«Nous voudrions évidemment être sur la patinoire, mais je crois que c’est un message fort que nous envoyons, qui en dit long sur l’état de notre sport et l’importance de ce geste», a évoqué Shannon Szabados.

Deux cents hockeyeuses boycottent la saison 2019-2020

Insatisfaites du statu quo, plus de 200 des meilleures hockeyeuses au monde ont décidé qu’elles ne joueront pas dans une ligue professionnelle la saison prochaine en Amérique du Nord, dans l’espoir que leur décision entraîne la création d’une seule ligue professionnelle rentable.

Cette annonce faite jeudi survient après que la Ligue canadienne de hockey féminin (CWHL) ait soudainement cessé ses activités mercredi. La National Women’s Hockey League (NWHL), composée de cinq équipes, est donc maintenant la seule ligue professionnelle en Amérique du Nord. Les hockeyeuses considèrent cependant que les salaires de la NWHL ainsi que son modèle d’affaires ne sont pas envisageables à long terme.

Ainsi, plutôt que de faire le saut en NWHL, les joueuses ont passé les deux dernières semaines à trouver un terrain d’entente - quitte à rater l’intégralité de la prochaine saison.

Cette décision pourrait cependant avoir un impact négatif sur la NWHL, qui disposerait d’un bassin de joueuses moins imposant alors qu’elle se prépare à bâtir ses clubs pour la saison prochaine. Elle pourrait également avoir un impact sur les plans d’expansion de la NWHL à Montréal et Toronto la saison prochaine.

Les joueuses ont cependant démontré leur inquiétude envers la NWHL, en refusant de s’y joindre.

La NWHL a indiqué par voie de communiqué qu’elle «respecte le souhait des joueuses d’analyser leurs options, et elles savent que nous sommes toujours prêts à les rencontrer, afin de discuter ouvertement de leurs préoccupations et d’échanger des idées, pour que nous puissions collaborer à la mise sur pied d’une ligue unique».

La ligue a ajouté qu’elle prévoit poursuivre ses activités et lancer sa cinquième saison en octobre.

«Nous voudrions évidemment être sur la patinoire, mais je crois que c’est un message fort que nous envoyons, qui en dit long sur l’état de notre sport et l’importance de ce geste», a évoqué Szabados, qui a gardé les buts des Beauts de Buffalo la saison dernière en NWHL.

«Notre force, c’est notre nombre. Nous sommes toutes dans le même bateau. Ce n’est pas qu’un petit groupe marginal, a ajouté Szabados. Ce ne sont pas que les joueuses d’une ligue ou d’une autre. Ce sont plus de 200 joueuses qui ne veulent plus vivre dans l’incertitude, qui veulent que toutes les opérations soient centralisées.»

Comme la NBA

Les joueuses, menées par les Américaines Hilary Knight et Kendall Coyne Schofield ainsi que la gardienne canadienne Shannon Szabados, espèrent ainsi que leur geste poussera éventuellement la LNH à développer sa propre ligue de hockey féminin, comme c’est le cas pour la NBA avec la WNBA.

Elles ont orchestré un front commun en moins d’un mois, et mentionné qu’elles veulent exprimer leur insatisfaction envers l’état actuel de leur sport, et ont ajouté qu’elles voudraient avoir leur mot à dire dans la création d’une nouvelle ligue.

«Nous ne jouerons pas au hockey professionnel en Amérique du Nord. Nous voulons bâtir quelque chose de mieux, a déclaré Knight à l’AP. Évidemment, ça pourrait prendre bien des formes différentes. Mais notre objectif principal est de promouvoir notre sport et d’augmenter notre visibilité. En fin de compte, nous voulons pérenniser notre sport, pour notre bien-être sur une base quotidienne.»

Ce communiqué a été publié au même moment jeudi par des joueuses étoiles telles que Marie-Philip Poulin, Amanda Kessel, Brianna Decker et Noora Raty, notamment.

«Nous sommes effrayées, évidemment, mais nous avons l’impression d’être unies», a dit Jenner.

Le commissaire de la LNH Gary Bettman a déjà mentionné que la ligue ne choisira pas de camp et qu’elle n’interviendra pas à moins que ce soit pour combler un vide.

Par voie de communiqué, les joueuses affirment qu’elles «ne peuvent vivre du hockey professionnel féminin» - elles doivent défrayer elles-mêmes le coût de leurs assurances, et le salaire minimum est établi à 2000 $ par saison.

«Nous représentons peut-être des équipes, des ligues et des pays différents — mais nous ne formons qu’une seule famille. [...]C’est le moment que nous attendions toutes - le moment de nous serrer les coudes pour dire que nous méritons mieux.» Avec La Presse canadienne