La skieuse de fond de l’Outaouais, Katherine Stewart-Jones
La skieuse de fond de l’Outaouais, Katherine Stewart-Jones

Katherine Stewart-Jones: une inspiration pour une nouvelle génération de skieuses

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Son image sert depuis quelques semaines afin de lutter contre le décrochage sportif des femmes et des filles au pays.

Katherine Stewart-Jones l’ignorait. La skieuse de fond de l’Outaouais l’a découvert par hasard lundi en cliquant sur un lien diffusé par sa fédération nationale, Nordiq Canada, sur les médias sociaux.

On voit la femme de 25 ans se donner à fond durant une épreuve de la Coupe du monde à Östersund, en Suède. On peut lire: «Elle a tout! Détermination, endurance. Il ne lui manque qu’une entraîneure de ski de fond.»

Il s’agit d’une campagne de sensibilisation de l’organisme national «Femmes et Sport au Canada».

Le but? Démontrer que même si les femmes et les filles ont tout pour connaître du succès dans le sport, dont le talent, la volonté et la détermination, elles doivent tout de même surmonter des obstacles auxquels les hommes n’ont pas l’habitude d’être confrontés.

«Ça me semble une bonne initiative», affirme Stewart-Jones, qui compte déjà 33 départs en carrière en Coupe du monde.

Cette dernière a prêté son nom et son visage à diverses causes pour la promotion du sport féminin au fil des ans. Elle a organisé notamment des ateliers de la série «Rapides et Radieuses» à Cantley.

Différentes athlètes ont été choisies ici et là par Femmes et Sport au Canada dans ses publicités.

La campagne a été lancée le 11 octobre, Journée internationale de la fille. On y souligne que les obstacles dont font face les femmes «ne sont pas attribuables à des individus en particulier».

«Ils existent parce que le système sportif canadien actuel a été bâti par et pour les hommes, explique Femmes et Sport au Canada sur son site web. Ces obstacles sont accentués pour les filles qui sont victimes de discriminations supplémentaires en raison de leur ethnicité, de leur capacité, de leur statut socioéconomique, de leur sexe ou de leur orientation sexuelle.»

Stewart-Jones se dit «quand même chanceuse» à ce chapitre. «C’est moins un problème en ski de fond, même si je n’ai pas de chiffres pour prouver tout ça», dit-elle.

«Par exemple, quand tu gagnes en Coupe du monde, tu reçois le même montant d’argent, que tu sois une femme ou un homme. Ce n’est pas le cas dans d’autres sports.»

Parlez-en notamment aux cyclistes. Les femmes touchent une fraction des bourses que les hommes. Une situation qui a été déplorée par quelques gros noms du WorldTour masculin cet été, dont Michael Woods, qui réclament l’équité entre les deux sexes.

Katherine Stewart-Jones avoue qu’il y a peu de femmes qui sont entraîneuses en ski de fond. Même chose au sein des équipes de soutien. Par exemple, peu de femmes s’occupent du fartage.

«Quand tu vas dans les camions pour le fartage, tu retrouves presque des hommes. C’est plus dur pour une femme de s’intégrer dans cette culture. Ça peut-être intimidant quand il y a beaucoup d’hommes. Je te dirais qu’il peut y avoir de l’amélioration de ce côté.»

La Norvège l’attend... peut-être

La skieuse du club Nakkertok se trouvait à Canmore, en Alberta, au moment de l’entrevue. Elle se prépare en vue de la nouvelle saison de la Coupe du monde qui doit commencer à la fin novembre en Finlande.

Stewart-Jones et ses coéquipières ne participeront pas au premier week-end de courses. Elles rejoindront le circuit pour les trois étapes suivantes en décembre en Norvège, Suisse et Allemagne.

«Reste à voir si on va partir. Il y a une possibilité qu’une fin de semaine de courses soit annulée, rappelle-t-elle.

«J’essaie de rester positive. Je continue à m’entraîner. J’essaie de ne pas laisser tout ça causer du stress.»

Son plus grand souhait? Que les championnats du monde se déroulent bel et bien à la fin de la saison en Allemagne.

«Ça doit se passer en mars. Ça nous laisse pas mal de temps. Je garde espoir que cela aura lieu.»

La nouvelle saison marque le troisième de quatre hivers du présent cycle olympique menant aux Jeux de 2022, à Pékin. Les résultats commenceront à avoir un impact sur les sélections de diverses équipes nationales.

«J’essaie de ne pas penser à ça», affirme Katherine Stewart-Jones, qui cible une présence régulière dans les 30 meilleures skieuses en Coupe du monde.

«Aux championnats du monde, je vise une place dans le top-15», ajoute-t-elle.