Le garde montréalais Alain Louis (blanc), a été l'auteur de sept passes dans le gain des Ravens vendredi.

Des Ravens joyeux, des Gee Gees tristes

Une autre journée à l’aréna de la Place TD, un autre produit gatinois qui s’impose sur le plancher aux championnats canadiens de basket-ball universitaire.

La veille, c’était la grande Khaléann Caron-Goudreau et sa coéquipière Kim Létang qui avaient mené le Rouge et Or de l’université Laval à une victoire chez les femmes. Vendredi, l’ailier Biniam Ghebrekidan a marqué 12 points en plus de réussir 11 rebonds dans un gain de 82-66 des Ravens de Carleton contre les Dinos de Calgary en quart de finale du volet masculin du « Final 8 ».

« Il a fait un travail exceptionnel. Ce fut son meilleur match en carrière chez nous. Espérons qu’il peut dupliquer ça lors des deux prochains jours », a avoué l’entraîneur-chef Taffe Charles, qui tente de mener les Ravens à un 15e titre national depuis 2003.

Ghebrekidan termine sa troisième saison au sein de cette puissance du basket masculin. Le natif d’Aylmer était un réserviste l’an dernier lorsque l’équipe a défait les Dinos en finale.

Même chose pour le garde montréalais Alain Louis, auteur de sept passes dans le gain vendredi.

« J’en parlais justement à Alain. Nous n’avons presque pas joué lors de nos deux premières saisons... juste quelques minutes à la fin de certaines parties. Là, c’est le fun d’aider l’équipe à gagner », a soutenu Ghebrekidan du haut de ses 6’9’’.

La patience du duo aura été récompensée.

Ghebrekidan a entamé le premier match du « Final 8 » au sein de l’alignement partant des Ravens. Le coach l’a utilisé plus de 27 minutes, l’opposant au joueur par excellence de la dernière saison au pays, Brett Layton.

Quant à Louis, il a passé 25 minutes sur le jeu. « Un gars qui commence à éclore, a soutenu Charles.

«Un gars très physique et aussi très émotif. On l’aime bien, surtout quand il canalise cette énergie de la bonne façon.»

L’étudiant-athlète en journalisme a adopté un numéro mythique dans la riche histoire des Ravens. Il porte le 43 qui a déjà été la propriété du meilleur joueur à avoir porté les couleurs de l’université Carleton, Osvaldo Jeanty.

Biniam Ghebrekidan

«On m’avait offert le choix entre le 41 et le 43. C’était une décision facile. Oz est la raison pourquoi je suis venu ici. Il m’a recruté. Il venait voir mes parties quand j’avais 16 ans.»

Jeanty est aussi celui qui a convaincu Ghebrekidan de se joindre aux Ravens. «Il était mon entraîneur chez les Griffons du Cégep de l’Outaouais», a indiqué le principal intéressé.

Ghebrekidan, Louis et leurs coéquipiers seront de retour en action samedi soir dans la première demi-finale prévue à 18 h contre Western.

Une défaite qui fait mal

L’autre demi-finale ne mettra pas en vedette l’autre équipe locale en lice.

Malgré l’appui d’une foule bruyante de 3165 spectateurs, les Gee Gees d’Ottawa ont perdu leur premier match du tournoi masculin, s’inclinant 67-63 contre les champions des Maritimes, les Tigers de Dalhousie. Ils sont relégués du même coup à la ronde consolation.

«Ça fait vraiment de la peine que tout tombe à l’eau en raison d’un match. Ce n’est pas représentatif de notre saison», a déploré l’avant Guillaume Pépin, refoulant les larmes.

Ce qui a coulé les Gee Gees, qui rêvaient de remporter un premier titre canadien ? Une mauvaise séquence au milieu de la seconde demie durant laquelle elle a été dominée 26-11 par leurs adversaires, qui ont pris une avance de 56-46.

La formation ottavienne n’a jamais été capable de remonter la pente complètement.

«Le fait que nous avons raté beaucoup de lancers francs n’a pas aidé. Je ne pense pas que nous avons tiré pour 50 % de la ligne, a noté Pépin, meilleur marqueur des siens avec 25 points.

«C’est sûr que cela nous a freinés. Et défensivement, ils (Tigers) étaient bons. À part Carleton, nous n’avions pas affronté une défensive comme ça. C’était difficile.»

Les Gee Gees auront maintenant rendez-vous samedi après-midi avec les Gaiters de Bishops, qui ont perdu contre UBC.

La finale masculine aura dimanche à 20 h, toujours à la Place TD. Deux heures auparavant, ce sera place à la finale féminine.

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UN CHIEN QUI PORTE CHANCE AU «FINAL 8»

Leur coach retient l’attention sur les lignes de côté avec son veston mauve aux couleurs de l’équipe. Leur porte-bonheur ne passe pas inaperçu non plus.

Les Mustangs de Western montrent maintenant une fiche parfaite de 10-0 lorsque « Broski » assiste à un match. « Mon chien », précise Brad Campbell.

Ce dernier dirige la formation ontarienne qui a créé une surprise, vendredi après-midi, au « Final 8 ». Ses joueurs ont défait les Golden Bears de l’Alberta par la marque de 86-72 après avoir tiré de l’arrière par 13 points à la fin du premier quart.

Tout ça sous le regard de ce cavachon, un croisement entre le cavalier king charles spaniel et le bichon frisé. Un joueur prenait bien soin dans ses bras de la petite bête de deux ans après le match.

« Nous sommes invaincus avec lui », a souligné fièrement l’étudiant-athlète.

Le joueur en question ? Peyton Campbell, une recrue et le fils de l’entraîneur-chef.

L’équipe de basket masculin de l’université Western montre une fiche de 10-0 lorsque Broski, le chien du coach, assiste à un de leurs matches.

« Nos gars sont comme la plupart des athlètes. Ils s’avèrent superstitieux. Ils voulaient que le chien soit ici avec nous, confie Brad Campbell, qui n’allait pas s’opposer au souhait de ses joueurs.

«C’était un must... Ma femme est descendue avec le chien. Elle lui a acheté un foulard aux couleurs de Westerm. Il a même son petit veston pour ses marches à l’extérieur. On peut dire qu’il est devenu notre mascotte non officielle !»

Cette folle aventure a commencé au début de l’hiver.

«Ma conjointe avait décidé de l’amener avec elle à certaines de nos parties. Elle ne voulait pas qu’il soit seul à la maison. À un certain moment, on s’est rendu que l’équipe avait une fiche de 4-0 puis de 6-0 avec lui dans les estrades. On s’est alors dit qu’il fallait l’avoir à tous nos matches locaux.»

Ce qui ajoute un cachet encore plus spécial au parcours des Mustangs ?

«Aucun de nos joueurs n’avait gagné un match éliminatoire en carrière avant cette saison-ci. Nous sommes en territoire inconnu avec ces gars-là. Ils ont vraiment pris leur envol au bon moment, note Brad Campbell.

«Là, nous sommes assurés au moins de disputer un match pour une médaille», ajoute-t-il.

En demi-finale, les Mustangs auront rendez-vous avec les puissants Ravens de Carleton. La magie de Broski le chien sera alors mise à rude épreuve.