Karol-Ann Canuel participera au Tour de Valence qui débute jeudi.
Karol-Ann Canuel participera au Tour de Valence qui débute jeudi.

Canuel se rapproche de la retraite

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Karol-Ann Canuel ignore si elle s’apprête à donner ses derniers coups de pédale en carrière.

La cycliste de Gatineau disputera sa première course de 2020 dans les prochains jours. Plus précisément dès jeudi lors du Tour de Valence, qui se déroulera sur quatre étapes en Espagne.

« À mon âge, c’est sûr que j’y pense, si c’est ma dernière saison ou pas. Je n’ai pas encore pris ma décision », avoue Canuel au bout du fil.

La championne canadienne en titre sur route fêtera ses 32 ans à la mi-avril. Elle roule chez les pros depuis 2010, dont les cinq dernières années au sein de l’équipe Boels-Dolmans.

Ce que Canuel sait déjà ?

Que la nouvelle saison sera « intéressante » et « pleine de défis », lance-t-elle.

« Une année olympique, c’est toujours le fun et stressant », enchaîne-t-elle du même souffle.

On l’avait vue sur le bitume à Rio, en 2016. Reste à voir si elle sera du rendez-vous à Tokyo cet été.

Le Canada pourra seulement envoyer deux femmes en cyclisme sur route au lieu de trois comme ce fut le cas, il y a quatre ans, en sol brésilien.

« Ce n’est pas beaucoup », concède Canuel, dont le sort se retrouvera entre les mains de Cyclisme Canada.

« Le choix sera très arbitraire. Les coaches vont s’asseoir et choisir celles qui pourront bien faire selon le parcours à Tokyo. »

Canuel n’a jamais eu l’occasion de rouler au Japon. Elle a pris connaissance des particularités du tracé olympique via le web.

« Ce sera un parcours difficile. Tu auras plus de 2000 mètres de dénivelé sur 120 km, note-t-elle.

«Et ça se passera dans un environnement chaud. Et ça, je suis habituée.»

Karol-Ann Canuel participera au Tour de Valence qui débute jeudi.

Il serait surprenant que le Canada l’ignore en vue des JO.

Canuel a terminé sixième à l’épreuve sur route des championnats du monde en 2018. Quatre ans auparavant, elle avait aussi pris le sixième rang aux Mondiaux, mais au contre-la-montre individuel.

Il reste encore beaucoup d’essence dans son réservoir.

Surtout après avoir raté quelques semaines de courses la saison dernière en raison d’une fracture à la clavicule gauche.

Canuel avait été victime d’une vilaine chute lors de la Trofeo Alfredo Binda. Elle a notamment abouti contre une barrière de sécurité.

«Tout va bien, assure-t-elle à propos de sa santé.

«J’ai eu mes hauts et mes bas l’an dernier. Me casser ça n’était pas dans mes plans, ajoute-t-elle en riant. Mais devenir championne canadienne m’a permis de réaliser un rêve.»

Ça lui permettra de rouler avec le maillot de championne canadienne cette semaine au Tour de Valence.

«C’est toujours le fun de commencer une saison en tant que championne de quelque chose», note en riant à nouveau Karol-Ann Canuel.

Cette dernière a dressé d’autres objectifs en vue des prochains mois. «Une victoire à une étape du World Tour serait incroyable... aider mes coéquipières à gagner des courses, énumère-t-elle.

«J’aimerais juste dire à la fin de la saison que je suis fière de ce que j’ai accompli.»

Canuel prendra le départ notamment du Giro en 2020. Elle participera entre autres aux classiques ardennaises en Belgique. Il y a l’Amstel Gold Race le 19 avril, suivi trois jours plus tard par La Flèche wallonne puis Liège-Bastogne-Liège.

La coéquipière de Canuel, Anna van der Breggen, a remporté la Flèche wallonne lors des cinq dernières années.

Une seule cycliste canadienne a triomphé à une des classiques. Geneviève Jeanson avait franchi le fil d’arrivée de la Flèche wallonne en première place en 2000. Est-ce que Karol-Ann Canuel pourra répéter l’exploit, 20 ans plus tard ? Réponse dans deux mois.