Marc-Étienne Bussières se sent prêt pour les verts rapides et fermes du club de Glen Abbey, où va se dérouler l’Omnium canadien.

Fini l’attente pour Bussières

Marc-Étienne Bussières se dit un grand partisan de Tiger Woods. Un autre de ses golfeurs favoris ? Dustin Johnson.

« Nous avons la même barbe, mais il frappe la balle moins loin que moi », lance à la blague l’athlète originaire de Gatineau.

Ce dernier était de bonne humeur à l’autre bout du fil.

Bussières va pouvoir croiser Johnson dans les prochains jours dans la région de Toronto. En fait, il va jouer sur le même terrain que le numéro un mondial. Mieux, il va être un de ses adversaires.

Bussières, 31 ans, participera à un premier tournoi en carrière sur le circuit de la PGA. Il s’avère un des 16 Canadiens qui s’élanceront sur les verts et allées du club de golf Glen Abbey, qui accueille cette semaine l’Omnium RBC doté d’une bourse de 6,2 millions $ US.

« Je rêve à ce moment depuis longtemps. Si je peux bien jouer cette semaine, ça pourrait peut-être m’ouvrir des portes. J’y pense un peu », avoue-t-il.

L’entrevue se déroulait dimanche.

Pendant que l’Omnium britannique tirait à sa fin en Écosse, Bussières était sur la route en Ontario. Plus précisément l’autoroute 401 en direction de Toronto. Ses parents Marc et Ginette se relayaient au volant.

Deux rondes d’entraînement se trouvent à son menu avant le début du tournoi jeudi matin. Il y a notamment un Pro-Am auquel il participait lundi.

Le golfeur de l’Outauais, qui est professionnel adjoint depuis maintenant quatre ans au Golf et Académie Longchamps à Sherbrooke, avait hâte de fouler le terrain, question de bien l’apprivoiser avant d’affronter l’élite de la PGA. « On dit que les verts sont rapides et fermes », dit-il.

Ça ne lui fait pas peur.

Beaucoup de temps a été passé à travailler ses coups roulés dans le dernier mois en compagnie de son entraîneur Roger Lauzon.

Il y a eu ces journées au club Memphrémagog. « Où les verts sont ultra rapides », précise Bussières.

« J’ai changé aussi ma prise pour le putting et ça va mieux. Je me cherchais beaucoup depuis le début de la saison. »

Ça ne l’avait pas empêché de gagner une étape du circuit Canada Pro Tour, le mois dernier, à Rimouski. Il avait disputé une ronde finale de 65.

Il reste que le tournoi des Maîtres Valeurs mobilières Desjardins n’a rien de l’Omnium RBC dont les quatre rondes seront télédiffusées de jeudi à dimanche. C’est sans compter tous les grands noms. Car en plus de Dustin Johnson, on y retrouvera notamment les anciens champions du tournoi des Maîtres, Sergio Garcia et Bubba Watson, de même que Kevin Kisner, qui a terminé deuxième dimanche à Carnoustie.

Ajoutez à cela qu’il y aura nettement plus de spectateurs sur le terrain pour encourager les golfeurs que sur le circuit Canada Pro Tour.

« Habituellement, il y a entre 50 à 200 spectateurs à nos tournois. C’est sûr qu’il y aura pas mal plus de monde là... C’est sûr que je ne perdrai pas ma balle ! »

Et comment se sentira-t-il sur le premier tertre de départ jeudi matin ?

« Je sais que je vais être nerveux quand je vais frapper ma première balle. Mais en même temps, je dois apprécier le moment. Puis ce ne sera pas la première fois que j’aurai été nerveux. »

On saura dans les prochaines heures qui seront ses partenaires de jeu en vue de la première ronde prévue jeudi. Les organisateurs de l’Omnium canadien RBC dévoileront les groupes de joueurs et leurs temps de départ mardi.

Bussières se montrait réaliste.

« Habituellement, les meilleurs joueurs sont jumelés ensemble. Je ne m’attends pas à jouer avec de gros noms. Mais peu importe, je m’attends à ce que ce soit quand même très plaisant ! »

En plus de papa et maman qui seront sur place, Marc-Étienne Bussière misera sur l’appui de sa copine Audrika Martel et de ses beaux-parents.

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DU CHAMPLAIN AU ROYAL OTTAWA EN PASSANT PAR LE RIVERMEAD

Son premier tournoi de golf amateur a été disputé à l’âge de 13 ans. Sa mère avait dû le convaincre de le terminer.

Son parcours vers son premier tournoi de la PGA cette semaine l’aura amené un peu partout. Autant en Outaouais, qu’au Québec et aux États-Unis avant qu’il ne s’établisse dans la région de Sherbrooke.

Ado, Marc-Étienne Bussières a fait ses classes aux clubs Champlain, Rivermead et Royal Ottawa de même qu’au programme sport-études en golf de l’école secondaire de l’Île. Guy Beaulieu s’en souvient.

« C’est sûr qu’on va regarder l’Omnium canadien cette semaine pour suivre la performance de Marc-Étienne », a dit le directeur général du club Le Sorcier. Il a déjà été le coach de l’ancien champion du tournoi Alexandre de Tunis.

« Je ne suis pas surpris qu’il soit rendu là. Sa concentration a toujours été bonne. Il a toujours été aussi un jeune homme extrêmement intelligent, extrêmement posé. »

Beaulieu se rappelle un golfeur qui s’est imposé plusieurs sacrifices pour avancer sa carrière. Il a souligné que Bussières avait choisi d’étudier au collège Heritage afin de maîtriser mieux l’anglais.

« Il voulait se donner plus de chances de réussites dans les rangs universitaires américains », a-t-il souligné.

Le principal intéressé a connu un fructueux séjour à South Alabama, autant sur le terrain qu’en salle de classe. Il a gagné partout où il est passé, a rappelé son ancien entraîneur.

« Il avait ce désir d’apprendre, mais aussi de travailler fort, autant été qu’hiver. Je me souviens qu’une année en sport-études, à force de frapper tellement de balles, il avait usé le filet. Il avait fait un trou dedans. Il avait commencé ensuite à s’amuser à essayer de faire passer la balle dans ce trou », a dit Beaulieu.

« Je suis bien content pour Marc-Étienne. Il récolte ce qu’il a semé. Ça fait un petit bout de temps que je ne l’ai pas vu, que nous n’avons pas eu l’occasion de jaser. C’est sûr que c’est un golfeur dont des juniors peuvent s’inspirer ici. »

Peut-être que dans une dizaine d’années, un autre ado de l’Outaouais trouvera le moyen de jouer à son tour dans un tournoi de la PGA.