Valérie Grenier a retrouvé les pentes enneigées... et le sourire.
Valérie Grenier a retrouvé les pentes enneigées... et le sourire.

Grenier retrouve la neige et ses coéquipières

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Un an et demi plus tard, Valérie Grenier a pu renouer avec ses coéquipières de l’équipe canadienne de ski alpin.

L’athlète de St-Isidore, dans l’Est ontarien, vient de compléter un camp d’entraînement de trois semaines sur un glacier en Italie. Son retour au pays était prévu tard samedi soir.

«J’avais tellement hâte. La dernière fois que j’avais skié avec les filles, c’était avant mon accident», a souligné l’ancienne championne du monde junior de la descente.

Grenier, 23 ans, a subi une quadruple fracture à la jambe droite le 6 février 2019, à Are, en Suède. Elle participait alors à une descente d’entraînement des championnats du monde.

Tout a écopé. Du tibia à la cheville en passant par le péroné. On a dû l’opérer deux fois en l’espace de quatre mois, l’an dernier.

Grenier a recommencé à skier durant le temps des Fêtes à Mont-Tremblant sous le regard de Stefan Guay. Elle avait eu le feu vert pour rejoindre ses coéquipières en mars en Europe, mais la pandémie l’avait obligée à revoir ses plans.

«Je suis arrivée ici le 20 juillet, cinq jours avant les autres filles. Mon entraîneur voulait que je skie un peu de temps par moi-même avant l’arrivée du reste de l’équipe. Ça se passe super bien, a affirmé Grenier lorsque jointe en milieu de semaine.

«Je suis très contente comment je me sens. J’étais stressée un peu au début. J’avais peur d’avoir des douleurs ou que ça n’aille pas bien sur le parcours. Mais ce n’est pas le cas.»

Canada Alpin l’a soumis seulement à des entraînements en slalom et slalom géant. «Je n’ai pas fait de vitesse encore», a précisé la skieuse franco-ontarienne, qui a terminé sixième aux derniers Jeux olympiques.

Valérie Grenier

Les premiers jours lui ont permis de mettre à l’essai quelques bottines. À un certain moment, elle portait deux bottes de grandeurs différentes.

«Je voulais plus d’espace pour mon pied droit et ma cheville droite qui sont un peu plus gros. Là, je suis de retour aux bottes de la même grandeur qu’auparavant.»

Ce retour sur neige lui a fait beaucoup de bien au moral. Son sourire sur les nombreuses photos prises sur ce glacier en Europe dit tout.

Valérie Grenier avait passé les derniers mois dans le gymnase pour améliorer sa force physique. Elle s’était tapée aussi du vélo et du tennis.

C’est sans compter des travaux de rénovation avec son copain, question de se changer les idées. On l’a retrouvé à l’oeuvre notamment sur une toiture.

La quarantaine l’attend à son retour au pays. Puis il lui restera «quatre ou cinq journées» par la suite pour s’amuser avec les siens avant un retour sur le Vieux-Continent.

«On a un camp prévu quelque part en Suisse sur un glacier en septembre», a souligné Grenier.

Le reste de son calendrier ressemble à un gros point d’interrogation. La Fédération internationale de ski (FIS) a toujours diverses courses de la Coupe du monde à son horaire cet automne, mais plusieurs athlètes s’attendent à des modifications.

«Une décision devait être prise en juillet. Là, c’est censé être d’ici la fin du mois d’août. Moi, j’aimerais bien savoir avant de repartir pour l’Europe.»

Canada Alpin étudie la possibilité que ses skieurs demeurent en Europe une bonne partie de l’hiver. «Parce que si on revient, il faut se placer en quarantaine», a rappelé Grenier.