Les jumeaux Doyon-Verdon ont récolté leur lot de médailles la saison dernière sur le circuit québécois chez les U13. Ils ont changé de catégorie à l’automne, tirant dorénavant contre des adversaires plus âgés.

Des jumeaux tout sauf identiques en escrime

Ça devait être leur première compétition nationale. En prime, ça se passe chez eux, à Gatineau.

Sauf que les jumeaux Doyon-Verdon ne pourront pas participer ensemble à la Coupe Canada d’escrime, qui se déroulera lors des trois prochains jours au complexe Branchaud-Brière. Un membre du duo, William, est blessé à une jambe depuis six semaines.

« C’est dommage, mais je vois ça comme une opportunité d’encourager mon frère pour qu’il puisse mieux performer », lance l’ado de 13 ans.

Le commentaire a arraché un petit sourire à son frangin Gabriel, qui l’écoutait attentivement mercredi soir au local du Masque de fer. C’est le club que la paire représente sur le circuit provincial depuis ses débuts, il y a trois ans.

Pas facile de départager les jumeaux identiques à première vue. Les deux portent les longs cheveux. Ils ont les mêmes traits faciaux et s’expriment de la même façon.

Maman Sylvie note que Gabriel est plus grand de quelques pouces depuis quelques semaines.

C’est nettement plus facile de départager les frères quand ils se retrouvent en piste. « Nous sommes différents. William a une poignée droite. Ça le porte à faire des contre-attaques. Et il est gaucher », souligne Gabriel, qui tire de la main droite pour sa part.

« Moi, j’ai une poignée orthopédique. Je joue avec les lames. »

Leurs attitudes en combat diffèrent, aussi.

« William, il est plus posé, plus stratégique. Il réfléchit dès les premières secondes, relate Sylvie Verdon.

«Moi, je suis très émotif. Je vais dans le tas», confirme Gabriel, qui aimerait bien aboutir sur le podium chez les moins de 15 ans à la Coupe Canada.

Son frère et lui ont récolté leur lot de médailles la saison dernière sur le circuit québécois chez les U13. Ils ont changé de catégorie à l’automne, tirant dorénavant contre des adversaires plus âgés.

Avoir un jumeau qui pratique le même sport offre son lot d’avantages, mais également quelques désavantages.

En haut de liste ? Des combats un contre l’autre en compétition.

«Ça arrive plus souvent que les gens pensent, fait remarquer William.

«Et ce n’est pas drôle, ajoute Gabriel. C’est triste pour nous. Tu combats ta propre moitié. Quand tu vois l’autre pleurer après le combat, tu as envie de pleurer à ton tour. Et souvent après, tu perds ton prochain match, car tu es déconcentré par ce qui vient de se passer.»

Pas facile non plus pour le coeur d’une maman, qui suit les jumeaux un peu partout.

L’escrime, c’est la passion sportive des Doyon-Verdon. La musique est leur autre grand amour. Un joue du piano, l’autre de la guitare.

Huit de leurs coéquipiers du Masque de fer tireront aussi à la Coupe Canada qui prendra fin dimanche.

Dans le lot, on retrouve un ancien participant aux championnats du monde, Pascal Heidecker. Il fera partie des favoris chez les seniors hommes. Le roi des derniers Jeux du Québec, Atilla Pacyna, combattra chez les cadets et juniors.

Mathieu Goyette, Nicolas Bourgeois, Paul Fournier, Philippe Heidecker, Ariane Poirier et Justine Cordier sont les autres membres du club gatinois qui seront en action.