Comme ce fut le cas en 2017, l’eau de la rivière des Outaouais n’a pas épargné les environs du parc Sanscartier.

Inondation du parc Sanscartier: les joueurs veulent un nouveau complexe

Les meilleurs joueurs de baseball de l’Outaouais sont au nombre des sinistrés du printemps de 2019. L’eau a encore une fois envahi le parc Sanscartier, ce qui complique sérieusement le début de saison des clubs d’élite régionaux.

Les Tyrans de Gatineau, qui débuteront ce week-end leur première saison au niveau junior élite, ont réussi à modifier leur calendrier. Ils joueront leurs huit premiers matches à l’extérieur, avant de rentrer à la maison le 5 juin.

Leurs petits frères qui évoluent au midget AAA ont temporairement transféré leurs activités au parc Allen, dans le secteur Aylmer.

Les joueurs d’élite sont des sinistrés, mais certainement pas des victimes.

Club de Baseball Outaouais, l’organisme qui coordonne le programme des Tyrans, rêve ouvertement du jour où il pourra quitter le parc Sanscartier.

Son président, Stéphane Pétronzio, parle ouvertement d’un projet de construction d’un nouveau centre d’excellence qu’on pourrait construire ailleurs, à Gatineau.

« Il n’y a plus d’avenir au parc Sanscartier », lance M. Pétronzio.

L’Association athlétique et sociale Hull Volant, qui s’occupait de baseball junior élite jusqu’à l’an dernier, a longtemps rêvé de construire un stade d’environ 500 sièges dans le secteur Pointe-Gatineau.

Ce projet est mort et enterré.

« Nous ne pourrons jamais convaincre quiconque d’investir un sou dans la construction de nouvelles infrastructures dans ce site. Il n’y aura jamais d’estrades permanentes là-bas », estime M. Pétronzio.

Enthousiaste, l’homme de baseball dit qu’un terrain a déjà été ciblé. Il parle d’un projet qui se réaliserait en plusieurs phases. Il aimerait voir des premiers terrains apparaître d’ici 2021.

Son groupe a déjà rencontré des fonctionnaires de la Ville de Gatineau pour leur faire part de leurs objectifs. Il s’agit cependant de contacts préliminaires.

Le conseiller municipal Martin Lajeunesse, qui préside la Commission des loisirs, des sports et de la vie communautaire ne savait rien de ce projet, avant d’être contacté par Le Droit.

« De notre côté, on ne dit jamais non aux bonnes idées », réagit l’élu.

« Il va certainement falloir se pencher sur la question du parc Sanscartier, qui est encore inondé. En 2017, il a fallu mettre beaucoup d’argent à cause des premières inondations. Cette année, c’est encore à évaluer. Nous aurons des consultations publiques, d’ici le début de l’été, sur nos infrastructures sportives. Il sera intéressant de rencontrer les gens du baseball pour entendre leurs idées. »

Un club professionnel ?

Club de Baseball Outaouais a des visées à long terme. Stéphane Pétronzio rêve d’un jour où un club de baseball professionnel des ligues mineures élirait domicile dans son complexe d’excellence.

Ce n’est pas pour demain.

« Une équipe pro à Gatineau, ça se peut », dit-il.

Ses deux principaux partenaires d’affaires, Phillippe Aumont et Sébastien Boucher, dirigent cet été les Champions d’Ottawa.

Le club indépendant de la Ligue Can-Am a bien failli disparaître au terme de la saison 2018. Son propriétaire, Miles Wolff, se donne une dernière chance de trouver des partenaires locaux, en 2019.

« Les Champions, on ne sait pas combien de temps ça va durer. Est-ce qu’on voudrait un club dans la Ligue Can-Am ? Dans l’American Association ? Est-ce qu’on pourrait avoir un club affilié ? Tout ce que je sais, c’est qu’on veut un jour présenter du baseball de plus haut niveau que le junior élite. »

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Les Tyrans parmi les trois meilleures équipes au Québec ?

Nouvelle identité. Nouveaux uniformes. Nouveaux propriétaires. Même entraîneur-chef ambitieux.

Le jeune Mathieu Joly a permis au Hull-Volant de Gatineau d’établir un record, l’été dernier, en remportant 21 matches en saison régulière.

De retour pour diriger les Tyrans, il est convaincu que son équipe a tout pour connaître encore plus de succès dans les prochains mois.

« L’année passée, j’ai dit dès le départ que je visais une place parmi les cinq meilleures équipes de notre ligue. Nous avons atteint cet objectif. Cette année, nous visons le top-3. Nous formons une meilleure équipe, ça ne fait aucun doute dans mon esprit , dit-il. Si nous ne parvenons pas à connaître autant de succès, quelqu’un aura mal fait sa job. »

Le club de baseball junior a subi une lourde perte. Manu Laflamme, qui a compilé une fiche de 8-2 en 2018, ne sera pas de retour.

Sans chercher bien loin, on lui a trouvé un remplaçant. Celui qui occupait le poste de receveur l’été dernier à Gatineau, Marcel-Maxime Lacasse,  a passé une partie de l’hiver à développer ses talents de lanceur au sein du programme de Western Texas College. Joly lui a donc réservé une place dans sa rotation de partants. 

« On pourrait être meilleurs que l’an dernier, sur la butte », croit Joly.

« Nous serons meilleurs au monticule, meilleurs au bâton, meilleurs en défensive. Il y aura des fights à toutes les positions. Les gars n’auront pas le choix de se battre, sinon, ils finiront sur le banc. »