Jean Pascal, champion du monde de boxe. Non, nous ne sommes pas en 2010, mais bien en 2020.

Jean Pascal a fait mentir bien des observateurs avec ses succès en 2019

MONTRÉAL - Jean Pascal, champion du monde de boxe. Non, nous ne sommes pas en 2010, mais bien en 2020.

Levez la main ceux qui, à la même date l’an dernier, ont prédit que Pascal redeviendrait champion du monde et défendrait même son titre une fois en 2019. Effectivement, il y en avait bien peu pour faire ce genre de prédiction.

On ne peut toutefois pas blâmer qui que ce soit d’avoir balayé les chances du pugiliste âgé de 37 ans de redevenir le roi de la montagne après une défaite à sens unique subie aux mains de Dmitri Bivol en novembre 2018.

Dans ce combat pour le titre des mi-lourds de la World Boxing Association (WBA), la carte des juges était sans équivoque: deux fois 119-109 et une autre de 117-111, toutes en faveur du Russe.

«Ce combat m’avait redonné confiance, a indiqué Pascal au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne. Les gens ont dit que je me suis fait dominer, mais j’ai bien boxé. En plus, j’étais fiévreux le soir du combat. Je ne trouve pas que ce boxeur, qui est plus jeune que moi de 10 ans, m’a dominé dans ce combat. Ça m’a convaincu que j’avais encore du gaz dans le réservoir.»

La cote de Pascal (35-6-1, 20 K.-O.) n’a d’ailleurs pas semblé diminuer auprès des promoteurs et des boxeurs de la division après cette défaite. Le clan de Marcus Browne a défié le Québécois pour le titre intérimaire de la WBA, un combat où la ceinture d’argent du World Boxing Council (WBC) était aussi à l’enjeu. Comme il l’a fait tout au long de sa carrière, Pascal a accepté ce défi.

Le Québécois a défait Browne par décision technique, une coupure l’empêchant de poursuivre le combat au-delà du huitième round. Pascal menait alors par un point sur toutes les cartes des juges.

Quand le pugnace Badou Jack a voulu lui ravir son titre le 28 décembre dernier, à Atlanta, les deux se sont livré l’un des meilleurs combats de l’année, remporté par décision partagée par Pascal.

Après un très bon départ - il a envoyé son adversaire au tapis au quatrième round -, Pascal a vu Jack dominer la deuxième moitié du combat, envoyant même le Québécois au canevas au 12e.

«On savait qu’il fallait sortir en lion pour mettre des rounds en banque, car Jack débute ses combats lentement, a nuancé Pascal. Ça lui prend cinq ou six rounds avant d’ouvrir la machine. Il fallait tirer avantage de cela.

«Certains peuvent penser que j’ai eu une baisse de régime. Il faut plutôt donner le mérite à Badou Jack, qui a connu une bonne fin de combat. Il a gagné quelques rounds, et c’est certain que j’étais fatigué: c’est un combat de boxe. Je ne vois pas comment on peut parler de baisse de régime, car j’ai terminé en force. Quand la cloche a sonné au 12e, c’est moi qui lançais les coups.

«Et ce n’était pas une chute au plancher au 12e: oui, j’ai reçu deux ou trois bons coups de poing, mais j’ai glissé en lançant un crochet. J’y allais pour le coup de circuit, mais je suis passé dans le beurre. Je croyais avoir gagné le combat par trois ou quatre rounds, mais les juges ont dit deux. Je crois que c’est un résultat juste.»

Au grand dam des amateurs de boxe du Québec, Pascal n’est plus lié à un des promoteurs d’ici, si bien que quatre de ses cinq derniers combats ont eu lieu aux États-Unis. Et encore: celui présenté au Québec n’avait rien de sérieux, face au spécialiste des arts martiaux mixtes Steve Bossé. Compte-t-il effectuer sa prochaine défense dans la Belle Province?

«J’aimerais ça, mais il faut que la demande soit là. Il faut que les gens d’affaires et le public soutiennent mon événement: je dois amener des chiffres à la table de négociations pour montrer que la boxe va toujours bien au Québec. Mais j’aimerais bien effectuer un retour au Québec en 2020.»

Après leur combat, Jack a demandé une revanche. Browne estime quant à lui avoir droit à une deuxième chance en vertu de leur premier affrontement. Pascal n’a pas de préférence. Mais il défendra assurément son titre en 2020.

«Je voudrais faire deux ou trois combats, mais je prends cela un combat à la fois à ce point-ci de ma carrière, a-t-il dit. Je vais m’asseoir avec mon équipe pour identifier la meilleure option pour moi.»