Jonathan Sutherland, un ancien des Giants de North Gloucester, s’est exilé en Virginie pour compléter son secondaire.
Jonathan Sutherland, un ancien des Giants de North Gloucester, s’est exilé en Virginie pour compléter son secondaire.

Des Giants de North Gloucester au Cotton Bowl

Il y a 30 ans, Troy Aikman jouait au Cotton Bowl. C’était quelques mois avant de devenir le tout premier choix au repêchage de la NFL.

Plusieurs autres gros noms ont participé à ce rendez-vous annuel du football collégial américain au fil des décennies à Arlington, au Texas. De Joe Montana à Eli Manning en passant par Dan Marino, Bo Jackson et Doug Flutie.

Samedi, sur le coup de midi, Sylvie Cloutier et Everton Sutherland seront rivés devant leur écran, à Ottawa. Ils verront leur garçon fouler le terrain du AT&T Stadium afin de vivre à son tour l’aventure du Cotton Bowl.

Le maraudeur Jonathan Sutherland est le capitaine des unités spéciales des Nittany Lions de Penn State (10-2). Il affrontera les Tigers de Memphis (12-1) dans ce match opposant deux des 15 meilleures équipes au classement national.

Plus de 70 000 spectateurs sont attendus pour cette partie disputée dès le coup de midi, heure de l’Est.

« Je vais savourer ce moment. Ces occasions de jouer sur une pareille scène ne sont pas nombreuses. Il faut en profiter », avouait Sutherland, jeudi, au bout du fil.

Le maraudeur âgé de 21 ans participait à la traditionnelle journée des médias du Cotton Bowl. Sa première entrevue ? Elle était avec Le Droit.

« Je me considère chanceux de jouer dans un stade de la sorte », disait-il du AT&T Stadium, domicile des Cowboys de Dallas.

L’ancien des Giants de North Gloucester, de la National Capital Amateur Football Association (NCAFA), avait vécu un autre match de championnat, l’an dernier. Plus précisément le Citrus Bowl, à Orlando.

Penn State avait perdu 27-24 contre Kentucky.

« Là, c’est un nouvel endroit à découvrir. C’est ma première visite au Texas. C’est aussi une nouvelle expérience qui nous permettra d’ajouter des outils dans notre coffre. »

Il s’agit de sa troisième saison à Penn State. Il a réussi un rare exploit dans le football collégial américain, cet automne.

Sutherland, qui fait 5’11’’ et 201 livres, a bloqué deux bottés de dégagement dans le même match, le 31 août dernier, dans un gain de 79-7 contre Idaho.

« C’était pas mal cool », a-t-il avoué.

L’étudiant-athlète qui rêve de devenir PDG d’une compagnie plus tard se révèle un brin timide en entrevue. Il a été question d’un peu de tout.

De ses débuts au football à Ottawa après avoir touché au ski, au surf des neiges et au basket. De son départ vers la Virginie pour compléter les trois dernières années de ses études à l’école secondaire. De son expérience à Penn State avec un autre produit local, le secondeur Jesse Luketa.

« Une expérience pas mal cool », a-t-il lancé à nouveau.

Des Bowls à saveur ottavienne

Sutherland et Luketa font partie des six joueurs originaires d’Ottawa qui participeront à un match de championnat ces jours-ci.

Le plaqueur des Sooners de l’Oklahoma, Neville Gallimore, lui, disputera le Peach Bowl, samedi en fin d’après-midi. Il s’agit de la demi-finale nationale.

Gallimore fait partie des espoirs de la première ronde, en vue du prochain repêchage de la NFL.

L’ailier défensif Luiji Vilain (Michigan) se retrouvera au Citrus Bowl le 1er janvier tandis que le secondeur Kervens Bonhomme goûtera au Gator Bowl, le lendemain dans l’uniforme des Hoosiers de l’Indiana.

À la liste, on pourrait ajouter le nom du demi défensif Patrice René, de North Carolina. Son équipe a pris part au Military Bowl vendredi. Sauf que le joueur franco-ontarien n’a pu enfiler l’uniforme, se remettant d’une blessure à un genou.

« En grandissant, j’ai toujours rêvé de jouer dans de pareilles parties », a raconté Sutherland, qui connaît bien les Bonhomme, René et compagnie. Il a notamment partagé un moment de recueillement au milieu du terrain avec Vilain après un match entre Michigan et Penn State plus tôt cette saison. Un photographe a immortalisé la scène.

« C’est très motivant de voir tous ces joueurs qui proviennent de la même ville que moi se rendre si loin, même si nous n’avions pas les mêmes opportunités que d’autres joueurs dans d’autres villes aux États-Unis. Nous avons su faire notre chemin grâce à tous les sacrifices que nous avons dû nous imposer. »