Denis Shapovalov a remporté le tournoi Futures de Gatineau en 2017.

Gatineau perd son tournoi Futures

SHERBROOKE — Le comité organisateur de la 12e édition du tournoi de tennis Futures de Gatineau était déjà à pied d’œuvre depuis plusieurs semaines pour l’événement, qui se déroule annuellement en février à la Sporthèque de Hull. Mais les plus sombres présages, qui flottaient depuis plusieurs mois, se sont avérés vrais. Tennis Canada a décidé d’abandonner la série Futures.

Au total, ce sont sept tournois au Canada qui sont touchés, dont ceux de Gatineau et Sherbrooke.

Ce tournoi de tennis était fortement ancré dans les habitudes des amateurs gatinois, qui ont vu au fil du temps défiler les Frédérick Niemeyer, Milos Raonic, Denis Shapovalov ou Félix Auger-Aliassime lors de ses 11 ans d’existence.

À Gatineau, le coordonnateur du tournoi Mathieu Toupin n’a pas voulu confirmer ou infirmer l’arrêt du tournoi, se contentant de dire au Droit qu’il était au courant de discussions sérieuses chez Tennis Canada. Il assure toutefois que le Challenger d’été n’est assurément pas touché par les nouvelles mesures.

Mais à Sherbrooke, la coordonnatrice du tournoi a été sans équivoque.

« Richard Quirion (directeur de tournoi à Tennis Canada) nous a annoncé la mauvaise nouvelle récemment. C’est vraiment une grande déception pour tout le monde. C’est une belle expérience d’organiser ce genre d’événements, et c’est surtout, pour les jeunes qui pouvaient voir les idoles de près, une expérience incroyable », a dit Lynda Rondeau, nouvelle présidente de Tennis Sherbrooke, qui avait le mandat d’organiser l’événement.

« On savait depuis à peu près un an qu’il y avait d’importants changements à venir, qu’il y avait une ombre qui planait au-dessus de nos têtes. Mais Tennis Canada nous a assuré que l’organisation sherbrookoise était en haut de la liste advenant la mise sur pied d’une nouvelle série du genre. »

La missive de Tennis Canada est parvenue à Sherbrooke mardi.

« [...] Je vous écris cette lettre afin de confirmer et officialiser la décision de Tennis Canada de ne pas organiser les tournois de niveau Transition l’an prochain. Le nouveau circuit de Transition, élaboré et mis de l’avant par la Fédération internationale de Tennis (ITF), verra le jour dès janvier 2019. Les tournois anciennement appelés Tournois Futures seront dorénavant catégorisés Tournois de Transition. Ces tournois ne feront plus partie du calendrier à partir de 2019 », peut-on lire. 

« Le nouveau circuit de transition débutant l’an prochain apporte son lot de changements. Parmi ceux-ci, la diminution drastique des points ATP accordés aux joueurs en 2019. Ce changement en est un majeur et est certainement l’une des principales raisons qui nous a amenés à retirer ces tournois de notre calendrier. Il faut aussi mentionner qu’à partir de 2020, ce circuit de transition ne comportera plus de points ATP. Ainsi, les importants investissements que Tennis Canada et les comités organisateurs locaux injectent dans l’organisation de ce type de tournoi n’auront plus les mêmes retombées pour le développement des joueurs canadiens. »

Un fait confirmé par Lynda Rondeau.

« Le nombre de points ne cessait de baisser, et malgré tout, Tennis Canada devait offrir malgré tout une bourse de 25 000 $. Établir des calendriers, c’est un processus complexe. On va les laisser faire leurs devoirs », précise-t-elle. 

De son côté, Richard Quirion a parlé de la perte importante du système de points pour signaler le retrait de Tennis Canada.

« Le gagnant du tournoi à Sherbrooke récoltait 27 points ATP. Dès 2019, ça passait à cinq points pour le gagnant et trois pour le finaliste. On s’imagine que c’est pas mal moins attractif pour les jeunes joueurs. 

«Par exemple, le gagnant de la Coupe Rogers empoche 1000 points, et pour le Challenger de Drummondville, c’est 90 points », a lancé Richard Quirion.

« Les joueurs devaient faire partie du top-200 au monde pour espérer faire leurs frais, pour une saison estimée à 40 000 $, sans les dépenses liées à un entraîneur. On va voir si le circuit de Transition sera plus profitable. »

Avec Jean-François Plante, Le Droit