Les joueurs de basket-ball gatinois Khaléann Caron-Goudreau et Ricardo Monge qui évoluent respectivement avec le Rouge et Or de l’université Laval et chez les Stingers de Concordia.

De Nicolas-Gatineau au «Final 8»

Deux joueurs de basket-ball qui ont fréquenté la même école secondaire en Outaouais. Deux parcours bien différents les ayant menés vers les championnats canadiens universitaires qui auront lieu dans les prochains jours dans deux villes différentes.

Ricardo Monge et ses coéquipiers des Stingers de Concordia ont pris l’avion hier vers Halifax où se tiendra le tournoi chez les hommes. Quant à Khaléann Caron-Goudreau, elle était dans un train tout comme le reste de l’équipe du Rouge et Or de l’université Laval.

Ses amies et elle se dirigeaient vers Toronto, qui accueille le tournoi féminin. Ces dernières sont les favorites pour gagner le titre national.

« Ça ne sera pas facile. Nous affrontons l’équipe hôte dès le premier match jeudi », a souligné Caron-Goudreau au bout du fil.

Le Rouge et Or n’a perdu qu’une partie en 2018-2019. L’ailière gatinoise a eu son mot à dire dans les succès de l’équipe en dominant la conférence du Québec avec une moyenne de 1,7 bloc par match. Elle a aussi récupéré 9,4 rebonds par partie, la troisième meilleure moyenne de la ligue.

Ce qui lui a valu de se retrouver en lice pour le titre de joueuse défensive de l’année au Canada.

Le banquet aura lieu mercredi soir.

Au même moment dans les Maritimes, Monge sera le candidat du Québec pour le titre de joueur par excellence au pays chez les hommes. Le capitaine des Stingers a terminé la saison avec une moyenne de 15,5 points en plus de mener le circuit provincial avec des moyennes de 2,3 interceptions et 5,5 passes décisives par partie.

« Je suis tellement contente pour lui. Il a travaillé tellement fort au fil des ans », a souligné Caron-Goudreau, qui a fréquenté la polyvalente Nicolas-Gatineau en même temps que Monge, un an son aîné.

Le duo a porté les couleurs du Phénix à l’époque.

« Je connais Ricardo depuis qu’il était petit. Il a joué avec mon frère Alex. Il mérite ce titre-là. »

Leur parcours s’est séparé vers la fin du secondaire. Caron-Goudreau et sa jumelle Audrey-Ann ont pris le chemin des États-Unis pendant six ans. D’abord dans une académie privée de la Floride puis il y a eu ces séjours chez les Commodores de l’université Vanderbilt et les Longhorns de l’Université du Texas, vivant la folie du « March Madness ».

Caron-Goudreau est revenue au Québec l’été dernier afin de compléter une maîtrise en administration des affaires à l’université Laval. « Ça me permettait aussi de jouer deux autres années dans les rangs universitaires au lieu d’une si j’étais restée au Texas », a-t-elle expliqué.

Quant à Monge, il a porté les couleurs du Cegep John-Abbott avant de se joindre aux Stingers. Il a complété l’an dernier un baccalauréat en finance. En ce moment, le jeune homme âgé de 24 ans attaque la maîtrise tout en jouant au basket et travaillant à temps partiel dans une institution financière à Montréal.

Les prochains jours, l’arrière de cinquième année n’aura toutefois qu’une chose en tête. Aider l’université Concordia à remporter le « Final 8 ». Aucune équipe du Québec n’a gagné le titre national masculin depuis 1998.

« On le sait que nous sommes les négligés. On sait aussi que chaque année, il y a des surprises qui se produisent au mois de mars », a-t-il rappelé.

Monge compte savourer ce séjour à Halifax. Il s’agit de sa première présence à un championnat canadien universitaire. Puis il disputera ses derniers matches en carrière chez les Stingers.

Bref, ses émotions sont partagées.

« C’est sûr que j’y pense. Ça fait un petit pincement. Mais je suis excité de vivre cette expérience-là. »

Monge ignore la suite des choses. Il pourrait imiter un de ses coéquipiers, Ken Beaulieu, et jouer dans les rangs pros en Europe l’hiver prochain. Ou il pourrait faire le saut sur le marché du travail au Québec.

« Je sais depuis que je suis tout jeune que je veux œuvrer dans le domaine des affaires. Ma grand-mère a été propriétaire de plusieurs commerces et restaurants au Salvador », a raconté Ricardo Monge, qui a immigré au Canada en 1997 à l’âge de trois ans.

Pour sa part, Khaléann Caron-Goudreau sait déjà ce qui l’attend l’automne prochain. Une dernière saison de basket dans les rangs universitaires. Qui sait, elle ira peut-être rejoindre par la suite sa sœur qui joue en Allemagne.