acrobatique de Lake Placid, signant son pire résultat depuis une sixième place sur le même parcours deux ans plus tard.

Kingsbury mise sur les petits détails

MONT-TREMBLANT — Quinze minutes. C’est tout ce qu’il a fallu à Mikaël Kingsbury pour tourner la page sur sa pire performance en deux ans, la semaine dernière.

Kingsbury a terminé cinquième à la Coupe du monde de ski acrobatique de Lake Placid, signant ainsi son pire résultat depuis une sixième place le 13 janvier 2017 à... Lake Placid. Tout s’est joué dès le premier saut en super-finale.

« Évidemment, il était fâché de ne pas avoir été sur le podium — c’est quand même rare —, mais ça lui arrive souvent sur les pistes faciles, a évoqué son entraîneur, Michel Hamelin. D’après nos conversations, il a commis cette erreur parce que la section du haut était si facile qu’il n’y pensait même pas. Il s’est projeté vers l’avant. Je lui ai donc dit d’être plus vigilant, sur les petits détails, même si ça fait plusieurs courses de suite que tu gagnes. »

En conférence de presse jeudi, le principal intéressé a assuré qu’il avait tourné la page sur cet accident de parcours — même si on sent qu’il l’a encore sur le cœur.

« Ça m’a pris une quinzaine de minutes à décompresser, a-t-il admis. Je dominais tellement cette journée-là — j’avais une avance de cinq ou six points en finale —, donc oui, ç’a été décevant. Je savais que j’étais le meilleur skieur en piste.

«C’est comme si j’avais mené un marathon pendant 41 km et que dans les derniers 500 m je m’étais accroché, permettant à quelqu’un qui était loin derrière moi de l’emporter, a-t-il imagé. C’est dommage, mais je dois apprendre de ça.»

Le Québécois compte rebondir devant sa famille et ses amis ce week-end à la Coupe du monde de ski acrobatique de Mont-Tremblant. Il aura donc une source de motivation supplémentaire, qui s’est ajoutée à celle qu’il avait déjà.

Le bosseur de Deux-Montagnes tentera en effet ce week-end de venger sa deuxième place acquise l’an dernier à Mont-Tremblant, derrière le Japonais Ikuma Horishima. Ce résultat avait du même coup mis un terme à sa séquence record de 13 victoires en Coupe du monde.

Le champion olympique, qui est âgé de 26 ans, convoitera sa quatrième victoire en cinq courses cette saison ainsi que sa 54e victoire individuelle en carrière sur le circuit de la Coupe du monde — un autre record qui lui appartient —, à son 96e départ seulement.

La piste québécoise de 230 m constituera cependant un défi particulier, puisqu’elle n’est pas reconnue comme étant l’une des plus difficiles du calendrier, notamment en raison de sa faible inclinaison.

«C’est sûr que les meilleurs d’entre nous pouvons toujours nous démarquer, mais ce sera plus difficile parce que la piste est plus facile, a-t-il dit. Je vais bien m’appliquer ce week-end et essayer d’offrir mon meilleur ski possible. Je sais que si je me concentre sur moi-même, alors j’aurai de bonnes chances d’aller chercher la victoire.»

Il devra toutefois se méfier du Français Benjamin Cavet, vainqueur la semaine dernière à Lake Placid. Cavet est deuxième au classement général avec 493 points, loin derrière Kingsbury (915). Le Kazakh Dmitriy Reikherd est troisième avec 464 points.

Une imposante cohorte de bosseurs canadiens participeront à également à cette compétition, dont les Québécois Philippe Marquis, Laurent Dumais, Simon Lemieux, Elliot Vaillancourt et Gabriel Dufresne.