Alexis Galarneau, 20 ans, a gagné ses deux premiers matches au Challenger Banque Nationale de Gatineau. Il a notamment éliminé le favori du tournoi, le Français Antoine Hoang, mardi soir.

Galarneau fait écarquiller des yeux à Gatineau

Il n’y a pas qu’un seul chemin vers les sommets du tennis mondial.

Denis Shapovalov et Félix Auger-Aliassime sont devenus des professionnels à l’adolescence. Lui aussi un bel espoir du tennis canadien, le Lavallois Alexis Galarneau passe par le circuit universitaire américain où il préfère terminer ses études en finances à l’Université de l’État de la Caroline du Nord avant de se lancer à temps plein sur le circuit de l’ATP.

Il ne lui reste plus qu’un semestre avant d’obtenir son diplôme, mais le jeune homme de 20 ans a déjà l’assurance de pouvoir rivaliser contre l’élite du tennis.

Mardi soir, sur le court central du parc de l’île, il a causé la surprise du tournoi en éliminant le Français Antoine Hoang, favori du Challenger Banque Nationale de Gatineau dans le tableau masculin. Hoang pointe au 103e rang mondial. Il a gagné deux matches à Roland-Garros cet été.

Galarneau, 433e joueur au monde, a quant à lui bénéficier d’un laissez-passer de Tennis Canada pour accéder au tableau principal à Gatineau.

Profitant de ce tournoi présenté en sol canadien, il a saisi la balle au bond. Jeudi soir, il entreprendra son match de troisième tour contre le Sud-Coréen Duck Hee Lee, 215e à l’échelle mondiale. Même s’il venait d’inscrire sa plus grosse victoire en carrière, Galarneau gardait les deux pieds sur terre.

« Le classement, c’est juste un chiffre. L’année dernière, j’avais aussi gagné un match contre Michael Mmoh à Winnipeg (il était 119e à l’époque). »

Tout de même, montrer la porte à un favori d’un tournoi Challenger, représente une belle unité de mesure.

« Ah, ça m’indique que mon niveau est là. Je me suis beaucoup amélioré depuis l’an dernier. J’ai gagné en maturité. Je suis capable de mieux gérer mes matches. Je sers beaucoup mieux. Ma transition jusqu’au filet est meilleure et je contrôle bien le jeu avec mon coup droit. »

À pareille date l’an dernier, Galarneau détenait le 705e rang mondial. Même s’il a joué dans peu de tournois en raison de sa saison dans la NCAA, il a progressé de près de 300 rangs depuis sa dernière visite à Gatineau où il s’était incliné en deux manches serrées de 7-6 et 7-5 au premier tour.

« J’ai joué beaucoup de matches au niveau universitaire, ce qui m’a aidé à compétitionner pour mon équipe et mes coéquipiers. J’ai eu une bonne année (sa troisième). J’ai terminé 26e au classement de la NCAA en première division même si j’ai raté les matches de l’automne parce que je m’étais concentré sur les tournois professionnels. Cette expérience m’aide à bien me battre dans les tournois Challenger cette année », a dit l’élève de Martin Laurendeau au centre national d’entraînement à Montréal.

Père dans la LHJMQ

Cadet d’une famille de quatre enfants, Galarneau crédite ses frères pour l’avoir initié au tennis.

« Ce sont eux qui m’ont amené au parc pour jouer juste pour le plaisir. Ils sont plus des joueurs de hockey et de soccer, mais j’ai mis quelques années avant de pouvoir les battre », a dit celui qui a des frères âgés de 27 et 25 ans et une sœur de 23 ans.

Ses parents ont aussi été des athlètes. Son père, Éric Galarneau, a joué dans la LHJMQ avec les Castors de St-Jean après avoir été une vedette midget AAA avec les Insulaires de Laval alors que sa mère a été une gymnaste jusqu’au niveau collégial.

Si tout se passe comme il le souhaite, Galarneau voudrait percer le top-250 d’ici la fin de 2019.

« Ce classement donne accès aux qualifications des tournois du Grand Chelem. »

Là-bas, il retrouverait la nouvelle génération de joueurs de tennis canadiens.

« Je me suis entraîné avec Félix (Auger-Aliassime) depuis l’âge de 10 ans. Le voir réussir me donne la confiance de savoir que c’est possible pour moi aussi. »