Le bosseur Mikaël Kingsbury

Kingsbury aura Kissling dans la mire, alors qu’il visera un 10e globe en 2021

Le bosseur Mikaël Kingsbury a déjà réécrit pratiquement l’ensemble du livre des records en ski acrobatique. Mais qu’à cela ne tienne, il en a un autre dans sa mire la saison prochaine.

Kingsbury, qui a récemment acquis un neuvième globe de cristal consécutif en Coupe du monde de ski acrobatique, tentera de rejoindre la détentrice du record la saison prochaine. La Suissesse Conny Kissling avait dominé son sport et acquis 10 globes de suite entre les saisons 1983 et 1992. Un exploit qui motive Kingsbury.

«Je suis un gars qui carbure aux objectifs qui sont difficiles. Et ça me garde motivé, surtout quand ça me tente un peu moins de m’entraîner. Je suis à neuf en ligne, et c’est toujours mieux un chiffre rond. C’est toujours motivant quand tu as quelqu’un devant toi, que tu dois dépasser», a-t-il déclaré en entretien téléphonique avec La Presse canadienne.

«Quand tu es au sommet, et que tu as du monde qui pousse à l’arrière, et bien tu dois trouver des manières de te surpasser. Et c’est le genre de chose qui va m’aider à me dépasser durant l’été, en préparation des Coupes du monde. (...) C’est certain que je vais avoir une photo (de Kissling), avec laquelle je vais jouer aux dards» a-t-il ajouté, à la blague.

Mikaël Kingsbury, qui a récemment acquis un neuvième globe de cristal consécutif en Coupe du monde de ski acrobatique, tentera de rejoindre en 2021 la détentrice du record, Conny Kissling. 

Le bosseur de Deux-Montagnes vient de connaître une autre saison de rêve sur le circuit masculin; il a signé sept victoires et terminé deuxième en trois occasions en 10 courses. D’ailleurs, seule la Française Perrine Laffont a mieux fait que lui cette saison en termes de victoires, avec huit - «mais elle a fait moins de points que moi», rectifie-t-il promptement.

Le médaillé d’or aux Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018 dresse tout de même un bilan positif de la dernière campagne.

«Je suis vraiment content, parce que je m’étais fixé des objectifs très élevés, a-t-il mentionné. La saison devait compter 14 épreuves, donc je voulais obtenir au moins 10 victoires, et je voulais essayer mon saut 1440 au moins une fois - et je l’ai fait à Shymbulak, au Kazakhstan, sur une piste plutôt broche à foin. J’ai fini avec sept victoires en 10 courses, mais je suis satisfait.

«J’ai tellement bien skié que j’ai l’impression que si (le Japonais) Ikuma Horishima n’avait pas été là, j’aurais eu une saison parfaite», a-t-il renchéri.

Kingsbury s’est notamment dit fier de la manière dont il a réagi face aux nombreux imprévus qui ont affecté la saison en bosses; notamment le décès de Brayden Kuroda, un athlète de l’équipe canadienne NextGen de bosses décédé subitement à l’âge de 19 ans, les annulations de dernière minute - comme à Idre Fjall, en Suède, la semaine dernière - et les pistes plus ou moins bien préparées pour certaines épreuves.

L’athlète de 27 ans a aussi indiqué qu’il travaillera au cours des prochains mois sur certains aspects précis afin de poursuivre sa progression - y a-t-il une limite pour lui? - la saison prochaine, et rejoindre Kissling.

«Je viens de me commander des skis plus longs. Vous savez, quand les skis sont plus longs, tu as moins besoin d’être patient avant d’effectuer des virages, a dit le ‘King des bosses’. Je vais donc travailler avec eux, et tranquillement revenir à mon ski de compétition, pour développer certains ‘feelings’, peaufiner ma décélération à l’approche d’un saut, pour avoir un meilleur équilibre, et être plus stable avec le haut de mon corps. Je veux aussi travailler mes sauts, comme à l’habitude.»

Mais d’ici là, il s’est lui-même confiné chez lui à Montréal pour 14 jours en compagnie de sa compagne puisqu’il revient tout juste de Suède, en accord avec les recommandations du gouvernement pour lutter contre la pandémie de la COVID-19.

«Oui, mes parents viennent même me porter mon épicerie à ma porte, afin d’éviter que je sorte et que je risque de contaminer quelqu’un. Je tiens vraiment à respecter les directives du gouvernement», a-t-il assuré.

Kingsbury voit d’ailleurs d’un bon oeil cette période de repos forcé, puisqu’elle lui permet de soigner «quelques petits bobos» après une saison éreintante.

«J’ai mal à une épaule, à une hanche et au bas du dos; ce sont des petites affaires normales de fin de saison, a-t-il évoqué. Je ne dirais pas que c’est un bon ‘timing’ pour moi - ce n’est jamais un bon ‘timing’ pour une pandémie -, mais ça va me permettre de me reposer et de revenir à 100 pour cent.»