L’attaquante du Fusion de Gatineau, Chantal St-Laurent, a été la meilleure buteuse de la Ligue nationale de ringuette en 2018-2019.

Chantal St-Laurent toujours dominante à sa 11e saison

Elle a beau dominer son sport depuis une décennie, Chantal St-Laurent demeure une des athlètes les plus méconnues de l’Outaouais.

Le plus récent exemple ?

La Ligue nationale de ringuette (LNR) tenait son banquet annuel le week-end dernier à Charlottetown. Le nom de l’attaquante du Fusion de Gatineau a été gravé à nouveau sur le trophée remis à la meilleure compteuse de buts du circuit.

Un honneur qu’elle recevait pour la troisième fois depuis quatre ans. Tout ça grâce à ses 66 buts en 27 parties inscrits l’hiver dernier.

Un honneur qui est passé sous silence depuis cinq jours dans la région adoptive de St-Laurent, originaire de Charlesbourg.

Pourtant, on parle ici d’une joueuse qui a amassé 578 buts et 874 points en 306 parties depuis le début de sa carrière professionnelle à l’automne 2008.

« Chantal, c’est la Ovechkin de la ringuette. Année après année, c’est la meilleure pour marquer des buts. Elle est constante », lance le directeur général du Fusion au bout du fil.

Yvon Brault connaît bien St-Laurent, qui vient de compléter sa 11e saison dans la LNR. Il l’a recruté en 2013 afin qu’elle se joigne à la formation gatinoise après cinq saisons dans l’uniforme des Cyclones de Québec.

Cette dernière venait d’atteindre le plateau des 50 buts pour la première fois de sa carrière. Un exploit qu’elle allait dupliquer à cinq autres reprises, marquant notamment 75 buts, deux ans plus tard.

La dissolution de son équipe originale l’a forcée à regarder ailleurs pour continuer à jouer à la ringuette. Ça, et le travail.

St-Laurent se cherchait un emploi à temps plein en tant qu’enseignante en éducation physique. Ça tombait bien. L’Outaouais en avait besoin.

« J’ai eu du travail assez vite en arrivant ici », se rappelle-t-elle.

Depuis quelques années, on la retrouve à l’école primaire des Rapides-Deschênes. « J’adore le sport », reconnaît St-Laurent.

Particulièrement la ringuette, qui fait partie de sa vie depuis son enfance.

« Tous mes hivers depuis l’âge de sept ans. J’ai mis beaucoup de temps et d’argent là-dedans. La ringuette, ça fait partie de mon passé, mon présent et mon futur. Jusqu’à quand je vais continuer à jouer ? Ça va dépendre de plein de choses. »

St-Laurent a 32 ans. Elle rêve de fonder une famille, un jour. Elle brasse aussi d’autres projets, dont celui de conseillère Arbonne durant ses temps libres.

Le Fusion, lui, espère continuer à miser sur elle. Yvon Brault rappelle que la meilleure pointeuse de la ligue lors de la dernière saison, Julie Blanchette, a fêté ses 42 ans.

« Chantal produit encore beaucoup. On a espoir qu’elle sera encore là pendant plusieurs années pour aider nos jeunes à grandir. C’est une femme qui s’entraîne quotidiennement et qui ne laisse rien au hasard dans sa préparation dont son temps de sommeil. »

St-Laurent continue d’exceller même si son corps a été hypothéqué par les bobos l’hiver dernier.

« Elle a joué, même si elle était blessée trois parties sur quatre. Elle avait de la misère à avancer, mais elle tenait à aider l’équipe à accéder aux éliminatoires. Une fois, nous avons dû lui dire de ne pas jouer, a relaté Brault.

«Ça ne l’a pas empêchée cette saison de connaître une douzaine de parties de trois buts et plus», a-t-il ajouté.

La principale intéressée, elle, rend hommage à ses coéquipières pour ses succès réguliers.

«J’ai toujours été bien entourée... J’ai toujours eu de bons partenaires de trio. Depuis deux ans, j’ai notamment les mêmes. Et ce n’est pas seulement moi qui marque depuis deux ans. Les autres personnes du trio aussi», a-t-elle souligné.

Kaitlyn Youldon a été nommée joueuse de centre de l’année dans la LNR, récoltant 87 points en seulement 20 parties. Quant à Allison Biewald, elle amassé 120 points, dont 51 buts.

Le parcours du Fusion a toutefois pris fin au premier tour éliminatoire à la suite de deux revers contre le Wildfire de Waterloo.

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Un nouveau toit pour le Fusion ?

Le Fusion de Gatineau espère obtenir un nouveau domicile. Ses dirigeants rêvent de voir la franchise de la Ligue nationale de ringuette évoluer au nouveau complexe multiglaces qui doit ouvrir ses portes à l’automne 2020 non loin de la Place de la Cité.

« Nous sommes en grande discussion avec la Ville de Gatineau. Nous sommes la seule équipe en Outaouais en sport féminin qui joue au niveau national. Nous aimerions obtenir la même reconnaissance que les équipes masculines, a soutenu le directeur général Yvon Brault.

«Les conversations vont bon train jusqu’ici.» Le Fusion évolue depuis cinq ans à l’aréna Baribeau. Il a hérité de l’ancien vestiaire de l’équipe de hockey midget AAA de l’Intrépide de Gatineau, qui dispute maintenant ses parties au complexe Branchaud-Brière.

Le nouveau complexe multiglaces de Vision multisports Outaouais comptera quatre surfaces de jeu, dont une servira de nouvelle adresse pour les Olympiques de Gatineau, de la LHJMQ. On y retrouvera trois glaces communautaires. Le Fusion zieute l’une d’elles.

«Nous aimerions prendre maison dans une des trois glaces. Nous espérons avoir notre logo sur une de ces glaces et avoir aussi notre propre chambre», a soutenu Brault.

Le Fusion entamera sa 11e saison l’automne prochain. Il est alimenté par plusieurs joueurs ayant participé au programme sport-études en ringuette, qui existe depuis huit ans en Outaouais. Trois jeunes joueuses de l’équipe, Julie Vandal, Sara Plouffe et Mélissa Demers, ont aidé le Québec à gagner l’or aux récents Jeux du Canada.

Six joueuses se trouveraient aussi dans la mire du programme national en vue des sélections de ses équipes junior et senior qui participeront aux prochains championnats du monde.