Bradley Klahn a été sacré champion à deux reprises, lors de la cinquième édition du Challenger Banque Nationale de Gatineau.

Juillet, le mois de Klahn

Quand il a passé deux années presque complètes sur la touche, à vivre avec de sérieux problèmes de dos, Bradley Klahn est passé bien près de tout laisser tomber.

« Souvent, je voulais abandonner. J’étais prêt à le faire. J’avais prévenu ma famille que c’était mon intention. Il y avait juste une petite partie de moi qui persistait à croire que j’avais encore un petit quelque chose à donner... »

Par amour pour le tennis, le gaucher originaire de la Californie a choisi de s’accrocher.

Il ne regrettait certainement pas sa décision, ce week-end. Il a été sacré champion à deux reprises, lors de la cinquième édition du Challenger Banque Nationale de Gatineau.

Il a d’abord gagné le double masculin en compagnie de son compatriote Robert Galloway, samedi.

Dimanche après-midi, quand la pluie a finalement cessé, il est retourné sur le court central du parc de l’Île pour affronter le favori de la foule, le jeune Français Ugo Humbert.

Grâce à son service, Klahn a remporté ce duel de gaucher en deux manches de 6-3 et 7-6.

« Je dois d’abord féliciter Ugo. Je l’ai affronté il y a quelques mois. Il a vraiment progressé. C’est impressionnant », a dit Klahn, au sujet du finaliste qui a éliminé plusieurs Canadiens durant la dernière semaine.

Klahn était surtout fier d’avoir pu dominer cette jeune étoile montante.

« Je pensais à des victoires comme celle-là quand je persévérais durant mes deux années plus difficiles », confie-t-il.

Le dos de Klahn a commencé à lui poser des problèmes en 2015.

Tout allait plutôt bien pour lui, auparavant. Il avait même atteint un sommet personnel, durant la saison 2014, en se hissant jusqu’au 63e rang mondial.

Son retour à la vie normale d’athlète, début 2017, n’a pas été couronné de succès. « Je devais me réhabituer à vivre la vie de tournée. Le Tour professionnel est en constante évolution. »

Il devait aussi ré-apprendre à faire confiance à son corps.

Il sent, enfin, que ça s’en vient. Avant de traverser en Amérique du nord, il a connu un intéressant parcours sur gazon, en Europe. Il a pu atteindre le deuxième tour du tableau principal, à Wimbledon, après avoir fait son chemin à travers les qualifications.

Il a fallu qu’une très grosse pointure — Kyle Edmund, 16e raquette mondiale — s’interpose pour freiner son élan au All England Lawn Tennis and Croquet Club.

« À Wimbledon, j’ai surtout subi un gros test physique. J’ai recommencé à jouer des matches de cinq sets. Quand mon parcours a pris fin, là-bas, je me sentais toujours en grande forme. »

Cette expérience positive lui a donné le goût de tenter sa chance en simple ainsi qu’en double à Gatineau.

« La décision de jouer en double m’a beaucoup aidé. Ça m’a permis de jouer quelques matches supplémentaires, durant des journées où j’aurais pu me retrouver en congé. J’ai donc pu conserver une attitude compétitive », dit celui qui empochera 10 800 $ US et qui encaissera 80 points pour sa victoire en simple.

Il occupait le 143e rang mondial au début de la semaine dernière.

« Il me reste beaucoup de temps, répond l’athlète qui est âgé de 27 ans. Je crois que je suis capable d’atteindre de nouveaux sommets au classement mondial. Je veux surtout continuer à m’améliorer pour me donner une chance de compétitionner un peu partout sur la terre pendant plusieurs années, encore. »

Bilan positif
La météo, si belle tout au long de la semaine, a bien failli jouer des tours aux organisateurs du Challenger, dimanche.

La forte pluie qui s’abattait sur l’Outaouais, en début de journée, a repoussé de trois heures le début des finales individuelles. « Nous ne pouvons pas nous plaindre, réagit le co-président des Internationaux de tennis de Gatineau, Mathieu Toupin. Nous n’avons peut-être pas eu une aussi grosse foule que dans le passé pour notre dernière journée, mais nous avons eu du beau temps toute la semaine ! »