Les Ravens de Carleton, qui ont tiré de l’arrière pendant les trois premiers quarts, sont revenus de l’arrière dimanche pour gagner le « Final 8 » pour une quinzième fois depuis 2003.

Final 8: un 15e titre à l’arraché pour les Ravens de Carleton

Toute bonne chose a une fin... sauf si vous êtes les Ravens de Carleton, dont la dynastie demeure en vie pendant une autre année.

Le meilleur programme de basket-ball universitaire masculin au pays semblait se diriger vers une première défaite en 15 participations à une finale du championnat canadien, dimanche soir, à l’aréna de la Place TD. Ses joueurs ont dû combler un déficit de 12 points en deuxième demie pour gagner 74-65 contre les Tigers de Dalhousie devant plus de 4100 spectateurs.

Du même coup, les Ravens ont mis la main sur le trophée W.P. McGee pour une quinzième fois de leur histoire depuis 2003. Il s’agit d’un neuvième titre national lors des 10 dernières années.

« Ça semble surréel en ce moment », a soutenu l’ailier gatinois Biniam Ghebrekidan, qui a été un acteur de premier plan dans la remontée des siens.

Ce dernier a marqué 19 points, dont 15 en deuxième demie. Il a aussi réussi 11 rebonds.

« Leur grand joueur nous a tués », a avoué l’entraîneur-chef des Tigers, Rick Plato, en parlant de Ghebrekidan, qui a été nommé au sein de l’équipe d’étoiles du « Final 8 ».

« Nous savions que ce ne serait pas un match facile. Cette équipe n’avait perdu qu’une seule fois cette saison », a ajouté le principal intéressé, qui a été coupé au visage tôt dans la soirée.

Les Ravens ont pris l’avance pour seulement la deuxième fois du match alors qu’il ne restait qu’une minute et 55 secondes à écouler en temps réglementaire. Le petit Munis Tutu a réussi un panier de trois points.

Les amateurs, qui avaient été nerveux pendant une bonne partie de la soirée, ont bondi de leur siège. Puis Ghebrekidan a scellé la victoire avec trois autres points dans les dernières secondes.

Ce qui a valu aux Ravens une ovation.

« Ça ne regardait pas bien pour nous pendant un bout de temps, mais nous avons continué à travailler fort et maintenir un rythme de jeu élevé. Nous nous disions que nous les aurions à l’usure », a soutenu l’entraîneur-chef Taffe Charles, qui savoure une première conquête à la tête de l’équipe masculine de l’université Carleton.

L’architecte de la dynastie des Ravens, Dave Smart, avait délaissé ses fonctions après la conquête des siens à pareille date l’an passé à Toronto. Il voulait passer plus de temps auprès de sa jeune famille.

« Il (Smart) s’est fendu en quatre pour bâtir ce programme », a rappelé Taffe Charles, qui possède aussi le logo des Ravens tatoué sur le cœur.

Ce dernier a porté les couleurs de l’équipe en tant que joueur entre 1990 et 1995. Il s’avère le troisième meilleur pointeur de l’histoire de la formation ottavienne.

Sa carrière d’entraîneur a commencé une fois ses études terminées, devenant adjoint pendant trois saisons au sein de l’équipe féminine des Ravens. Il a rejoint les hommes en 1998 en tant qu’adjoint, assistant aux cinq premières conquêtes de Carleton.

Ce fut ensuite un retour chez les femmes où il a dirigé les Ravens pendant 12 saisons, les menant à une fiche parfaite de 29-0 en 2017-2018, et surtout un titre canadien.

Charles est devenu dimanche le premier entraîneur-chef à gagner l’or au « Final 8 », autant dans le volet féminin que masculin.

« Je me souviens quand Carleton a gagné un premier titre chez les hommes. J’étais là en tant qu’adjoint à Dave en 2003. Je lui avais alors dit que la route avait été si difficile, qu’il fallait savourer ça, que ça n’arriverait peut-être pas une autre fois », a confié en riant Charles.

La prochaine édition du « Final 8 » aura lieu au Scotiabank Centre de Halifax en mars 2021. Les Ravens tenteront alors de soulever le gros trophée pour une 16e fois.

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LE BRONZE ÉCHAPPE AU ROUGE ET OR

Ça faisait déjà une trentaine de minutes que ses coéquipières et elle avaient perdu le match de la médaille de bronze chez les femmes au « Final 8 ». Khaléann Caron-Goudreau portait encore son dossard aux couleurs du Rouge et Or de l’université Laval.

« Je ne veux pas l’enlever », a avoué la centre gatinoise de 6’3’’. Il s’agissait de sa dernière partie de basket en carrière avant d’attaquer le marché du travail.

Les championnes du Québec ont laissé filer une avance de 18 points en deuxième demie pour s’incliner 57-50 contre les Panthers de l’Île-du-Prince-Édouard. Elles ont notamment été dominées 24-9 au dernier quart.

« Je suis émotive. Je suis déçue de ma performance, de finir comme ça, a soutenu Caron-Goudreau, qui a été limitée à six points. En revanche, elle a réussi 18 rebonds en plus d’effectuer cinq blocs et quatre vols de ballon.

«C’était de notre faute... complètement de notre faute. Oui, il y avait deux joueuses dans l’autre équipe qui ont réussi de gros lancers. Mais nous n’étions pas disciplinées et nous avons manqué de concentration.»

Le Rouge et Or a tiré seulement pour 24 %. Un chiffre qui a fondu à 20,6 % de la ligne des trois points.

Résulat, l’université Laval termine au quatrième rang. La garde gatinoise Kim Létang a été la meilleure marqueuse du dernier match avec 16 points.

Le Rouge et Or a dû se débrouiller avec des effectifs réduits.

La centre gatinoise Djamila Amidou Triquet a raté le match de la médaille de bronze en raison d’une commotion cérébrale. Quant à Caron-Goudreau, qui a été nommée joueuse défensive par excellence au pays pour une deuxième année de suite, elle était toujours affaiblie par une indigestion subie vendredi.

«Je ne me sentais pas bien. J’avais le goût de vomir par moment encore aujourd’hui. Mais j’ai tout donné. Je suis déçue d’avoir été malade... que ça tombe comme ça cette semaine.»

Le titre canadien a été remporté par les favorites du tournoi, les Huskies de la Saskatchewan, qui n’ont fait qu’une grosse bouchée des Badgers de Brock par la marque de 82-64.