L'attaquant-réceptionneur Nicholas Hoag fera le saut dans le championnat turc en 2020-2021 après une année passée en Pologne. Il affrontera l'équipe dirigée par son père Glenn Hoag, de Gatineau.
L'attaquant-réceptionneur Nicholas Hoag fera le saut dans le championnat turc en 2020-2021 après une année passée en Pologne. Il affrontera l'équipe dirigée par son père Glenn Hoag, de Gatineau.

Hoag contre Hoag en Turquie

Un peu de piquant agrémentera bientôt les réunions de famille chez les Hoag.

Fiston Nicholas vient de se joindre à une nouvelle équipe professionnelle de volley-ball en vue de la prochaine saison. Plus précisément le Fenerbahçe Voleybol, implanté à Istanbul.

«Une équipe qui est habituée de gagner le championnat turc», note l’attaquant-réceptionneur de six pieds et sept pouces, qui passe son été à Ottawa avec sa copine Gillian Henderson.

Quel club s’avère le plus grand rival du Fenerbahçe Voleybol? Le Arkas Spor, qui a pignon dans la ville portuaire d’Izmir.

Et qui dirige cette formation?

Le Gatinois Glenn Hoag. Oui, le papa du nouveau joueur vedette à se joindre au Fenerbahçe Voleybol.

L’Arkas Spor a terminé deuxième au classement général de la «Efeler Ligi» en 2019-2020 derrière justement ses adversaires d’Istanbul.

«On va s’aimer quand même», lance en riant Nicholas Hoag au bout du fil.

Les deux hommes avaient l’habitude jusqu’ici de se retrouver du même côté du terrain. Un dirige l’autre au sein du programme national canadien depuis presque une décennie lors de tournois internationaux.

La paire a vécu l’aventure olympique ensemble à Rio, il y a quatre ans. La formation canadienne avait terminé cinquième.

Les Hoag devraient remettre ça en 2021 à Tokyo.

«Quand j’étais en Italie, j’ai déjà joué une fois contre une équipe de mon père en Championnat d’Europe. C’était spécial», relate Nicholas Hoag.

Le jeune homme âgé de 27 ans évolue dans les rangs pros depuis 2013. Il s’est promené un peu, portant les uniformes du Tours VB et Paris Volley en France, puis du Power Volley Milano, Diatec Trentino et Sir Safety Perugia en Italie.

À cela s’ajoute un séjour en Pologne la saison dernière chez l’Asseco Resovia.

Son contrat était échu. Hoag a magasiné, parlant à une formation italienne.

«Il y a une grosse baisse de budget pour plusieurs équipes en Italie et ailleurs en Europe en raison de la pandémie. La meilleure offre sur la table était de jouer en championnat turc, dit-il.

Le Gatinois Glenn Hoag dirige l'Arkas Spor depuis 10 ans.

«Financièrement, c’est encore correct là-bas. Les équipes turques attirent de bons joueurs d’un peu partout en ce moment.»

Puis il y a un autre facteur important qui a motivé la décision du benjamin des deux enfants de la famille Hoag.

«Je pouvais me rapprocher de ma famille», confirme-t-il.

En plus de papa et maman qui se trouve à Izmir, on y retrouve son frère Christopher, mariée à une Turque.

«Ça fait six ans qu’il se retrouve là-bas. Il ne revient pas souvent au Canada. Il joue en deuxième division. Ça va être le fun de retrouver tout le monde. Istanbul se trouve à trois heures de là.»

Nicholas Hoag est de retour à Ottawa depuis le 17 mars. Il s’était empressé de rentrer au pays en voyant les divers coins de l’Europe être plongés en confinement.

Ses entraînements s’avèrent limités jusqu’ici. «L’appartement n’est pas trop grand. Ce n’est pas idéal, note-t-il.

«J’essaie de me tenir en forme. Je surveille ce que je mange. J’ai des kettlebells (haltères russes). J’ai aussi un ballon avec lequel je peux faire des touches.»

La pause lui permet de reposer son corps. Dans le passé, il profitait d’une semaine ou deux de repos entre les saisons pros et celles sur la scène internationale avec Équipe Canada.

«C’est dur sur les genoux, le dos et les hanches quand tu frappes 100 ballons par jour. Mais j’ai été chanceux jusqu’ici durant ma carrière. Je n’ai pas eu de grosses blessures.»

Il y a eu cette déchirure aux quadriceps subie lors des qualifications olympiques en janvier, à Vancouver. «Mais ça ne m’avait pas empêché de jouer», précise-t-il.

Hoag suit attentivement les phases de déconfinement de la scène sportive au Québec. Le sort du centre sportif de Gatineau l’intéresse. On y retrouve le domicile de l’équipe nationale masculine de volley-ball.

«Aussitôt que ça va ouvrir, j’y serai chaque jour jusqu’à mon départ en août vers la Turquie», assure-t-il.

Il s’agira de sa huitième saison chez les pros. La retraite ne se trouve pas à l’horizon.

«J’adore jouer. Je veux continuer autant que mon corps me le permet. Je ne me tanne pas. Je ne me vois pas arrêter. J’aimerais bien participer aux Jeux olympiques en 2024 à Paris.»

Ce serait une façon de boucler la boucle pour Nicholas Hoag qui a vécu dans la capitale française pendant quatre ans lorsque son père dirigeait le Paris Volley.