Le Groupe de Montréal, mené par Stephen Bronfman, souhaite implanter un stade de baseball au bassin Peel.

D'autres consultations pour un éventuel nouveau stade de baseball à Montréal

MONTRÉAL — La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a lancé un message clair au Groupe de Montréal à la suite de la parution du rapport de l’Office de consultation publique de Montréal sur le développement du secteur Bridge-Bonaventure: à lui de présenter un projet concret.

«Ce que je souhaite présentement, c’est que le Groupe de Montréal regarde attentivement le rapport, car tout est écrit là-dedans au sujet de ce qui ferait un projet gagnant. C’est clair, a-t-elle indiqué. Ce que l’OCPM dit haut et fort, c’est que la population s’est mobilisée pour dire ce qui est souhaitable pour le développement de ce grand territoire-là. C’est certain que nous devrons consulter la population s’il y a un projet comme le stade. (...) D’abord et avant tout, il faut qu’il y ait un projet concret et j’invite les promoteurs à regarder (le rapport). Les événements qui sont là-dedans sont très importants.»

L’OCPM a indiqué dans son rapport qu’il n’est pas en mesure de statuer sur la proposition du Groupe de Montréal, mené par Stephen Bronfman, d’implanter un stade de baseball au bassin Peel.

«L’installation d’un stade de baseball dans le secteur Bridge-Bonaventure devra faire l’objet d’une consultation autonome et être analysée sur la base d’un projet plus développé», lit-on dans son rapport.

Il rappelle également que les projets d’un complexe municipal de soccer (en 2012), ainsi que les agrandissements du centre de tennis du parc Jarry (2003) et du stade Percival-Molson (2006) ont fait l’objet de consultations spécifiques.

L’OCPM juge qu’en vertu des informations dont il dispose, il serait irresponsable de statuer sur ce projet «dont la taille et l’ampleur requièrent qu’on en mesure les impacts sous divers aspects».

Il souligne qu’aucun plan et aucune étude mesurant les impacts économiques, sociaux et environnementaux n’a été porté à sa connaissance. C’est aussi ce que reproche présentement la mairesse Plante au Groupe de Montréal, qui ne lui a pas présenté de plan plus détaillé.

«Je n’ai rien vu de différent que l’idée qui a été présentée devant l’OCPM, a-t-elle affirmé. Pour pouvoir commencer à jaser, il faut qu’il y ait un projet, une demande officielle. Oui, on s’attend à voir des études d’impact financier. Un stade, c’est majeur. Je m’attends à ce qu’on me présente bientôt quelque chose de plus concret, surtout si c’est leur plan d’aller de l’avant, ce que j’aurais tendance à croire. Il faut qu’ils nous montrent quelque chose de concret, sinon, on jase, mais on jase de quoi?»

Le Groupe de Montréal n’a offert qu’un laconique communiqué en réponse au rapport rendu public lundi.

«Le Groupe baseball Montréal salue le travail réalisé par l’OCPM au cours des derniers mois ainsi que celui des organisations et des personnes qui ont participé à ce processus, a réagi le groupe par communiqué. La Groupe baseball Montréal étudiera soigneusement ce rapport et ne fera aucun commentaire pour le moment.»

Le 3 octobre, Bronfman et son bras droit Pierre Boivin sont venus présenter leur projet de quartier «innovateur, communautaire et écoresponsable pensé pour les 100 prochaines années».

Son plan mise abondamment sur les transports en commun, le R.E.M., le vélo et les déplacements à pied, tout en promettant un stade ouvert à la communauté, qui pourrait servir à d’autres événements sportifs d’envergure, notamment les Alouettes, des matchs de la Coupe du monde de soccer de 2026, une Classique hivernale de la LNH, ou encore des événements de surf des neiges et ski acrobatique.

En compagnie du développeur immobilier Devimco, Bronfman, par le biais de sa compagnie d’investissements Claridge, souhaite acquérir et développer les quelque 950 000 pieds carrés au bassin Peel, des terrains qui appartiennent pour l’instant à la Société immobilière du Canada. En novembre, La Presse a révélé que des terrains attenants, d’une superficie de 350 000 pieds carrés appartenant à Loto-Québec, intéressent également Claridge et Devimco.

Même si les terrains ne lui appartiennent pas, la ville de Montréal dispose d’un droit de préemption sur l’acquisition de ces terrains.

Par ailleurs, le rapport de l’OCPM note que le projet du Groupe de Montréal est l’un des plus controversés parmi tous ceux étudiés lors de ces consultations.

La construction d’un nouveau stade de baseball est essentielle au projet de Bronfman de ramener un club à Montréal. Son groupe étudie pour l’instant la possibilité de s’associer à Stuart Sternberg, propriétaire des Rays de Tampa Bay, afin que l’équipe dispute la moitié de ses matchs locaux à Montréal.

Ce projet, qui a reçu l’aval du commissaire du Baseball majeur, Rob Manfred, est actuellement bloqué à la mairie de St. Petersburg, où les Rays évoluent. L’équipe a signé un bail valide jusqu’à la conclusion de la saison 2027 pour l’utilisation du Tropicana Field et la ville refuse que les Rays ne disputent ne serait-ce qu’une seule rencontre locale ailleurs que dans ce stade.

Bronfman et Sternberg ont tous deux évoqué 2024 comme début possible de leur projet de villes-soeurs.