L'ancien entraîneur-chef de l'Arsenal du collège Nouvelles Frontières, Jérôme Tremblay, est décédé samedi à l'âge de 45 ans. Il a marqué une génération d'étudiants athlètes en Outaouais.
L'ancien entraîneur-chef de l'Arsenal du collège Nouvelles Frontières, Jérôme Tremblay, est décédé samedi à l'âge de 45 ans. Il a marqué une génération d'étudiants athlètes en Outaouais.

Deuil sur les lignes de côté en Outaouais

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Le football scolaire en Outaouais pleure la perte d’un de ses architectes et entraîneurs les plus respectés.

Jérôme Tremblay a rendu l’âme tôt samedi matin après une longue bataille contre un cancer du pancréas. L’homme âgé de 45 ans avait occupé différents rôles pendant plus d’une décennie au collège Nouvelles Frontières.

Dans le lot, il a notamment été entraîneur-chef de l’Arsenal, menant l’équipe de football juvénile à deux titres régionaux et une victoire à un match du Bol d’Or en 2011. Il a aussi occupé le rôle de coordonnateur défensif avant que la maladie le force à se retirer des lignes de côté, il y a deux ans.

«Jérôme a marqué une génération de jeunes, non seulement au plan sportif, mais aussi en tant qu’enseignant», a souligné Francis G. Pharand.

Ce dernier dirige à son tour l’Arsenal. Il était auparavant joueur sous les ordres de Tremblay.

«J’ai connu Jérôme en arrivant comme enfant à l’école secondaire. Il était mon enseignant, puis mon coach. Quand je suis devenu entraîneur, il est devenu mon mentor et ami. La dernière fois que je l’ai vu, il a même pu tenir mon fils.»

De nombreux intervenants du football ont rendu hommage au disparu dans les dernières heures. Autant des entraîneurs que des joueurs ont vanté la générosité, la bonne humeur et le dévouement du natif du Lac-Saint-Jean. Un arbitre était même devenu un de ses bons amis.

«Jérôme n’aimait pas être le centre d’attention. Il faisait les choses pour les bonnes raisons. Il préférait mettre à l’avant-scène les athlètes. Personne n’avait autant à coeur la réussite scolaire via la motivation du sport que lui», a soutenu l’officiel Erik Breton.

«Il était entraîneur, mais avant tout un éducateur. Sa plus grande fierté était de voir ses élèves cheminer au niveau scolaire. Plusieurs joueurs évoluent maintenant au niveau collégial et universitaire. S’il n’avait pas été dans leur vie, ces jeunes ne seraient probablement pas là.»

Gabryël Leroux en sait quelque chose. Le parcours du prometteur secondeur, qui joue maintenant en première division chez les Géants de Saint-Jean-sur-Richelieu, a croisé celui de Jérôme Tremblay.

«Depuis le premier jour, il m’a soutenu énormément dans le football. Il a cru en moi. C’est grâce à lui si je suis rendu où je suis en ce moment, a confié le jeune homme âgé de 18 ans.

«Sans lui, je n’aurais probablement pas fini mes études au secondaire à Nouvelles Frontières. Il m’a permis de mieux me concentrer sur mes études. Je n’étais pas le meilleur élève. Mais il m’a remis sur le droit chemin. Il m’a aussi mis dans des positions clés au football pour que je devienne meilleur. Je le voyais comme un autre père pour moi.»

L’Arsenal avait rendu déjà un premier hommage à son ancien coach à l’automne 2019. Il avait remporté la finale régionale de la ligue du Lac Saint-Louis sous son regard attentif.

«Il faisait froid. Jérôme avait mal partout. Mais nous l’avions invité sur les lignes de côté avec nous autres. Il avait sauté dans mes bras à la fin du match, s’est rappelé Pharand.

«C’était un moment émotif pour tout le monde parce que nous savions que son sort était en quelque sorte scellé.»

Gabryël Leroux gardera le souvenir d'un homme «extrêmement généreux». «Je ne l’ai jamais vu sans un sourire au visage, sauf peut-être quand un joueur niaisait sur le terrain. C’était un bon coach, mais encore plus une meilleure personne», a-t-il précisé.

En plus de ses anciens joueurs et ses amis, Jérôme Tremblay laisse dans le deuil sa conjointe Frédérique et les trois enfants de celle-ci.