Novak Djokovic a remporté les trois derniers tournois du Grand Chelem (Wimbledon, Internationaux des États-Unis, Internationaux d’Australie). Il avait aussi remporté Roland-Garros en 2015-2016.

Djokovic se rapproche d’un autre quadruplé

PARIS — Sans bruit, masqué par l’aura de Federer et Nadal, Novak Djokovic poursuit implacablement sa route à Roland-Garros, qui va croiser celle de Dominic Thiem vendredi en demi-finale. Le numéro un mondial n’est plus désormais qu’à deux marches d’un quatrième tournoi du Grand Chelem de suite.

Il n’y a pas eu de surprise jeudi, en tout cas chez les hommes. Mais de toute façon Novak Djokovic, depuis un an, ne laisse plus vraiment de place aux autres dans les tournois du Grand Chelem, vainqueur des trois derniers (Wimbledon, Internationaux des États-Unis, Internationaux d’Australie) et en quête d’un deuxième quadruplé historique sur deux saisons après celui de 2015-2016. Le voilà donc en demi-finale, presque comme prévu...

Pourtant, le numéro un mondial a été bousculé comme il faut jeudi par le 5e joueur mondial, Alexander Zverev, pendant près d’une heure. L’Allemand de 22 ans est même parvenu à se trouver en position de remporter le premier set lorsqu’il a servi à 5 jeux à 4. Mais « Djoko » sait gérer avec brio ce genre de situation. Tellement bien qu’il a aligné à partir de ce moment-là cinq jeux d’affilée pour se détacher, sans que rien ne semble perturber sa marche. Le Serbe dégage une grosse impression depuis le début de la quinzaine ; il semble inébranlable et l’a emporté 7-5, 6-2, 6-2.

« Le seul qui peut battre Nadal »

« C’est super de se retrouver en demi-finale », a lâché Djokovic, un stade de la compétition qu’il n’avait plus connu à Roland-Garros depuis 2016. « J’espère continuer comme ça », a-t-il ajouté.

Presque robotique dans sa façon d’aligner les coups gagnants, rien pour l’instant ne semble contrarier ce vœu. Il jouera normalement sa demi-finale vendredi, jour d’un Federer-Nadal déjà empreint d’histoire et qui écrase tout, ou presque.

Une situation qui convient pour l’instant à merveille au Serbe, qui commence à sérieusement égratigner le statut de favori de Nadal.

« C’est le seul qui peut battre Nadal sur terre », a d’ailleurs confié Jim Courier, vainqueur ici en 1991 et 1992. Il l’a déjà fait. Il sait qu’il peut le refaire. Quand il a perdu à Rome (en finale, ndlr) contre Nadal, il était extrêmement fatigué, mais il lui a pris quand même un set. C’est dire l’ascendant psychologique qu’il a sur lui. »

Le scénario n’est pas encore validé. Ni pour lui ni pour l’Espagnol. Mais il a malgré tout la faveur des pronostics. Il va toutefois rencontrer un de ceux qui lui ont déjà posé des problèmes Porte d’Auteuil. Dominic Thiem l’a déjà battu deux fois sur terre – ses deux seules victoires dans leurs confrontations – dont une fois en quart de finale à Roland-Garros en 2017. L’Autrichien lui n’a pas eu à batailler pour se défaire de Karen Khachanov, séché 6-2, 6-4, 6-2. L’ironie c’est que Thiem impressionne lui aussi, mais pas autant.

Inédit pour les femmes

Le tournoi féminin a lui perdu sa dernière tête d’affiche, mais pas son intérêt. Il s’est peut-être même aussi trouvé une nouvelle vedette.

La tenante du titre Simona Halep (3e) est tombée jeudi en quart face à la jeune sensation américaine Amanda Anisimova (51e), 17 ans. Et malgré les 10 ans d’écart, c’est bien l’Américaine qui a dicté le jeu, impressionnante de puissance et de justesse (6-2, 6-4).

À 17 ans et 9 mois, elle devient la première joueuse née dans les années 2000 à atteindre une demi-finale en Grand Chelem.

Avec la victoire de l’Australienne Ashleigh Barty (8e) face à Madison Keys (14e) 6-3, 7-5, Roland-Garros sacrera donc obligatoirement une reine inédite.

Le super friday, avec les quatre demi-finales hommes et femmes programmées le même jour, en raison de la pluie tombée mercredi, et qui devrait aussi s’inviter vendredi, s’annonce savoureux.

Collard s’incline en double

La première aventure européenne de Mélodie Collard a pris fin, jeudi. Au deuxième tour du tournoi junior de Roland-Garros, en double, la Gatinoise et son amie Leylah Annie Fernandez ont frappé un mur.

Elles ont été battues 6-0, 7-6 par les Américaines Chloe Beck et Emma Navarro. Collard ne pourra pas être déçue du résultat.

Son entraîneur au sein de Tennis Outaouais Performance, Mathieu Toupin, lui a répété à maintes reprises qu’elle était d’abord en France pour gagner de l’expérience.

« Nous n’avions pas d’attentes », a-t-il souvent répété. Fernandez a connu un peu plus de succès. Elle a remporté deux matches en simple, jeudi, pour atteindre le carré d’as.

Elle a d’abord vaincu la Sud-Coréenne Sohyun Park 6-2, 6-0. Elle a ensuite dominé la Française Elsa Jacquemot 6-0, 6-0. Elle a joué avec Collard son troisième match de la journée.