Le gardien de l’Impact Clément Diop ne peut que regarder le ballon filer dans le but après que Jerry Bengtson, du CD Olimpia, eût donné les devants 1 à 0 aux siens en première demie du match aller du quart de finale de la Ligue des champions de la CONCACAF opposant les deux formations.

Impact: beaucoup de passes mais peu de buts face au CD Olimpia

L’Impact de Montréal s’est placé dans une position inconfortable dans son duel de quarts de finales de la Ligue des Champions de la Concacaf en subissant une défaite de 2-1 face au CD Olimpia mardi soir devant 20 243 spectateurs au Stade olympique.

Jerry Bengtson, le capitaine de la formation du Honduras, a été l’artisan de cette victoire en marquant le premier but des siens pendant le premier quart d’heure du match. Il a ajouté une aide sur le filet de Jorge Benguiche vers la fin de la première mi-temps.

Le seul but de l’Impact a été l’oeuvre de Saphir Taïder à la 47e minute de jeu sur un spectaculaire tir venu d’une distance de quelque 35 mètres. Son boulet de canon a complètement surpris le gardien Alex Güity.

Ce but a redonné vie au Stade et à la troupe de Thierry Henry, qui a multiplié les actions menaçantes profondément en zone rivale, notamment de la part d’Anthony Jackson-Hamel, venu remplacer Maximiliano Urruti à la 57e minute. L’Impact a notamment dirigé 16 tirs vers le filet adverse en deuxième demie, dont deux autres qui ont touché la cible, mais même six minutes de temps ajouté n’ont pas suffi.

Moment de controverse

La rencontre ne s’est pas déroulée sans un moment de controverse. Vers la 80e minute de jeu une tête de Jackson-Hamel, de la surface de réparation, a semblé toucher la main de Maylor Nunez. Malgré les protestations des joueurs et de Thierry Henry, les arbitres ont jugé que ce n’était pas le cas.

Après le match, aucun des deux entraîneurs n’a tenu à parler de ce jeu, pour des raisons différentes.

«J’étais trop loin pour bien voir ce qui s’est passé. Je vais devoir regarder le jeu à la télévision», a noté l’entraîneur-chef du CD Olimpia, Pedro Troglio.

«Je ne parle pas de l’arbitre», a déclaré Henry, sur un ton qui ne laissait aucune place à une seconde tentative.

Le match retour sera présenté mardi prochain au Honduras et Troglio sait que son équipe est en bonne posture. Mais pas au point de prendre l’Impact à la légère.

«C’est certain que ces deux buts à l’étranger nous placent dans une position confortable, mais nous savons que rien n’est encore joué. Ce sera un match difficile.»

Des passes... que des passes

Si le fabuliste Jean de la Fontaine avait été assis dans les gradins du Stade olympique, il aurait probablement rédigé la morale suivante après la première demie: «C’est bien de se passer le ballon, mais encore faudrait-il tirer au but».

Il aurait aussi pu reprendre l’une de ses plus célèbres: «Rien ne sert de courir, il faut partir à point».

Et dans les deux cas, ces maximes se seraient appliquées à la perfection à l’Impact.

«Encore une fois, un match se joue sur 90 minutes, pas sur 45, a lancé l’entraîneur-chef de l’Impact en conférence de presse.

«On a fait 45 bonnes minutes en deuxième mi-temps, mais on ne peut pas prendre les buts qu’on a pris, tout simplement, a ajouté Henry. C’est difficile de gagner un match de football quand on prend ce genre de buts. Des erreurs d’école. Sur le premier but, c’est une erreur d’école. Le deuxième but, c’est une erreur d’école.»

Pendant les 45 premières minutes du match, plus quatre autres pour compenser pour les arrêts de jeu, la formation montréalaise a gardé le ballon dans une proportion frôlant les 80 %, effectué 372 passes comparativement à 102 pour ses rivaux et les a complétées à une cadence de presque 90 %.

Le hic, c’est que toutes ces passes n’ont mené qu’à quatre tirs, dont aucun cadré et un seul un peu dangereux, de la part de Romell Quioto pendant les arrêts de jeu.

«Plein de fois en première mi-temps, on s’est retrouvé en position de frappe mais on n’a jamais frappé, a déploré Henry. C’est pour ça qu’en deuxième mi-temps, j’ai dit à Saphir de frapper, et c’est pour ça que vous l’avez vu se retourner et me regarder quand il a marqué. Parce que je ne comprenais pas pourquoi les mecs ne frappaient pas. Leur équipe reculait. À un moment donné, si tu veux les faire sortir un peu, il faut frapper.»

De l’autre côté, le CD Olimpia s’est montré opportuniste pendant cette première demie en marquant deux fois à l’aide de trois tirs, tous cadrés.

Les visiteurs ont ouvert la marque à la 15e minute quand Bengtson s’est faufilé entre les défenseurs Joel Waterman et Luis Binks avant de déjouer Diop d’un tir décoché de l’entrée de la surface de réparation que le gardien de l’Impact a touché de la main droite sans toutefois réussir à stopper.

Le CD Olimpia a doublé son avance à la 41e minute quand Benguiche a habilement déjoué Zachary Brault-Guillard avant de se présenter seul devant Diop, qu’il a battu d’un tir bas à sa gauche.

Avec des termes différents, le milieu de terrain Samuel Piette a brossé une analyse semblable à celle de Henry.

«Ç’a été des erreurs très très bêtes de notre part. Ce sont des trucs que tu apprends quand tu es jeune. Ce sont des buts qui sont facilement évitables. Les deux buts, on leur a donné. C’est totalement de notre faute à nous.»