L’attaquant né à Cornwall, Jacob Ruest, partage la tête des meilleurs marqueurs de la Ligue nationale de crosse avec 11 buts en quatre matches chez le Mammoth du Colorado.

Devenir vedette de crosse

La semaine, il complète une maîtrise en sciences de l’activité physique à l’Université d’Ottawa. Le week-end? Jacob Ruest s’avère une vedette de crosse au Colorado.

L’athlète originaire de Cornwall n’a jamais marqué autant en si peu de temps. Il compte déjà 11 buts en quatre matches depuis le début de la nouvelle saison de la Ligue nationale de crosse (NLL).

Ce qui lui vaut le premier rang du circuit à ce chapitre. Quant à l’équipe dont il fait partie depuis 2017, le Mammoth du Colorado, elle trône au sommet de la division Ouest.

Tout ça devant des foules qui dépassent parfois les 12 000 personnes au Pepsi Center de Denver, qui sert aussi de domicile à deux équipes plus connues, l’Avalanche de la LNH et les Nuggets de la NBA.

«Nous avons un bon noyau de partisans. Il y a une atmosphère incroyable à nos matches», a raconté Ruest après un quart de travail dans un commerce du centre commercial Bayshore.

«Car jouer à la crosse, c’est un emploi à temps partiel», rappelle l’attaquant à un certain moment.

Ici dans la capitale nationale, l’homme âgé de 27 ans passe inaperçu. Au Colorado, on le reconnaît. Même chose pour d’autres de ses coéquipiers.

«L’organisation a fait un solide travail pour bâtir une belle image, créer un engouement. C’est plaisant de voir ça.»

Le Mammoth est la propriété de la famille Kroenke, qui possède aussi les Rams dans la NFL et les Rapids de la MLS.

«Nous sommes tellement bien traités. Notre vestiaire, nous le prêtons aux équipes visiteuses de la LNH. Qui sait, peut-être que Sidney Crosby était assis à mon casier lors du dernier passage des Penguins de Pittsburgh !»

Ruest se plaît à Denver. Ça se comprend.

«C’est sûr que c’est ma meilleure saison jusqu’ici en carrière. Je profite de l’expérience acquise les années précédentes. Puis on m’a permis d’assumer un rôle plus important.»

L’an dernier, il avait compté 14 buts en... 18 parties ! Il en a déjà trois de moins et il reste plus du deux tiers du calendrier régulier à disputer.

Parlons justement de cet horaire. Il est un peu fou pour les joueurs comme Jacob Ruest qui décident de ne pas vivre à Denver durant la saison.

«J’effectue beaucoup d’allers et retours. Je vais prendre l’avion le vendredi pour rejoindre notre équipe en vue de nos matches qui ont lieu durant le week-end.»

«En arrivant, je participe en soirée à une séance d’entraînement vec mes coéquipiers. Habituellement, nous avons une autre séance assez légère le samedi matin, jour du match. Le lendemain, je reviens à la maison. Nous sommes plusieurs joueurs dans la même situation. Seulement quelques-uns habitent au Colorado.»

Ruest avait vécu là-bas lors de la première saison. Mais ses études l’ont ramené dans l’Est ontarien. «Ça, et je voulais retrouver ma famille», a-t-il précisé.

«Ça ne me dérange pas de voyager seul, même si la majorité de nos parties ont lieu dans l’Ouest. Je suis maintenant habitué de passer une journée ou deux de ma semaine dans les aéroports. Puis nous avons tellement un groupe dynamique à Denver que ça vaut la peine.»

Le Mammoth fait partie d’une division qui comprend des clubs à San Diego, Vancouver, Calgary et Saskatoon. Il aura l’occasion de jouer un match cet hiver à Toronto contre le Rock.

«Ça n’arrive pas toutes les saisons. J’ai déjà hâte au 25 mars. J’aurai beaucoup d’amis et membres de ma famille qui vont se déplacer pour cette partie.»

D’ici ce rendez-vous, plusieurs autres adversaires attendent le Mammoth, qui disputera son prochain match samedi. Cette fois-ci, Ruest a dû prendre l’avion dans les dernières heures afin se rendre à Halifax, une des cinq concessions canadiennes.

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QUAND OTTAWA MISAIT SUR LE REBEL AU DÉBUT DES ANNÉES 2000

Jacob Ruest rêve du jour où une franchise de la Ligue nationale de crosse (NLL) s’établira à nouveau à Ottawa ou Montréal.

Les deux villes ont déjà fait partie du circuit au début des années 2000. L’aventure du Rebel a duré trois saisons, ayant évolué devant trop de sièges vides.

L’équipe avait entamé l’aventure au centre Canadian Tire avant de déménager à l’aréna de la Place TD à mi-chemin de sa deuxième année dans la capitale nationale. « Je me souviens d’avoir assisté à un match du Rebel quand j’étais enfant », confie Ruest.

« À l’époque, j’avais deux passions, la crosse et le hockey. J’avais eu l’occasion de rencontrer des joueurs du Rebel après cette partie. Cela a continué à alimenter mon désir de jouer chez les pros un jour, même si pendant longtemps par la suite, je ne pensais jamais y arriver. »

Quant à l’Express de Montréal, il n’a tenu le coup qu’une seule saison en 2001-2002, évoluant au centre Bell. La NLL compte 13 équipes après avoir accueilli Halifax et New York dans ses rangs cet hiver.

« Tu veux voir notre ligue continuer à grandir », souligne Ruest, notant le bassin de joueurs pros à émerger de l’Est ontarien.

Ce dernier partage le sommet des meilleurs marqueurs du circuit avec Callum Crawford, des Black Wolves de la Nouvelle-Angleterre. « Un gars d’Ottawa. Il y en a plusieurs autres maintenant, ce qui n’était pas le cas il y a cinq ans », dit-il.

Le défenseur Nick Finlay, d’Orléans, porte les couleurs des Wings de Philadelphie tandis que les attaquants JP Kealy et Jake Fox s’alignent respectivement chez les Bandits de Buffalo et le Riptide de New York.

Et ça empoche combien d’argent un joueur pro ?

« Le salaire moyen dans notre ligue est de 20 000 $ US. Nous jouons 18 matches durant la saison régulière qui commence en décembre. Les séries éliminatoires se déroulent en mai », explique Ruest, qui a connu un séjour fructueux dans la NCAA avant son arrivée dans la NLL. L’université Robert Morris, à Pittsburgh, lui avait accordé une bourse d’études après son ascension dans les rangs mineurs à Cornwall.