Piper Gilles et Paul Poirier ont surmonté leur lot de défis cet automne. Ils ont aussi signé des performances encourageantes en vue des championnats canadiens de patinage artistique.

Gilles et Poirier veulent succéder à Virtue et Moir

Leur programme long s’avère un clin d’œil au génie artistique de Vincent Van Gogh. Paul Poirier et sa partenaire Piper Gilles espèrent réaliser à leur tour un chef-d’œuvre qui leur permettra de gagner enfin un titre national.

Le couple fait partie des favoris en danse aux championnats canadiens de patinage artistique qui auront lieu la semaine prochaine à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Kaitlyn Weaver et Andrew Poje seront leurs plus sérieux rivaux pour succéder aux triples champions olympiques Tessa Virtue et Scott Moir, qui ont pris leur retraite.

« Nous avons des objectifs élevés cet hiver. Un d’eux est de devenir champions canadiens. Mais nous savons que la compétition sera très relevée », soutient Poirier, qui a grandi à Cornwall avant de déménager à Toronto afin de poursuivre sa carrière sportive.

Gilles et lui ont terminé huitièmes l’an dernier aux Jeux olympiques. Ils ont enchaîné avec une sixième position aux championnats du monde, quelques semaines plus tard.

Tout ça alors que la maman de Gilles combattait trois tumeurs cancéreuses. Elle a rendu l’âme au printemps.

Le cœur gros, le duo a repris l’entraînement durant l’été. L’automne a été toutefois difficile.

Poirier et sa coéquipière, tous deux âgés de 26 ans, ont dû se contenter du troisième rang à deux étapes du circuit Grand Prix, ce qui les a exclus de la finale à Vancouver.

« L’automne a été frustrant. Il a représenté son lot de défis », reconnaît Poirier.

« C’était très décevant de ne pas se qualifier pour la finale du Grand Prix. C’était un de nos buts. Cela dit, nous avons quand même connu certains bons moments. Nous avons obtenu ici et là des pointages élevés qui démontrent que nous pouvons rivaliser avec les meilleurs danseurs au monde. »

Les deux patineurs ontariens ont apporté quelques modifications à leurs routines. Ça semble porter fruit. La paire a gagné le Challenge Golden Spin de Zagreb en décembre, obtenant son meilleur score en carrière (201,27 points).

« Cela nous motive en vue des championnats canadiens », affirme Gilles, qui participait jeudi à une conférence téléphonique organisée par Patinage Canada.

La fédération nationale tente de mousser ses nouveaux visages qui seront à surveiller dans le nouveau cycle olympique qui mènera vers les Jeux de 2022, à Pékin.

Chez les hommes, quatre noms reviennent souvent sur le tapis, dont ceux de Stephen Gogolev, Joseph Phan et Nam Nguyen, âgés respectivement de 13, 17 et 20 ans.

Phan est ce patineur qui a fait ses classes au club Asticou avant de déménager à Laval. Quatrième aux derniers championnats du monde juniors, il s’entraîne maintenant en banlieue de Toronto sous la direction de l’ancien champion du monde Brian Orser depuis l’été dernier.

Les épreuves seniors des championnats canadiens commenceront le 18 janvier avec le programme court autant chez les hommes, que les femmes de même qu’en paires et en danse. Puis le lendemain, ce sera place au programme long.

On verra notamment Paul Poirier porter des vêtements blancs de peintre. Il sera Van Gogh.

Gilles sera vêtue en bleu pour représenter le ciel.

« Ça fait plusieurs années que Paul et moi avions cette idée de raconter l’histoire de Vincent sur la glace. Il nous manquait jusqu’à tout récemment la musique appropriée pour concrétiser le tout », raconte Piper Gilles.

« Nous aimons nous mettre dans la peau de personnages », ajoute Poirier, qui a patiné en tant que James Bond lors des derniers Jeux olympiques.

« J’ai 5000 idées de routines que nous pourrions faire, blague-t-il. Malheureusement, nous n’aurons pas l’occasion de donner suite à tout ça ! »