L’Ottavien Jonathan David célèbre un but compté avec l’aide d’Alphonso Davies en octobre dernier contre la Dominique à Toronto. L’attaquant de 18 ans a déjà trois buts avec le Canada.

Jonathan David parmi l’élite du soccer canadien

Un vent d’enthousiasme inégalé balaye l’équipe nationale masculine de soccer depuis la rentrée en poste de John Herdman au début de l’année 2018.

L’entraîneur anglais a fait sa renommée au sein du programme féminin où il a mené l’équipe canadienne à deux médailles de bronze aux Jeux olympiques de Londres et de Rio. En pleine phase de qualifications de la Ligue des Nations de la CONCACAF, le Canada vient de signer deux de ses victoires les plus décisives de son histoire avec des gains de 8-0 contre les Îles vierges américaines et de 5-0 contre la Dominique. Le troisième match sera présenté à St-Kitts-et-Nevins dimanche.

Le plus excitant dans tout ça, c’est que Herdman a eu la main heureuse en faisant confiance à une bande d’adolescents surdoués qui sont sur le point de mettre le Canada sur la carte du soccer mondial.

Alphonso Davies, nouveau millionnaire du Bayern de Munich à seulement 17 ans est le plus connu de tous, mais Ballou Tabla (FC Barcelone B) et Liam Millar (Liverpool) sont également munis de talents fous qui excitent les plus fervents partisans de l’équipe.

Le petit dernier à s’ajouter au groupe d’éventuelles super vedettes est un Franco-Ontarien d’Orléans. Âgé de 18 ans, Jonathan David a fait ses classes au Collège catholique Samuel-Genest avant de joindre le programme sport-études de soccer de l’école secondaire Louis-Riel.

Un record dès le départ

À son premier match avec l’équipe nationale senior, il a établi un record canadien en marquant deux fois dans la victoire contre les Îles vierges. Il a suivi avec un autre but contre la Dominique sur un jeu bien orchestré par Alphonso Davies. Après seulement deux matches internationaux, David revendique déjà cinq points.

«C’est un joueur agile à la confiance tranquille. Il est incroyablement efficace dans ses mouvements et il a une finition décisive. Ce n’est pas donné à tout le monde. C’est un jeune homme qui s’en va dans la bonne direction. Il joue dans un bon club dans une très bonne ligue en Belgique. Je le vois devenir un des meilleurs joueurs canadiens dans un avenir rapproché», a expliqué John Herdman au Droit avant le match contre la Dominique.

Né à New York, mais ayant grandi en Haïti avant de déménager à Ottawa à l’âge de six ans, Jonathan David était encore à Ottawa l’an dernier avant de signer un contrat avec le club de Gent (La Gantoise) en Belgique. Il avait même participé à deux entraînements avec le Fury, mais ce club n’était pas dans ses plans.

«Mon objectif, c’était de jouer chez les professionnels en Europe. Depuis que je suis jeune, ç’a toujours été le plan avec mon coach. Aller en Belgique, ça tombait bien. Je me retrouvais tout seul. Ils parlent français là-bas. Ça aide à ma transition», a dit l’unique joueur canadien à Gent.

L’ancien des Hornets de Gloucester et des Internationals d’Ottawa semble avoir un don pour les entrées fracassantes.

À son premier match de première division en Belgique, il a marqué un but. À son deuxième match, il a fait sa rentrée en relève, il a aussi trouvé le fond du filet. Après cinq matches, il avait déjà cinq buts. Le club n’a pas hésité. Il lui a fait signer un contrat jusqu’en 2022. À seulement 18 ans, il partage déjà la tête des compteurs de son club avec six buts (en 13 parties) même s’il a joué cinq ou six matches de moins que les autres.

Humblement, Jonathan David avoue être surpris par ses succès.

«J’ai toujours cru que j’étais capable de marquer des buts aux échelons supérieurs, mais je dois admettre que ça arrive plus vite que prévu. Je ne suis pas toujours un partant avec mon club en Belgique. Je suis content d’être entré dans le livre des records du Canada avec deux buts dès mon premier match, mais je suis surtout content de pouvoir représenter mon pays. On s’amuse encore plus quand on sait qu’on contribue aux succès du club.»