Le boxeur gatinois, Dave Leduc

Combat fort attendu pour Dave «Le Nomade» Leduc

Ce sera son plus gros combat en carrière. Celui qui sera le plus suivi en Asie. Et l’événement qui va s’avérer le plus payant pour lui.

Le Gatinois Dave « Le Nomade » Leduc défendra pour une septième fois sa ceinture de champion du monde de lethwei, dimanche, à Yangon, en Birmanie. Ça se passera contre le détenteur précédent du titre, le favori local Tun Tun Min.

Il s’agira du troisième choc entre les deux hommes. Le premier affrontement à mains nues s’était soldé en verdict nul.

Leduc avait gagné en décembre 2016 pour devenir le premier non Birman à devenir champion de ce sport brutal de la famille des arts martiaux. La seule façon de gagner est de passer le knock-out à son adversaire.

« C’est pourquoi c’est le combat le plus attendu de l’histoire du lethwei. J’affronte une légende du pays. Le gars que j’ai blessé au genou pour gagner il y a deux ans », souligne l’athlète âgé de 27 ans au bout du fil.

Le choc se déroulera au stade Thein Phyu qui peut contenir près de 2000 personnes.

« Un endroit où aucun alcool n’est vendu. Tu as des enfants et des grands-mères dans les estrades. Ça crie », raconte Leduc.

Mais surtout, les promoteurs estiment qu’entre 25 à 30 millions de spectateurs suivront ce combat de boxe birmane devant la télé ou leur écran d’ordinateur.

Leduc confirme qu’il touchera un chèque « dans les six chiffres ». « Pour ici, c’est beaucoup. Avant, j’avais déjà été payé dans les cinq chiffres. J’ai déjà fait aussi des combats pour 200 $ en Thaïlande », précise-t-il.

Ajoutez à cela que le gala a été moussé sans arrêt par les deux adversaires. Depuis quelques semaines, ça multiplie les déclarations.

Des exemples ?

« Est-ce que je suis nerveux ? Non, je suis affamé. C’est lui l’aspirant. Donc ça devrait être lui qui ressent de la nervosité. Il s’en vient jouer sur mon territoire. Je suis le champion et cette fois-ci, c’est moi qui me trouve dans le coin rouge, a dit Leduc au Myanmar Times.

Au même quotidien, Tun Tun Min a affirmé que le pugiliste canadien visera son genou lors du combat. «Je m’en fous, a-t-il soutenu.

«J’estime qu’il n’a pas de coups de pied puissants», a-t-il ajouté.

Mais surtout, Tun Tun Min a affirmé que le champion de lethwei devrait toujours être un Birman. Ce qui a piqué au vif Leduc.

«Je mange comme un Birman. Je m’habille comme un Birman. Je me suis marié en Birmanie. J’aide des communautés encore ici», réplique le spécialiste des arts martiaux mixtes originaire de l’Outaouais.

Ce dernier lance en riant que son rival a sûrement passé deux ans à l’haïr.

«Tout le monde qui me connaît sait que je ne pèse pas mes mots, que j’aime choquer. C’est sûr qu’il y a une grosse rivalité entre lui et moi.»

Ce qui le chicote encore plus ?

Il vient de se battre, il y a seulement deux mois et demi. Remonter dans l’arène en 2018 n’était pas dans ses plans.

Il était sur le point d’entamer une tournée de cliniques et conférences dans 12 pays en un mois quand les promoteurs l’ont approché. Tun Tun Min venait de le défier en Birmanie.

«On m’a dit qu’on m’enlèverait la ceinture si je disais non. Selon la tradition birmane, tu dois défendre ton titre quand on te met au défi.»

Dave Leduc n’avait pas l’intention de dire non. Il a trouvé le moyen de s’entraîner ici et là entre ses déplacements déjà prévus en Europe.

À la veille du combat, on le sent plus motivé que jamais.

«Ce combat, j’en fais une affaire personnelle. Je savais qu’une revanche allait avoir lieu, un jour ou l’autre. Il fallait que ça se passe. Moi, je veux en finir une fois pour tout. Avec tout ce qui s’est dit sur les médias sociaux par nous deux, ça sera de voir qui sera à la hauteur de ses mots... Moi j’ai beaucoup de fierté. Je me suis entraîné fort. J’ai hâte de marquer l’histoire.»

Après, ce sera place à la réflexion, lui qui jongle avec la retraite depuis un an.

«J’ai déjà deux combats garantis si jamais je veux continuer», lance-t-il.