Andre De Grasse espère garder son titre canadien de roi du 100 m.

De Grasse aura de la compétition aux championnats canadiens

Le coup d’envoi a été donné mardi aux championnats canadiens d’athlétisme qui se déroulent pour une deuxième édition de suite à Ottawa.

Plus précisément au stade Terry-Fox qui a reçu plus de 20 000 personnes en 2017 lors du retour de cet événement après une absence de 11 ans. Environ 5500 spectateurs avaient assisté notamment à la victoire du triple médaillé olympique Andre De Grasse au 100 m.

Athlétisme Canada s’attend à des foules plus imposantes cette fois-ci d’ici dimanche.

« Nous avons travaillé avec la Ville d’Ottawa afin d’aménager plus de sièges », a indiqué son directeur des opérations, Mathieu Gentès. « Il a plu chaque jour l’an dernier. Nous avions eu des orages, que ce soit l’après-midi ou le soir. Ça n’avait pas aidé à attirer les spectateurs. »

Les plus récentes prévisions météorologiques indiquent beaucoup de soleil. Beaucoup d’humidité et peu de précipitations.

Ça fait sourire les organisateurs.

Puis tous les gros noms, ou presque, débarqueront dans la capitale dans les prochaines heures.

Les deux seuls absents ? Derek Drouin et Melissa Bishop.

Le premier est un ancien champion olympique au saut en hauteur. Il a décidé de tirer un trait sur la saison afin de soigner une blessure au dos.

Quant à Bishop, une athlète locale qui a terminé deuxième au 800 mètres aux championnats du monde en 2015, elle est sur le point d’accoucher.

« S’il y a une année que tu dois manquer dans le cycle olympique, c’est bien celle-ci. Il n’y a pas de championnats du monde en 2018 », a rappelé Gentès.

Sans surprise, l’épreuve qui retiendra l’attention sera le 100 m. Une bataille endiablée s’annonce vendredi soir sur la piste.

Une victoire de De Grasse ne semble plus une formalité.

Son coéquipier de l’équipe nationale, Aaron Brown, vient de le battre, la semaine dernière, à Burnaby. Il a gagné le Harry Jerome International Track Classic en 10,21 secondes.

De Grasse, lui, a dû se contenter du troisième rang avec un chrono de 10,36.

« Andre revient d’une blessure. Comme chaque blessure importante, ça prend du temps à s’en remettre », a rappelé Gentès.

« Il y a aussi d’autres athlètes qui poussent, qui effectuent de grands pas. Aaron s’améliore chaque année. Ça rend les choses intéressantes. Ça va courir vite aux sprints. En fait, ça va être intéressant de voir qui va finir premier, deuxième et troisième. »

Gentès l’avoue. Ça lui rappelle l’âge d’or du sprint canadien des années 1990.

« Andre, c’est un peu Donovan Bailey à l’époque. Aaron, c’est un peu le Bruny. Il est drette là derrière Andre. Puis Gavin Smellie, c’est Glenroy Gilbert. Puis tu en as deux autres comme comme Brendon Rodney et Bismark Boateng. Nous avons cinq à six gars au Canada qui courent en bas de 10,20 secondes. Nous avons les chevaux. »

Quelques modifications ont été apportées à la présentation des championnats canadiens en vue de l’édition 2018. Les amateurs pourront notamment voir de plus près l’épreuve du 5000 m présentée le jeudi soir.

« Ils pourront aller sur une partie de la piste. Nous allons en bloquer juste une partie. C’est quelque chose qui se fait déjà en Europe. Les gens seront très proches de l’action », a noté Mathieu Gentès.

Ce sont plus de 1400 athlètes qui participeront à cette édition des championnats qui servira de sélection en vue des championnats de la NACAC. Cet événement prévu du 10 au 12 août à Toronto réunira l’élite de 31 pays de l’Amérique du Nord, de l’Amérique centrale et des Caraïbes.

« C’est simple. Tu gagnes ton épreuve, tu te qualifies pour NACAC », a indiqué Gentès.

LEDUC VISE DEUX TITRES CANADIENS

Remise d’une tendinite au fibulaire, Audrey Leduc s’attend à courir vite. Très vite. Elle espère aussi sauter loin. Très loin.

« J’aimerais gagner deux médailles d’or », lance l’espoir gatinois âgé de 19 ans qui participera aux championnats canadiens d’athlétisme dans les prochains jours.

Leduc prendra le départ du 100 m chez les juniors femmes le vendredi. Le lendemain, elle va concourir au saut en longueur.

« Je n’ai pas pu m’entraîner cet hiver en raison de cette blessure », a-t-elle indiqué.

Le produit du club d’athlétisme de Gatineau a retrouvé la forme rapidement. Elle possède en ce moment le cinquième temps le plus rapide au 100 m.

Puis elle a gagné l’argent, il y a une quinzaine de jours, au saut en longueur dans une compétition en Caroline du Nord regroupant les meilleurs athlètes américains âgés de 16 à 20 ans. Elle était pourtant classée 28e sur 35 participantes en se pointant à la piste.

Ajoutez à cela que Leduc a terminé deuxième l’an dernier à cette épreuve aux championnats canadiens juniors.

Ce ne sera pas la seule athlète de l’Outaouais à surveiller. Il y a notamment la sprinteuse olympique Farah Jacques, qui tente maintenant sa chance aux haies.

Chez les hommes, David Gendreau-Fillion se pointera sur le fil de départ du 800 m fort de son meilleur temps en carrière. Il a parcouru la distance en 1:48,88, le mois dernier, à Québec.

« J’ai participé à un camp d’entraînement de la mi-mai à la mi-juin en altitude à Park City, au Utah. La Fédération québécoise d’athlétisme a amené quelques athlètes là-bas. J’ose croire que ce fut profitable », a lancé Gendreau-Fillion, 24 ans, qui porte les couleurs du club Cirrus.