C'est une Serena Williams déçue qui a rencontré la presse, lundi, pour expliquer pourquoi elle avait dû renoncer à disputer le match qui devait l'opposer à Maria Sharapova.

Forfait de Serena Williams à Roland-Garros

PARIS — Serena Williams rêvait d’un retour gagnant à Roland-Garros après sa maternité. Tout s’est écroulé pour la championne américaine de 36 ans, blessée avant d’affronter sa rivale Maria Sharapova pour une place en quarts de finale.

Le choc attendu depuis le tirage au sort n’aura pas lieu. «J’ai un problème au niveau pectoral. Malheureusement, cela a empiré. Je ne peux pas servir», a expliqué lundi Williams, qui s’est blessée samedi face à l’Allemande Julia Gorges.

Sa voix a légèrement tremblé lorsqu’elle a expliqué qu’elle subira un examen d’imagerie par résonance magnétique et qu’elle consultera ses médecins avant de déterminer la marche à suivre. «Je suis extrêmement déçue, car je progressais à chaque match. J’ai fait beaucoup de sacrifices pour participer à ce tournoi», a ajouté la joueuse aux 23 titres en Grand Chelem, dont trois à Roland-Garros (2002, 2013 et 2015).

C’est seulement la deuxième fois qu’elle renonce au cours d’un tournoi du Grand Chelem. En 1998, pour son premier Wimbledon, elle avait dû abandonner au troisième tour face à l’Espagnole Virginia Ruano Pascual en raison d’une blessure à une jambe.

Au fil des matchs disputés dans une combinaison noire moulante qui a fait beaucoup parler, elle n’avait cessé de monter en puissance. Classée seulement 451e en raison de sa longue période loin des courts afin de mettre au monde la petite Olympia, elle bénéficiait d’un classement protégé pour intégrer le tableau principal de Roland-Garros.

Inimitié au-delà du court

Le rendez-vous de lundi entre Williams et Sharapova était un des plus attendus du volet du simple féminin, même si Williams a gagné 19 des 21 matchs contre Sharapova, dont les 18 derniers.  Entre les deux stars, il n’y a donc plus depuis longtemps de véritable concurrence sportive, Sharapova n’ayant plus battue Williams depuis novembre 2004. C’est plutôt l’inimitié qu’elles entretiennent qui avait exacerbé leur rivalité.

«Serena et moi devrions être amies : nous avons la même passion. Mais nous ne le sommes pas», avait écrit Sharapova dans son livre Inarrêtable (Unstoppable), publié en 2017 après son retour de suspension de 15 mois pour utilisation de meldonium. Elle estimait que la supposée «haine» de Serena à son égard datait de 2004.

«Je crois que Serena me déteste pour être la gamine maigre qui l’a battue, contre toute attente,  à Wimbledon [en finale]. Mais plus que tout, je crois qu’elle me hait parce que je l’ai entendue pleurer.»

«Il aurait été plus choquant que je ne pleure pas», avait répondu Williams, samedi en conférence de presse, non sans critiquer le contenu d’un ouvrage dont «100 % est basé sur des ouï-dire.»

Selon Thomas Hogstedt, l’entraîneur de la Russe de 31 ans, celle-ci attendait près du court et était prête à jouer lorsqu’ils ont été informés du retrait de Williams. «Ç’a été un choc. Nous étions prêts. Nous nous sommes préparés longtemps pour ce match.»

«J’avais hâte de disputer ce match contre Serena et je suis déçue de son forfait. Je lui souhaite un prompt rétablissement et j’espère la revoir bientôt sur le circuit», a réagi Sharapova dans un communiqué. En quarts de finale, elle affrontera l’Espagnole Garbine Muguruza, troisième tête de série.  Avec AP