Une victoire des Chiefs au Super Bowl permettrait à Laurent Duvernay-Tardif de mettre la main sur un premier championnat en carrière. Jamais lors de ses années scolaires avec les Pirates du Richelieu, collégiales avec le Phénix du Collège André-Grasset, ou universitaires avec la formation de l’Université McGill, il n’a gagné le tout dernier match de la saison régulière du circuit.
Une victoire des Chiefs au Super Bowl permettrait à Laurent Duvernay-Tardif de mettre la main sur un premier championnat en carrière. Jamais lors de ses années scolaires avec les Pirates du Richelieu, collégiales avec le Phénix du Collège André-Grasset, ou universitaires avec la formation de l’Université McGill, il n’a gagné le tout dernier match de la saison régulière du circuit.

Duvernay-Tardif a déjà la tête au Super Bowl

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
Le nom de l’entraîneur Andy Reid, ou plutôt coach Reid comme l’appellent ses joueurs, est revenu très souvent lors de la conférence téléphonique d’une demi-heure que Laurent Duvernay-Tardif a accordé aux médias québécois mardi en fin d’après-midi. Le garde natif de Montréal et ses coéquipiers des Chiefs de Kansas City aimeraient bien donner un premier championnat du Super Bowl comme entraîneur-chef à celui qui dirige l’équipe depuis 2016.

«On en parle souvent dans le vestiaire et [le quart-arrière] Patrick Mahomes l’a dit après le championnat de l’American Football Conference [AFC] : On l’a fait pour coach Reid! Il est tellement dédié à son sport et les Chiefs ne gagnaient pas vraiment avant lui. On lui doit d’aller jusqu’au bout cette année», a commenté l’athlète de 28 ans, qui reconnaît aussi l’importance de Reid dans son cheminement personnel.

«Pour moi, c’est plus qu’un coach, c’est aussi un mentor. Il a cru en moi et il a cru en mon projet de combiner le football avec mes études en médecine. Je n’aurais jamais pu le faire sans lui», poursuit bien humblement celui qui est actuellement le seul joueur actif de la NFL à avoir complété ses études en médecine.

Une première

Si les Chiefs réussissent à l’emporter sur les 49ers de San Francisco lors du Super Bowl LIV le 2 février à Miami, ce ne sera pas seulement un premier championnat de la NFL comme entraîneur-chef pour Reid, mais un premier championnat tout court pour Duvernay-Tardif.

«Si on gagne, ce sera mon tout premier championnat à vie», a répondu celui que plusieurs surnomment LDT à un journaliste anglophone qui se demandait s’il n’avait pas déjà remporté le Bol d’Or avec le Phénix du Collège André-Grasset.

Il n’avait pas non plus remporté les grands honneurs au secondaire avec les Pirates du Richelieu ni à l’Université avec les Redmen de McGill. «Depuis le début de ma carrière, c’est la première fois que j’ai l’occasion de terminer ma saison en remportant le dernier match.»

Un peu de chance

Celui qui deviendra le premier Québécois à participer au Super Bowl depuis Jean-Philippe Darche en 2006 avoue cependant qu’il y a une part de chance dans le fait qu’il fasse partie du match de football le plus important et le plus prestigieux au monde près de six ans seulement après le début de sa carrière professionnelle.

«C’est un privilège. Tu as beau tout faire, te tenir dans la meilleure forme possible, il y a toujours une partie de chance là-dedans. J’ai été repêché par les Chiefs en 2014. Andy Reid avait été nommé entraîneur la saison précédente et Patrick Mahomes a été repêché en 2017 et a vite pris le poste de quart-arrière partant», résume-t-il.

«Moi, ma vision a toujours été de foncer. C’est pour ça que j’ai retardé mes études en médecine et que j’ai fait tous ces sacrifices, que j’ai dormi dans des lits de dortoir. Parce que j’avais la vision de me rendre jusqu’au bout. J’en discutais d’ailleurs avec mon psychologue sportif : autant c’est intimidant, le Super Bowl, autant ça a toujours été ça mon but», poursuit-il en ajoutant que les rencontres hebdomadaires avec son psychologue sportif l’aident à mieux approcher les deux prochaines semaines.

Parler aux vétérans

Duvernay-Tardif aura également l’occasion de discuter Super Bowl avec Jean-Philippe Darche, qui est maintenant le médecin des Chiefs de Kansas City, où il a terminé sa carrière dans la NFL en 2008. «Je n’en ai pas encore parlé avec J.P., mais c’est quelque chose qui s’en vient. Ce sera une priorité au cours des prochains jours.»

«On n’arrête pas de se faire dire à quel point c’est gros, tout l’engouement médiatique autour du Super Bowl. Ça va être bien de pouvoir en parler avec quelqu’un qui l’a vécu, qui sait quelles sont les sources de distraction et comment les éviter», enchaîne le numéro 76 des Chiefs.

Duvernay-Tardif ajoute qu’il échangera aussi quelques mots sur le sujet avec son coéquipier Stefen Wisniewski, qui a remporté le Super Bowl en 2018 avec les Eagles de Philadelphie. «Pour moi, tout est nouveau dans cette aventure-là. Je me fie à coach Reid qui a mis en place un excellent plan de match», termine-t-il.

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PAS LE TEMPS DE FÊTER

Laurent Duvernay-Tardif

Ils se trompent, ceux qui croient que Laurent Duvernay-Tardif a festoyé toute la nuit après la victoire des Chiefs de Kansas City en demi-finale contre les Titans du Tennessee. Le footballeur québécois, qui a explosé de joie après la victoire des siens, a plutôt passé une soirée relativement tranquille.

«J’ai célébré ça simplement en allant manger au restaurant avec ma copine, mon agent et mes amis. Vous savez, ce n’est pas comme on voit dans certains films. Après un match très physique joué par un temps de -10° Celsius et 70 jeux, je peux te dire que tu n’as pas le goût d’aller festoyer dans une boîte de nuit! Tu ne peux pas sortir après un match comme ça!» lance Duvernay-Tardif en riant.

Dès le lendemain, le garde des Chiefs était d’ailleurs de retour au centre d’entraînement de son équipe dès 10h30. «Quand je me suis réveillé le lendemain, mon esprit était déjà sur le Super Bowl», avoue-t-il.

Ce match contre les 49ers de San Francisco est le plus grand défi auquel se frottera sa formation cette année, selon Duvernay-Tardif. «Les 49ers ont un très gros front défensif. Par le passé, on a affronté des joueurs de talent, mais je crois qu’un ensemble aussi talentueux que celui-là, c’est la première fois. Il faudra faire nos devoirs», indique-t-il.

Après avoir joué plusieurs matchs par temps très froid, voire même dans la neige, les Chiefs devront aussi s’adapter à la chaleur de la Floride, le match ultime étant disputé cette année au Hard Rock Stadium, domicile des Dolphins de Miami.

«On s’y prépare depuis plusieurs semaines. On a eu beaucoup de matchs sous la barre de 0° Celsius, mais, dès la semaine 14, le coach nous a dit de nous préparer à la chaleur», souligne l’athlète de 28 ans.

«Personnellement, je prends beaucoup de saunas où je fais de l’entraînement. Je fais beaucoup de cardio également. On nous a mis en garde concernant les effets de la chaleur et pour cette raison, j’ai l’impression que les entraînements que nous aurons à Kansas City cette semaine auront lieu à l’intérieur.»  

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MAHOMES: LE MEILLEUR QUART DE LA NFL

Laurent Duvernay-Tardif est régulièrement épaté par les jeux spectaculaires réalisés par le quart des Chiefs, Patrick Mahomes (photo). «Ce n’est presque pas humain toutes les choses qu’il est capable d’assimiler en même temps.»

Laurent Duvernay-Tardif n’hésite pas une minute quand on lui pose la question : le quart-arrière des Chiefs, Patrick Mahomes, est le meilleur dans la NFL à sa position.

«C’est notre travail de bien le protéger. Il faut donner plus de temps à celui qui est le meilleur quart de toute la NFL.», déclare-t-il à propos du surdoué de 24 ans qui a complété 319 passes pour 4031 verges cette saison.

«Si on lui donne du temps, il peut étirer nos possessions, marquer des points. Non seulement il a un bras extraordinaire, mais en un an, il a ajouté plusieurs cordes à son arc. Il dirige très bien la ligne offensive. Sans lui, on serait beaucoup moins bons. Il lit très bien le jeu et nous aide à tirer avantage des couvertures de l’équipe adverse», analyse-t-il.

Épaté par les jeux spectaculaires

Le Montréalais avoue être régulièrement épaté par les jeux spectaculaires réalisés par son coéquipier. «Ce n’est presque pas humain toutes les choses qu’il est capable d’assimiler en même temps.»

«Parfois, on voit les reprises sur l’écran géant et on se dit : “Oh, mon Dieu!” Il est capable de jouer avec les éléments de couverture pour faire croire à l’adversaire qu’il va faire quelque chose et, tout à coup, boum! Il lance une passe à l’endroit où s’est créée une ouverture.»

Duvernay-Tardif ajoute que c’est «incroyable» pour lui d’avoir l’occasion de jouer derrière un tel meneur de jeu. «Il nous apporte de la confiance à tous.»

Il avait aussi de bons mots pour le receveur de passes Tyreek Hill. «Lui, c’est complètement fou de voir comment il est rapide à la course et la façon qu’il a de faire comme si c’était simple. Il travaille très fort, mais si tu ne fais que le regarder courir, ça a l’air facile», dira-t-il à propos de son véloce coéquipier, surnommé le guépard et gagnant de deux médailles aux championnats mondiaux juniors d’athlétisme en 2012.