L’entraîneur-chef des Senators de Belleville, Troy Mann, n’a pas caché son intérêt pour le poste qu’ont occupé Guy Boucher et Marc Crawford à Ottawa.

Fin en queue de poisson à Belleville

Quarante-huit heures après l’élimination des Senators de Belleville, la déception était toujours vive pour leur entraîneur-chef Troy Mann.

Leur décevante fin de campagne, alors qu’une simple victoire dimanche contre les Amerks de Rochester leur aurait permis de se qualifier pour les séries de la Ligue américaine, lui laissait un goût amer dans la bouche.

« C’est pas mal décevant, a-t-il confié en entrevue téléphonique mardi, après avoir complété ses rencontres de fin de saison avec les joueurs. Avant le dernier week-end, nous n’avions pas le contrôle sur notre destinée, mais Rochester et Charlotte nous avaient fait des faveurs [avec des gains contre Cleveland]. Notre offensive n’a tout simplement pas produit assez dans le dernier droit, on n’a compté trois buts dans un match que deux fois à nos 10 derniers matches. Ça fait qu’on a terminé avec une fiche de 4-6 alors qu’une de 6-4 ou même de 5-5 aurait été suffisante. »

Cette attaque des petits Senators était centrée sur le gros trio de Nick Paul, Logan Brown et Drake Batherson, qui s’était particulièrement illustré pendant une séquence de 17 matches avec au moins un point en janvier et février. Mais ils ont manqué de souffle en fin de campagne, tout comme l’ancien Olympique Vitalii Abramov, qui s’est contenté de quatre buts et sept points en 18 parties après son acquisition dans l’échange de Matt Duchene avec Columbus.

« Notre offensive tournait majoritairement autour de nos jeunes, et nos jeunes se sont rendus compte que le hockey est plus difficile en mars et avril qu’en octobre et novembre, autant dans la LAH que la LNH », a souligné Mann, qui en était à première saison dans l’organisation d’Ottawa après huit campagnes à Hershey dans celle des Capitals de Washington.

Leur récolte de 82 points (fiche de 37-31-8) est quand même une amélioration de 19 points sur la précédente saison, quand l’équipe a déménagé de Binghamton à Belleville. Il y a eu une progression malgré le fait que l’équipe ait eu à effectuer pas moins de 200 transactions au fil de la saison.

« Je n’avais jamais vu ça en neuf ans dans la Ligue américaine, une saison avec autant de blessés autant à Ottawa qu’à Belleville. Ça a commencé au deuxième match de la pré-saison quand Jim O’Brien s’est cassé la jambe, et ça ne s’est jamais arrêté, jusqu’à la fin quand [Erik] Brännström s’est cassé un doigt », a-t-il relaté en parlant du défenseur de 19 ans acquis dans l’échange de Mark Stone avec Vegas, qui a raté les sept dernières parties de la campagne.

Avec le grand club ?

Entraîneur expérimenté dans la LAH, Mann n’était pas prêt à dire combien de ses jeunes joueurs de cette saison seront prêts à faire le saut avec les Sénateurs la saison prochaine. « Il y en a certes quatre ou cinq qui seront considérés, mais ils vont devoir mériter leur poste. Batherson, Brown, [Rudolfs] Balcers vont certes avoir des chances, tout comme [le gardien] Marcus Hogberg. Brännström et [Christian] Wolanin à la ligne bleue aussi. Il va y avoir une saine compétition en septembre », pense-t-il.

Mann ne demanderait pas mieux que d’être l’entraîneur qui devra décider lesquels d’entre eux seront prêts à poursuivre leur apprentissage dans la LNH, mais il reste à voir si cette fin en queue de poisson affectera sa candidature pour la succession à Guy Boucher/Marc Crawford, en présumant que ce dernier, qui a assuré l’intérim en fin de saison, ne sera pas retenu par le DG Pierre Dorion.

« C’est évident que j’aimerais être considéré pour le poste. Je pense que le synchronisme est une grosse affaire pour un entraîneur qui cherche à accéder à la LNH pour la première fois. Notre organisation est en transition, en reconstruction, et dans ces cas-là, c’est bon d’avoir un entraîneur qui a travaillé dans les mineures avec les joueurs. Je pense par exemple à des entraîneurs comme Travis Green à Vancouver et John Hynes au New Jersey, a-t-il indiqué. J’imagine que lorsque la poussière va retomber ici, on va voir si je suis considéré [pour le poste] par Pierre [Dorion]. Je serais bien content de faire partie de ses plans. »