«Nous avons de bonnes chances de remporter tout ça», a déclaré le joueur des Gee Gees, Guillaume Pépin, à l’aube du «Final 8».

Basket-ball universitaire: prêts pour le «Final 8» [PHOTOS et VIDÉO]

La glace de l’aréna a été recouverte d’un plancher de bois franc. Des paniers de basket-ball ont remplacé les filets de hockey pour les cinq prochains jours au domicile des 67’s d’Ottawa.

La Place TD est prête à accueillir le « Final 8 », la grand-messe du basket-ball universitaire canadien. Les premières parties auront lieu dès jeudi avec l’entrée en scène des huit équipes féminines, dont le Rouge et Or de l’université Laval et les Ravens de Carleton.

Puis le lendemain, ce sera place aux huit formations masculines.

Les organisateurs attendent plus de 10 000 amateurs en vue des finales prévues dimanche soir.

« Nous avons tous hâte que ça commence », a confié l’avant Guillaume Pépin, mardi matin, après une séance d’entraînement sur le site fraîchement aménagé.

Le géant de 6’6’’ et 200 livres est un joueur-clé des Gee Gees d’Ottawa, une des sept équipes masculines avec Western, Dalhousie, Alberta, Calgary, UBC et Bishops qui espèrent détrôner les Ravens de Carleton (21-1). Ces derniers ont été champions nationaux à 14 reprises lors des 17 dernières années.

Guillaume Pépin des Gee-gees de l'Université d'Ottawa.

Sans surprise, les Ravens sont les favoris. Les Gee Gees eux ?

« Nous sommes les négligés, même si nous avons eu une bonne saison, a laissé tomber Pépin. Mais j’estime que nous avons de bonnes chances de remporter tout ça. »

Ses coéquipiers et lui ont conservé une fiche de 18-4, infligeant notamment la seule défaite à Carleton cet hiver. Sauf qu’ils ont été éliminés en demi-finale ontarienne par ces mêmes Ravens, il y a une semaine.

Résultat, les Gee Gees ont été classés septièmes sur les huit équipes en lice au « Final 8 ». Ils n’ont jamais gagné un titre canadien, ayant perdu deux fois en finale dans la dernière décennie. Chaque fois aux mains des... Ravens.

Il reste un seul survivant de ces deux rendez-vous ratés avec l’histoire. Il dirige toujours l’équipe. James Derouin s’en souvient encore trop bien.

En 2014, le Final 8 se déroulait aussi à Ottawa, mais au Centre Canadian Tire. Les Gee Gees s’étaient inclinés 79-67 dans un choc serré.

« L’année suivante, nous étions convaincus que ce serait notre année, s’est rappelé Derouin. Nous étions les favoris. Nous avions le joueur par excellence dans notre alignement. Mais nous avons offert une des pires contre-performances de l’histoire de ces championnats. Nous avions perdu par plus de 50 points, je crois. Et j’avais été expulsé de la finale ! »

Vérification faite, les Gee Gees avaient été démolis 93-46.

La bonne nouvelle ? Le coach dit avoir appris de ces deux revers. « La toute première chose... ne pas me faire indiquer la porte de sortie du match, note-t-il, sourire en coin. J’étais un jeune entraîneur à l’époque. [...] Nous pensions à l’époque que nous serions ici à ces championnats chaque année. Il faut donc profiter de nos opportunités.»

C’est pourquoi ses Gee Gees tenaient à s’entraîner dès mardi matin à la Place TD. Ils voulaient apprivoiser leur nouveau terrain de jeu en vue des prochains jours.

Les Ravens ont fait de même. D’autres clubs, eux, ont fait l’impasse. Ils ne fouleront la surface que mercredi.

«Tout est différent, a avoué le garde montréalais des Gee Gees, Kevin Civil. Ce n’est pas comme jouer et s’entraîner au gymnase du pavillon Montpetit ! Le plancher n’est pas le même. Les paniers non plus tout comme les ballons qui sont tous neufs. Nous voulions nous habituer à tout ça assez vite.»

Son équipe affrontera en lever de rideau les Tigers de Dalhousie (19-1) vendredi à 20 h. Plus tôt dans la journée, les Ravens croiseront le fer avec les Dinos de Calgary (18-2) dans une reprise de la finale de l’an dernier.

La formation féminine des Ravens (15-7), elle, disputera son premier match jeudi soir contre les favorites du tournoi, les Huskies de la Saskatchewan (18-2).

«Il devrait y avoir beaucoup de monde à toutes les parties, surtout avec l’aréna qui se trouve à mi-chemin entre les deux campus», a souligné James Derouin en parlant de l’Université d’Ottawa et l’université Carleton.

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Virage franco chez les Gee Gees

Le français n’a jamais pris une place aussi importante depuis trois décennies dans le vestiaire des Gee Gees d’Ottawa.

« La moitié de notre équipe est francophone », a noté Guillaume Pépin, qui termine sa deuxième saison dans la capitale nationale.

Ce dernier est natif de Montréal. Tout comme ses coéquipiers Charles-Antoine Gaba et Kevin Civil, deux autres jeunots chez
les Gee Gees.

À eux s’ajoutent une autre recrue, Camille Musuakala, un garde franco-ontarien qui a fait ses classes à l’école secondaire De La Salle. Un autre garde, Olivier Cadieux, de Laval, dispute sa troisième saison.

C’est sans compter Borys Minger, qui a grandi en Guyane française avant de déménager au Québec durant son adolescence.

Pépin et Civil ont été deux des trois meilleurs pointeurs de l’équipe en demi-finale ontarienne. Minger a la responsabilité de neutraliser les meilleurs joueurs offensifs adverses.

Cadieux, Gaba et Pépon ont évolué au collège Jean-de-Brébeuf dans les rangs collégiaux tandis que Civil portait les couleurs de leurs rivaux à Montmorency.

« Des fois, nous allons voir des matches collégiaux ensemble. Je vais taquiner Guillaume avec son chandail de Brébeuf, a soutenu Civil, qui sera rejoint par deux autres anciens de Montmorency, l’automne prochain.

Élie Karojo a décidé de quitter les Ravens de Carleton afin de poursuivre sa carrière chez les Gee Gees tandis que Quincy Louis-Jeune, du haut de ses 6’6’’, a été un des meilleurs gardes du RSEQ dans la dernière saison.