Les Canadiens ont offert une bonne performance face aux Américains, mais ont dû s’incliner.

Beaucoup d’ambiance, deux revers

Stéphane Antiga avait le moral un peu bas en quittant la Place TD, dimanche, en début de soirée.

« C’est toujours très agréable de jouer à la maison avec des supporters aussi actifs, aussi présents, aussi bruyants. On aurait aimé leur offrir plus qu’une victoire, ce week-end. »

« J’aurais aimé gagner deux matches. »

L’entraîneur-chef de l’équipe nationale de volley-ball avait raison de lever son chapeau aux gens qui se sont déplacés pour encourager son équipe, pour ces trois rencontres de la Ligue des nations de volley-ball. Plus de 10 000 personnes au total, pour la fin de semaine. Dans une ambiance complètement survoltée. C’est clair, par moments, on se serait crus n’importe où, sauf à Ottawa.

Mais bon. La foule n’a pas fait la différence.

Après la victoire de vendredi, contre l’Australie, les Canadiens ont un peu fait patate. Ils n’ont pas offert un grand spectacle, samedi, dans la défaite contre les Allemands. Ils ont offert une meilleure résistance aux Américains, dimanche, mais ils ont fini par s’incliner en quatre manches de 25-23, 13-25, 19-25 et 20-25.

Antiga appréhendait un peu ce match contre la grosse puissance nord-américaine.

« On s’attendait à ça. On s’attendait à une grosse pression au service. Ils ont de très bons attaquants, de très bons joueurs. Ils ont perdu contre l’Allemagne, vendredi, mais ils ont pu se ressaisir », analyse Antiga.

« On s’est battus. On a fait un match de bien meilleure qualité. Les Américains étaient plus forts. C’est dommage. Ils ont mieux fini. »

Antiga était satisfait, dans l’ensemble, du jeu de son groupe.

Certains de ses leaders étaient un peu moins enthousiastes face à leurs performances individuelles.

L’aîné du groupe, Gavin Schmitt, était particulièrement sévère. « Je n’ai pas été très bon. Si j’avais pu mieux soutenir mes coéquipiers, si j’avais été un peu plus alerte, on aurait eu une meilleure chance de l’emporter », de dire le vétéran de 32 ans qui a représenté son pays à plus de 160 reprises.

« Au moins, nous ne sommes pas trop loin d’eux, ce qui me semble prometteur », conclut-il.

Pour cette première édition de la Ligue des nations, l’équipe canadienne s’est fixé un objectif ambitieux, mais pas déraisonnable.

L’équipe, dont le centre d’entraînement est situé à Gatineau, espère conclure la ronde préliminaire parmi les six meilleures nations, de façon à se qualifier pour la ronde finale.

Au terme des rencontres disputées à Ottawa, le Canada occupe la huitième position.

« Mais ça va être compliqué la semaine prochaine », soupire Antiga, en s’imaginant déjà en Bulgarie, là où se déroulera le prochain week-end de compétition.

« Nous allons affronter le Brésil, la France et la Bulgarie. Le Brésil et la France sont peut-être les deux meilleures équipes au monde. La Bulgarie est probablement moins forte, sur papier, mais elle jouera à domicile. Il n’est jamais simple d’affronter une équipe qui joue à domicile. »

« On va tout faire pour sortir de ce week-end en gagnant au moins un match. »

Les Américains, eux, disputeront leurs trois prochaines parties à la maison, à Chicago.

Grande vedette du match de dimanche, Benjamin Patch s’est dit fort excité à l’idée de rentrer aux États-Unis, dans un pays où il pourra « faire des courses chez Costco ».

COUP DE COEUR POUR L'AUSTRALIE

L’équipe canadienne était clairement la favorite de la foule, ce week-end, à la Place TD.

Une deuxième formation a toutefois su gagner, petit à petit, le cœur des amateurs de volley-ball de la région d’Ottawa-Gatineau.

Les Australiens ont perdu leurs deux premières parties, vendredi et samedi. Quand ils ont finalement réussi à remporter un match contre les Allemands, dimanche après-midi, ils ont quitté le parquet sous de chauds applaudissements.

« J’ai cru remarquer l’attitude des partisans changer au cours de la fin de semaine », a dit l’entraîneur-chef Mark Lebedew, sourire en coin.

« Nos joueurs ont le don de se faire aimer. À l’extérieur du court, ils interagissent beaucoup avec les fans. Sur le court, nous n’avons pas beaucoup de succès, mais nous jouons avec émotion. Nous devons nous battre pour chaque point. Je crois que les amateurs apprécient les athlètes qui se donnent à fond. C’est réciproque, vous savez. Les encouragements font beaucoup de bien quand nous sommes si loin de la maison. »

Les partisans ont apprécié les joueurs qui se trouvaient sur le terrain. Ils ont peut-être encore plus aimé les réservistes, qui ont volé le show en dansant sans arrêt pendant les matches.

« Je crois, personnellement, que les athlètes jouent mieux quand ils ont du plaisir, commente Lebedew. Nos joueurs étaient frustrés quand ils ont perdu la deuxième manche contre l’Allemagne. L’énergie dépensée par les réservistes, sur les lignes de côté, a redonné de l’énergie à tout le monde. »